Iran : l’accès aux soins de santé reste fragile malgré le cessez-le-feu
Plus de sept semaines après le début de la guerre en Iran, les équipes de Médecins Sans Frontière (MSF) intensifient leurs activités à Téhéran et continuent de répondre aux besoins médicaux grandissants dans les autres régions où nos équipes interviennent. Si le cessez-le-feu actuellement en vigueur a apporté un certain soulagement, la situation reste fragile pour de nombreuses personnes qui dépendent de ces services de santé essentiels.
Un système de santé sous une pression extrême
Bien que certaines structures continuent de fonctionner, le conflit au Moyen-Orient a soumis les services de santé à une pression extrême. Au 15 avril, l'Organisation mondiale de la santé (OMS) avait recensé 24 attaques contre des structures de santé en Iran, des hôpitaux, des cliniques et des ambulances ont été endommagés.
« Les soins de santé primaires sont souvent parmi les premiers services à être perturbés en cas d’urgence, alors qu'ils font partie des plus essentiels », explique Grigor Simonyan, chef de mission de MSF en Iran. « Les gens ont toujours besoin de soins pour des maladies courantes et chroniques telles que le diabète et l’hypertension. Et, après le traumatisme de la guerre, beaucoup auront besoin d’un accompagnement psychologique ».
Le risque d’une pénurie de médicaments
Cette situation est aggravée par les difficultés d’accès aux produits pharmaceutiques. « La production pharmaceutique a été gravement perturbée par le conflit, alors que l’Iran dépend fortement des médicaments fabriqués dans le pays », explique Grigor Simonyan. « Nous constatons que de plus en plus de personnes sont touchées par le manque d’accès aux médicaments essentiels ».
En réponse, MSF a fait don de médicaments et de matériel (trousses de soins pédiatriques, soins traumatologiques), mais aussi d’articles de première nécessité, tels que des couvertures, des oreillers et des trousses d’hygiène, par l’intermédiaire de la Société du Croissant-Rouge iranien, afin de venir en aide aux personnes touchées par la crise.
Maintenir l’accès aux soins pour la population iranienne et les réfugiés afghans
À Téhéran, une clinique indispensable pour les blessés de guerre
Avant le début de la guerre, MSF menait des actions dans le sud de Téhéran, à Mashhad et dans la province de Kerman. Nos équipes se concentraient principalement sur les soins de santé primaires destinés aux personnes exclues des services de santé, en particulier les réfugiés afghans.
Toutefois, au plus fort des violences et des bombardements, MSF a dû suspendre temporairement ses activités dans sa clinique du sud de Téhéran. L’établissement a depuis rouvert ses portes, avec un statut de poste médical avancé aux capacités renforcées pour accueillir les blessés de guerre et stabiliser les patients dans un état critique.
Depuis le cessez-le-feu, le nombre de consultations a doublé, atteignant environ 250 patients par jour. Face à cet afflux, MSF prévoit l’ouverture d’une deuxième clinique dans le sud de la capitale pour répondre aux besoins de la population.
Dans certaines zones du pays, MSF est le seul acteur médical
Les cliniques de MSF situées dans la ville de Kerman, au sud-est du pays, accueillent environ 150 patients par jour et dispensent également des soins de santé primaires essentiels. On estime à 200 000 le nombre de réfugiés afghans vivant dans la périphérie de la ville, où MSF est l'une des seules organisations médicales à leur fournir des soins de santé.
À Mashhad, dans le nord-est de l'Iran, près de la frontière avec l'Afghanistan, MSF a continué à prodiguer des soins médicaux, y compris un soutien en santé mentale, à plus de 160 patients par jour dans la clinique du quartier de Golshahr, où vit la plupart des réfugiés afghans de Mashhad.
Partout où elle intervient, les équipes de MSF assurent une prise en charge globale.
- Accès à la santé sexuelle et reproductive ;
- Dépistage et le traitement de maladies infectieuses telles que l'hépatite C ;
- Soutien en santé mentale pour surmonter les traumatismes de la guerre ;
- Prise en charge des maladies chroniques et orientation vers des établissements de santé spécialisés.
Alors que le conflit dure depuis maintenant trois mois, MSF reste prête à s'adapter et à intensifier encore ses activités pour répondre à l'évolution des besoins médicaux, en collaboration avec les autorités locales.
« Ce sont les civils qui continuent de payer le plus lourd tribut dans cette guerre » déplore Grigor Simonyan. « Il est essentiel de respecter et de protéger les établissements médicaux et le personnel de santé afin de garantir l'accès aux soins pour tous, en tout lieu et à tout moment ».