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Gaza : des bombardements d’une rare intensité, et la crainte d’une escalade du conflit

La tour Al-Shorouq à Gaza
La tour Al-Shorouq à Gaza s'effondre après une frappe aérienne israélienne - mai 2021 © Fady Hanona/MSF

L’offensive israélienne sur la bande de Gaza, menée depuis trois jours en représailles des tirs de roquettes lancés par les groupes armés palestiniens, a déjà provoqué des dizaines de morts et plusieurs centaines de blessés. Les équipes MSF sur place constatent une offensive d’une intensité inhabituelle, qui fait craindre une escalade aux conséquences potentiellement désastreuses.  

« Les bombardements israéliens sont incroyablement puissants, beaucoup plus intenses que lors des précédentes campagnes. Ils ont détruit des bâtiments tout autour de nous. Sortir dans la rue est dangereux, la population n’est en sécurité nulle part, même à l’intérieur des maisons », explique Helen Ottens-Patterson, la cheffe de mission de MSF dans les Territoires Palestiniens Occupés. « La population ne peut pas fuir, elle est prise au piège. Le personnel de santé prend des risques incroyables pour se déplacer. »

Entre le 10 et le 13 mai, le Ministère de la Santé de Gaza faisait état de 83 morts, dont 17 enfants, et près de 500 blessés à la suite des frappes aériennes israéliennes. Celles-ci sont menées en réponse aux tirs de roquettes et missiles par des groupes armés palestiniens, qui ont provoqué le décès de sept personnes selon les autorités israéliennes. 

Au cours des 20 ans de leur présence à Gaza, les équipes MSF ont été témoins des conséquences dévastatrices des offensives militaires successives. Les précédentes confrontations militaires entre Israël et factions armées à Gaza ont causé des milliers de morts et de blessés parmi les civils, dont beaucoup d’enfants.

« Après chaque guerre, chaque ‘escalade’, chaque vague de protestations, nous soignons des blessés dans nos cliniques et nos hôpitaux », explique le Dr. Natalie Thurtle, coordinatrice médicale de MSF. « Nous sommes confrontés au quotidien à leur souffrance et aux conséquences invalidantes de leurs blessures. Nous savons que les conséquences de cette vague de violence se feront sentir bien au-delà de l’arrêt des bombardements. »

« Le blocus israélien qui dure depuis 14 ans à Gaza signifie aussi que le système de santé manque de moyens pour assurer un certain nombre de services, même en dehors de ces offensives. De plus, régulièrement, il doit faire face à des afflux massifs de blessés : 11,000 durant la guerre de 2014, plus de 7,000 lors des manifestations de 2018 et 2019, et déjà des centaines depuis le début des bombardements à Gaza lundi. »

Les tirs de roquette à Gaza s’inscrivent à leur tour dans un contexte de protestations et de répression policière violente contre les manifestants palestiniens à Jérusalem. Au soir du 10 mai, les équipes de MSF sont intervenues en soutien à la Société du Croissant-Rouge Palestinien pour gérer l’afflux et apporter des premiers soins aux plusieurs centaines de personnes blessées par les forces de sécurité israéliennes, la plupart touchées par des balles en caoutchouc et des grenades assourdissantes, et souffrant d’autres traumatismes.

« Nos équipes ont été témoins des graves blessures infligées par la police israélienne à des hommes, des femmes et des enfants », explique Ottens-Patterson. « Elles ont soigné des enfants qui n’avaient pas plus de 12 ans et qui avaient été blessés par des balles en caoutchouc. »

A Gaza comme ailleurs en Palestine, MSF se tient prête à soutenir les autorités sanitaires locales et à assurer des soins médicaux vitaux aux blessés et aux autres personnes qui en auraient besoin. 

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