République centrafricaine : MSF dénonce les actes de violences perpétrés contre les équipes et les structures sanitaires de Batangafo

Réfugiés dans l'enceinte de l'hôpital de Batangafo RCA  août 2014
Réfugiés dans l'enceinte de l'hôpital de Batangafo, RCA - août 2014 ©MSF

Depuis les derniers combats d'août, la tension n’a cessé d’augmenter à Batangafo, en République centrafricaine (RCA). Certains éléments armés ont tenté de s’en prendre à nos patients musulmans, ainsi qu’à notre personnel de la même confession. L’intégrité physique et psychologique de nos patients et de nos personnels doit impérativement être respectée.

Suite à des tensions croissantes à Batangafo, divers incidents violents ainsi que des menaces dirigées à l'encontre des membres de MSF, nous avons dû cesser la plupart de nos activités dans cette ville située au nord de la RCA et évacuer les membres de notre équipe (une quarantaine de personnes).   

MSF appelle toutes les parties au conflit à respecter les structures et les équipes de santé dont le seul objectif est de répondre aux besoins médicaux et humanitaires des populations à qui nous venons en aide. « Nous espérons que les gens vont comprendre que nos équipes ont besoin de sérénité et d’espace pour pouvoir travailler. Plus important : le respect de l’intégrité physique et psychologique de nos patients et de nos travailleurs doit être garanti, affirme Javier Eguren, chef de mission MSF. Or, ce dernier mois, notre équipe a rencontré nombre de difficultés. La structure hospitalière n'est pas respectée et des menaces ont ciblé notre personnel, » rajoute Cecilia Greco, responsable médicale MSF.  

Ces dernières semaines, du fait d'une tension croissante, des milliers de personnes ont trouvé refuge dans l’enceinte de l’hôpital devenu lieu d’hébergement pour des centaines de familles. Suite à des échanges de tirs entre milices armées et forces de pacification africaines (MISCA), deux personnes souffrant de blessures par balle ont été admises.

Selon Cecilia Greco, « depuis le 31 août dernier, presque 3 000 personnes déplacées vivent à l’intérieur de l’hôpital. Certains éléments armés ont essayé de s’en prendre à nos patients musulmans, ainsi qu’à notre personnel de la même confession. »

La suspension momentanée de nos activités à l’hôpital de Batangafo pénalise des centaines de patients jusque-là pris en charge par nos équipes en consultation externe, ainsi qu’une centaine de personnes hospitalisées dont une partie pourrait être transférée vers la structure de santé de Kabo, la localité la plus proche. Pendant le temps de la suspension de nos activités, le personnel du ministère de la Santé et une partie de l’équipe locale MSF seront en charge d’assurer les services d’urgences, de maternité, d'hospitalisation et la prise en charge des patients du programme tuberculose/sida. Les cas graves ou chirurgicaux seront transférés à Kabo, où MSF travaille. Les postes de santé périphériques, soutenus par MSF, continuent quant à eux de fonctionner normalement.

Depuis les derniers combats qui ont opposé milices armées et forces françaises, début août, la tension à Batangafo n’a cessé de croître. La situation s’est nettement détériorée, des membres de l’équipe MSF ont été menacés et une des maisons MSF a été pillée pour la deuxième fois en quelques semaines. Faits qui, ajoutés au manque de garantie de sécurité pour le personnel de santé et pour les patients de l’hôpital, obligent MSF à retirer ses équipes du terrain.
 

MSF travaille en RCA depuis 1997 et compte actuellement plus de 300 personnels internationaux et plus de 2 000 employés centrafricains dans le pays. Depuis décembre 2013, MSF a doublé son assistance médicale en RCA afin de répondre à la crise actuelle, passant de 10 à 21 projets ; par ailleurs, 6 projets d'urgence supplémentaires ont été ouverts pour les réfugiés centrafricains dans les pays voisins (Tchad, Cameroun et République démocratique du Congo). A Batangafo, MSF gère l'hôpital général (165 lits) et soutient cinq centres de santé situés dans les localités alentours. En juin, près de 7 000 consultations ont été effectuées dont 3 000 concernaient des enfants âgés de moins de cinq ans.

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