Palestine : réponse de MSF aux annonces du gouvernement israélien concernant l'enregistrement des ONG

Gaza North Feb 2025
Un véhicule de MSF passe devant des bâtiments en ruines à Jabalia. Nord de Gaza. Février 2025.

La menace d'Israël de refuser l'enregistrement de MSF et d'autres organisations non gouvernementales internationales est une tentative cynique et délibérée d’empêcher ces organisations de fournir de l’aide à Gaza et en Cisjordanie, en violation des obligations qui incombent à Israël en vertu du droit international humanitaire. Refuser l'assistance médicale à des civils et utiliser l'aide humanitaire comme un outil politique ou un moyen de punition collective est inacceptable. 

MSF réfute catégoriquement les allégations formulées ces derniers jours par les autorités israéliennes. MSF n'emploierait jamais sciemment une personne impliquée dans des activités militaires. 

Par ailleurs, nos équipes témoignent de ce qu’elles voient de leurs propres yeux à Gaza – la mort, la destruction et les conséquences de la violence génocidaire pour la population. La responsabilité en revient à ceux qui commettent ces atrocités, et non à ceux qui les dénoncent.  

MSF a des inquiétudes légitimes concernant la demande de partage d’informations personnelles de ses employés palestiniens avec les autorités israéliennes, renforcées par l’absence de clarté sur la manière dont ces données sensibles seront utilisées, stockées ou partagées. Dans n'importe quel contexte, et en particulier dans un contexte où les travailleurs médicaux et humanitaires sont intimidés, détenus arbitrairement, attaqués et tués en grand nombre, exiger la liste du personnel comme condition d'accès au territoire est une mesure injustifiée et scandaleuse. 15 membres de MSF ont été tués par les forces israéliennes depuis octobre 2023. Plutôt que de dialoguer autour de ces préoccupations, le ministère chargé du processus d'enregistrement a ignoré les demandes répétées de rencontre avec MSF et accusé publiquement l’organisation d'abriter sciemment des terroristes présumés.  

Les forces israéliennes ont tué et blessé des centaines de milliers de civils, détruisant délibérément des infrastructures essentielles, prenant pour cible le personnel médical, les humanitaires et les journalistes. Elles ont pris le contrôle de plus de la moitié de la bande de Gaza, contraignant la population à se regrouper dans des zones de plus en plus réduites, dans des conditions inhumaines, et provoquant des pénuries de produits de première nécessité en bloquant et en retardant l'entrée de biens essentiels, notamment de fournitures médicales.  

Actuellement, MSF soutient un lit d'hôpital sur cinq à Gaza et un tiers des accouchements. Cette aide est loin d'être suffisante pour répondre aux besoins des Palestiniens, mais la supprimer aurait un coût terrible. Le fait qu'Israël empêche MSF et des dizaines d'autres organisations de fournir des services aux Palestiniens, après avoir détruit le système de santé de Gaza, s’inscrit dans la continuité des attaques menées contre la population. Les services disponibles pour les habitants de Gaza sont aujourd'hui bien inférieurs aux besoins, précisément en raison des blocus et des restrictions imposés par Israël. La bande de Gaza est actuellement frappée par une baisse des températures, des pluies torrentielles et des vents violents. Les intempéries ont détruit et inondé les abris de fortune des Gazaouis, tandis qu'Israël continue de bloquer l'entrée de fournitures telles que des tentes, des bâches et des logements temporaires.  

Aujourd'hui, le gouvernement israélien cherche à interdire le peu d'aide et de services existant. MSF continue de rechercher le dialogue avec les autorités israéliennes afin de maintenir ses services vitaux et soutenir le système de santé décimé de Gaza. Autoriser l'aide humanitaire n'est pas une faveur. C'est une obligation en vertu du droit international. Aujourd'hui plus que jamais, les Palestiniens ont besoin qu’on augmente l’aide, pas qu’on la réduise.  

Notes

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