Palestine: MSF répond à la campagne de dénigrement du gouvernement israélien
Depuis la fin du mois de décembre, Médecins Sans Frontières (MSF) fait l’objet d’une campagne de dénigrement et de diffamation de la part des autorités israéliennes, qui relaient via leurs comptes officiels, ainsi que par des contenus sponsorisés en ligne, de fausses informations à l’encontre de MSF. Ces allégations mensongères, sont également extrêmement dangereuses car elles exposent encore plus les équipes MSF à des risques sécuritaires.
MSF dément formellement ces accusations – des réponses détaillées et argumentées à chacune d’entre elles sont disponibles sur cette page - et souhaite les resituer dans le contexte de la guerre génocidaire menée par Israël depuis octobre 2023 à Gaza et de sa politique d’occupation et de nettoyage ethnique en Cisjordanie.
Depuis plusieurs mois, MSF est engagée dans un processus de renouvellement de son enregistrement en Israël, nécessaire pour intervenir en Territoire Palestinien Occupé. Nous avons effectué les démarches administratives nécessaires, et fourni les informations demandées au ministère de la diaspora et de la lutte contre l’antisémitisme (MDA) israélien, à l’exception du partage de la liste des membres palestiniens de notre organisation.
À ce sujet, MSF réitère ses inquiétudes concernant le partage d’informations sur ses employés palestiniens avec les autorités israéliennes, en particulier dans un contexte où les travailleurs médicaux et humanitaires sont harcelés, détenus arbitrairement, attaqués et tués en grand nombre. Quinze membres de MSF ont été tués par l’armée israélienne depuis octobre 2023.
La raison fournie par les autorités israéliennes pour justifier cette demande serait la présence présumée de membres de groupes armés parmi le personnel de MSF. Or en Palestine comme dans nos autres contextes d’intervention, il n’est évidemment pas dans l’intérêt de MSF d’employer des membres actifs de groupes armés. Cela va non seulement à l’encontre des engagements de l’association et de son personnel, mais cela mettrait aussi en danger les patients, les établissements de santé, et les autres membres de l’association.
En réalité, cette demande, et la controverse alimentée par les autorités israéliennes à ce sujet, sont surtout un prétexte et une diversion visant à cacher la nature éminemment politique du processus d’interdiction des ONG en cours. D’une part, certaines organisations ayant fourni les listes de leur personnel n’ont pas été réenregistrées ; d'autre part, et par admission explicite des autorités israéliennes elles-mêmes, MSF est aujourd’hui visée pour son rôle de témoin et ses prises de position publiques depuis octobre 2023, que les autorités israéliennes assimilent à une délégitimation, voire à une mise en danger de l’Etat d’Israël.
Nos équipes témoignent de ce qu’elles voient de leurs propres yeux, et de ce qu’elles subissent elles-mêmes, à Gaza et en Cisjordanie. Nombre d’observateurs, d’experts juridiques, d’organisations de droits de l’homme et plusieurs rapports des Nations unies qualifient également de génocide la destruction totale de la bande de Gaza, l’anéantissement du système de santé, le siège imposé sur ce territoire et la famine créée de toute pièce par l’armée israélienne pendant deux ans d’une guerre totale et d’une intensité sans précédent.
En ternissant la réputation des ONG, en les accusant d’être infiltrées par le Hamas, en tentant de minimiser leur travail, Israël vise à justifier l’inacceptable : réduire encore davantage l’aide qui parvient aux Palestiniens, asphyxier plus encore la bande de Gaza, mettre les Palestiniens devant un choix impossible – survivre dans des conditions inhumaines ou quitter Gaza -, tout en éliminant les derniers témoins de ses efforts génocidaires.
L’enregistrement de MSF en Israël ayant pris fin le 31 décembre 2025, nous ne sommes plus autorisés à acheminer du matériel médical et à maintenir les rotations de notre personnel international à Gaza.
Cependant, à l'heure actuelle, MSF continue de gérer un cinquième des quelque 2 300 lits d’hospitalisation encore existants à Gaza; un accouchement sur trois se fait dans une structure hospitalière dans laquelle nous intervenons. Nous fournissons également des millions de litres d’eau par jour, et assurons des soins dont l’offre fait cruellement défaut à Gaza, comme la prise en charge des grands brûlés.
Nous souhaitons continuer d’apporter une assistance aux Palestiniens à Gaza et en Cisjordanie, et nous appelons les autorités israéliennes à proposer des conditions d’intervention acceptables, qui permettent notamment d’assurer la sécurité du personnel MSF et de ses patients.