Iran : MSF participe au Congrès international sur la médecine d’urgence et de catastrophe à Téhéran

Dr Patrick Hérard MSF au Congrès sur la médecine d'urgence et de catastrophe de Téhéran février 2014
Dr Patrick Hérard, MSF, au Congrès sur la médecine d'urgence et de catastrophe de Téhéran, février 2014 ©MSF

Du 5 au 7 février dernier, la capitale iranienne accueillait le 6ème Congrès international sur la médecine d’urgence et de catastrophe. Médecins Sans Frontières, présente en Iran depuis 1990, y était la seule organisation non-gouvernementale internationale invitée à partager son expertise médicale et humanitaire en réponse aux catastrophes naturelles.

« Doté d’infrastructures hospitalières performantes, de compétences médicales reconnues et d’une importante capacité logistique, l’Iran a les moyens de faire face aux séismes qui frappent régulièrement sa population », rappellent les Dr. Patrick Hérard et Vincent Brown, experts MSF invités au Congrès de Téhéran. C’est en cas de catastrophes majeures et particulièrement dévastatrices que le pays peut avoir recours au soutien des acteurs de l’aide. En 1990, MSF était intervenue à Manjil-Roudbar dans le nord du pays, en coordination avec le Croissant Rouge et les autorités iraniennes, suite au tremblement de terre qui avait alors laissé 400 000 personnes sans abri. Une vingtaine d’heures après la catastrophe, les équipes MSF étaient sur place pour trier et soigner les blessés, donner des consultations médicales et distribuer des biens de première nécessité. A Bam en 2003, MSF avait aussi rapidement déployé des équipes pour porter secours aux victimes et leur offrir un soutien psychologique.

« Il était particulièrement important pour nous de décrire les activités que MSF est capable de mettre en place en réponse aux catastrophes naturelles, tout en soulignant bien qu’elles ne se cantonnent pas à l’assistance aux populations réfugiées ou déplacées, et de sensibiliser nos interlocuteurs iraniens à ce qui fait l’objet de toute notre attention : la qualité des soins apportés aux patients », explique Patrick Hérard.

Forts de leurs expériences de terrain en Iran et ailleurs dans le monde, comme à Haïti en 2010 ou tout récemment aux Philippines, les représentants de Médecins Sans Frontières présents au Congrès de Téhéran ont ouvert des pistes de collaboration en matière notamment d’évaluation rapide des besoins, de plan de préparation aux urgences et de coordination de la réponse humanitaire globale. Les échanges ont été aussi l’occasion de déconstruire certaines idées-reçues persistantes en rassurant par exemple le public présent sur l’absence de risque de transmission d’épidémies par les cadavres en cas de séisme.

Au-delà du cas des catastrophes naturelles, le Congrès se penchait aussi sur la réponse à d’autres types de désastres, comme le risque nucléaire ou chimique qui semblait une menace réelle et très concrète pour le public du Congrès.

Au terme de trois jours de discussions constructives et dans le cadre du développement de ses projets en Iran, MSF réfléchit aujourd’hui avec les autorités iraniennes à la poursuite de ces échanges d’expertise et de connaissances en matière de médecine d’urgence et de catastrophe.

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