Journée mondiale des réfugiés : Dr Media Rashid, médecin syrienne dans le camp de Darashakran en Irak

Dr Media Rashid 28 ans médecin dnas le camp de Darashakran à Erbil en Irak.
Dr Media Rashid, 28 ans, médecin dnas le camp de Darashakran, à Erbil en Irak. ©Karem Issa/MSF

Pour commémorer la Journée mondiale des réfugiés, célébrée le 20 juin, nous vous présentons l’histoire de trois réfugiés syriens qui travaillent avec nous en Irak, ce qu’ils apportent et ce qu’ils ont dû sacrifier. Ce sont des médecins qui n’ont pas fui tout de suite les combats, ils se sont au contraire efforcés de remplir leur devoir de médecin en Syrie jusqu’à ce que cela ne soit plus possible et ils continuent aujourd’hui à aider efficacement leurs compatriotes réfugiés. Bien qu’ils aient dû prendre la fuite et laisser derrière eux une bonne part de leur vie et de leurs biens, ils n’ont pas laissé en déshérence leur mission médicale.

Diplômée après avoir passé son diplôme à l’université de Damas en 2009, Media, 28 ans, était dans sa quatrième année de spécialisation en hématologie quand elle a dû tout arrêter et quitter la Syrie.

La famille de Media avait déjà fui Damas, elle était restée parce qu’elle voulait terminer sa formation. Mais sa famille l’a convaincue que sa vie et sa sécurité étaient menacées si elle restait. Aussi est-elle partie pour Erbil en Irak, en juin 2013.

Après avoir cherché du travail pendant six mois, Media a commencé à travailler pour MSF comme médecin généraliste, tout d’abord dans le camp de Kawargosk et ensuite dans celui de Darashakran où elle voit environ 50 patients par jour.

« Comme médecin syrienne travaillant dans un camp de réfugiés syriens, ma relation avec les patients ne se limite pas à être médecin. Certains patients veulent juste parler. J’écoute ce qu’ils disent sur leurs souffrances et je ressens leur douleur, en particulier pour ceux qui ont lui le conflit dans la région de Damas et d’Alep. Un des récits qui m’a le plus touchée est celui d’une femme syrienne qui avait perdu son mari lors de violents bombardements à Alep et elle n’avait pas pu lui faire ses adieux ni l’enterrer avant de prendre la fuite.

Avant que le conflit n’éclate en 2011, j’avais beaucoup entendu parler de MSF. Je me souviens que quand je faisais mes études, mes amis et moi rêvions de travailler pour MSF après l’université et de voir le monde. Mais jamais, à aucun moment, je n’ai imaginé que je travaillerais avec MSF pour soigner des réfugiés syriens !

Je me sens souvent coupable d’avoir quitté mon pays parce que nous médecins, nous sommes engagés à ne pas partir en temps de guerre, mais la situation sécuritaire ne nous a pas laissé le choix.  Le jour où la guerre s’arrête, je retourne en Syrie. »

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