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RD Congo - Les populations prises au piège des combats

République démocratique du Congo novembre 2008.
République démocratique du Congo, novembre 2008. © Sven Torfinn

Depuis le mois de septembre 2007, la recrudescence des combats au Nord Kivu a provoqué des déplacements massifs de populations dans la région.

L'accord de cessez-le-feu, signé en janvier 2008, n'a pas été respecté. Fin août, des combats à grande échelle ont vu s'affronter différents groupes armés et les Forces Armées Congolaises (FARDC), malgré le déploiement dans la région de la MONUC, la plus importante des forces de maintien de la paix des Nations Unies.

Des centaines de milliers de personnes ont fui la région, en quête de sécurité. Ces déplacés, dont beaucoup ont fui à plusieurs reprises, sont à la recherche d'un abri et n'ont que peu d'accès aux soins médicaux, à la nourriture et à l'eau.

Ils trouvent refuge dans des camps, dans des familles d'accueil ou se cachent dans la forêt, malgré la menace des groupes armés.

Rares sont les acteurs de secours à pouvoir assurer une présence continue auprès des populations hors de Goma, capitale provinciale.

Malgré le mandat des Nations Unies, la MONUC n'est pas en mesure de soustraire les civils à la violence et au déplacement forcé.

En novembre, après que les rebelles eurent pris le contrôle de Rutshuru, où MSF mène un programme chirurgical, la MONUC a conduit une opération « d'aide humanitaire » armée, au risque d'aggraver la confusion militaro-humanitaire présente dans la région.

Les populations déplacées sont particulièrement exposées aux maladies comme la rougeole, la malnutrition, les infections respiratoires ou encore les diarrhées. Des cas de choléra ont également été constatés dans plusieurs endroits, y compris dans des zones généralement peu exposées à cette maladie. Mauvais système d'assainissement, absence d'eau potable, mouvements fréquents et regroupement massif de populations sont les principaux facteurs de transmission du choléra.

MSF gère différents projets dans les provinces du Nord et du Sud Kivu, en fournissant aide médicale d'urgence, soins de santé primaires et secondaires, eau et assainissement, biens de première nécessité comme des couvertures ou du matériel pour construire des abris.

MSF est particulièrement présent à l'hôpital de Rutshuru, où les équipes ont continué leurs activités chirurgicales en novembre, en dépit des combats dans la ville et dans les environs, notamment à Kiwanja.

MSF a renforcé sa présence dans la région pour faire face à la dégradation de la situation.

Rare organisation de secours présente en dehors de Goma, MSF met tout en œuvre pour rester au plus près des populations.

Mais en raison de l'insécurité et des combats, certaines zones demeurent inaccessibles et les populations restent privées d'accès aux soins.

Les populations déplacées représentent également une lourde charge pour les familles qui acceptent de les accueillir.

Alors que l'attention des médias se porte sur les combats dans les provinces du Nord et du Sud Kivu, les habitants du Haut-Uélé subissent aussi, depuis octobre, une série d'attaques d'un groupe rebelle transfrontalier, l'Armée de Résistance du Seigneur (LRA). Les combats en septembre ont provoqué l'exode de quelque 50 000 personnes.

Les populations congolaises des autres régions du pays manquent toujours d'accès aux soins. Elles restent également exposées aux épidémies. Ainsi, dans la province du Katanga, à Lubumbashi et à Likasi, le choléra a frappé plus de 4 000 personnes. MSF est également intervenu pour vacciner 225 000 enfants âgés de 6 mois à 15 ans contre la rougeole.

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