République centrafricaine : MSF prend en charge 15 blessés à l’hôpital Castor à Bangui

Hôpital Castor janvier 2014
Hôpital Castor, janvier 2014 ©Juan Carlos Tomasi/MSF

Le 11 janvier dernier, trois grenades ont explosé près de l’hôpital Castor de Bangui, capitale de la République Centrafricaine (RCA), blessant une quinzaine de personnes immédiatement prises en charge par le personnel MSF. Une des grenades a accidentellement explosé dans l’enceinte de l’hôpital, blessant légèrement un membre de notre équipe.

Le calme n’est pas encore revenu dans la ville de Bangui, les tirs d’artillerie et les combats incessants ont provoqué des mouvements de panique dans différentes localités. On estime que la moitié des habitants de la ville est déplacée par le conflit.

Ornella, 23 ans, est une des victimes de cette explosion. Elle a été admise à l’hôpital, situé à côté d’un nouveau site de regroupement de déplacés. « Toute ma famille a été blessée. Une voiture est passée et ils ont jeté une grenade dans notre maison. Ma sœur, ma mère et un bébé de ma famille âgé de 8 mois ont été blessés par l’impact de la grenade », explique Ornella. Un autre blessé, un garçon âgé de 16 ans, est mort des conséquences de ses blessures avant qu’il n'ait pu être transféré à l’hôpital Communautaire. Le personnel MSF qui a été blessé n’a pas eu besoin d’être hospitalisé.

Au moment des combats, une cinquantaine de personnes vivant dans les alentours sont venues se réfugier à l’hôpital. Juste après les explosions, liées à une probable tentative d’attaque du camp, une équipe MSF a tenté d’accéder à la structure de santé, mais les combats les ont empêchés d’y parvenir. Quelques heures plus tard, un calme précaire est revenu dans le quartier.

Avec plus de 512 000 personnes déplacées (source : OCHA) dans Bangui, soit la moitié de la population totale de la capitale centrafricaine, la situation reste tendue dans la ville. Joachim, 64 ans, est l'un des quelques habitants des alentours de Castor qui n'a pas fui et est resté pour protéger sa maison. « Près de 3 500 personnes vivent ici, mais il n’y a presque plus personne depuis les attaques du 5 décembre », explique-t-il. Samedi dernier, Joachim a quand même fui. Il souffre d’hématomes à la main et à la jambe. « Je suis né dans ce quartier et je n’aurais jamais pensé vivre quelque chose comme ça. Nous n’avons jamais eu de problèmes jusqu’à présent », poursuit-il.
 

MSF est présente en République Centrafricaine (RCA) depuis 1997. MSF gère actuellement 7 projets réguliers (Batangafo, Boguila, Carnot, Kabo, Ndélé, Paoua et Zémio) et 4 projets d'urgence (Bangui, Bossangoa, Bouca et Bria). En outre, une équipe mobile d'urgence couvre les camps de déplacés de Bangui. MSF espère bientôt lancer des activités dans les hôpitaux de Bangassou et Ouango. Au total, MSF fournit des soins médicaux gratuits à près de 400 000 personnes dans 7 hôpitaux, 2 centres médicaux et 40 postes de santé. MSF compte plus de 100 personnels expatriés et environ 1 100 employés locaux dans ses équipes.

DOSSIER SPECIAL RCA

Retrouvez notre dossier consacré à la crise frappant la République centrafricaine.

 

ACTIVITES DE MSF ET AFFRONTEMENTS EN RCA

carte rca janvier 2014

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