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Réfugiés nigérians au Cameroun : des besoins urgents après l’attaque de Rann

Réfugiés nigérians dans la ville de Goura. 2019. Cameroun. 
Réfugiés nigérians dans la ville de Goura. 2019. Cameroun.  ©MSF

Plus de 35 000 Nigérians ont traversé la frontière pour trouver refuge à Goura, dans l’extrême nord-ouest du Cameroun. Ils ont fui les violences qui ont lieu dans la ville de Rann et ses environs, dans le nord-est du Nigeria.

Médecins Sans Frontières, qui a lancé une intervention d’urgence pour leur venir en aide, s’inquiète quant aux besoins des réfugiés en termes de nourriture, d’abris et d’eau.

« Ils ont fui à pied, très tôt le matin – des femmes, des enfants et des vieillards, détaille Silas Adamou Moussa, directeur adjoint des programmes d’urgence MSF. Lorsqu’ils ont fui, ils ont dû laisser derrière eux leurs proches âgés et malades. Ils ont emporté ce qu’ils pouvaient avec eux, mais à Goura, ils n’ont ni eau ni abri pour dormir. Livrés à eux-mêmes, ils doivent se débrouiller. »

Depuis fin janvier, ces réfugiés vivent dans un grand camp informel à Goura. Ils dorment dehors malgré la saison des tempêtes de sables en ce moment et les fortes chutes de température la nuit.

L’incertitude qui plane autour de la relocalisation ou du rapatriement de ces réfugiés au Nigeria empêche l’aide humanitaire d’être aussi complète et efficace qu’elle devrait l’être.

Réfugiés nigérians dans la ville de Goura. 2019. Cameroun.
 © MSF
Réfugiés nigérians dans la ville de Goura. 2019. Cameroun. © MSF

MSF a mis en place une clinique dans le camp. Au cours des deux dernières semaines, les équipes médicales de l’organisation ont procédé à plus de 400 consultations, dont 35 % concernaient des maladies infectieuses respiratoires, des diarrhées, des conjonctivites, toutes ces pathologies étant liées aux mauvaises conditions de vie des réfugiés.

L’accès à l’eau potable a été un problème majeur dans le camp. MSF, avec d’autres fournisseurs, a progressivement augmenté l’approvisionnement en eau pour atteindre 240 000 litres disponibles par jour. Cela équivaut à 7 litres journaliers par personne, ce qui reste inférieur à la norme des 15 litres distribués en cas d’urgence.

« Ce n’est pas la première fois que la population de Rann doit fuir vers le Cameroun, explique Silas Adamou Moussa. La première fois, certains d’entre eux sont rentrés chez eux après avoir fui, mais pas cette fois-ci. Ils refusent de retourner à Rann à moins d’être sûrs de pouvoir y vivre en sécurité. Cependant ici, leur avenir est tout aussi incertain. Ils ont peur. Leurs enfants ont peur. »

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