Focus : la situation humanitaire et médicale au Soudan

Maternité de l'hôpital MSF de Pibor état de Jonglei au Sud Soudan  novembre 2010
Maternité de l'hôpital MSF de Pibor, état de Jonglei au Sud-Soudan - novembre 2010 ©Cédric Gerbehaye/Agence Vu

L'actuelle épidémie de kala-azar aggrave la crise humanitaire et médicale, alors qu'un référendum d'auto-détermination est prévu au Sud-Soudan le 9 janvier prochain. Ce focus propose un complément d'informations sur les programmes de MSF au Soudan, une fiche d'informations détaillée sur le kala-azar, un diaporama du photographe Cédric Gerbehaye ainsi que le témoignage d'une victime de la maladie.

À l'approche du 9 janvier, date du référendum d'autodétermination organisé au Sud-Soudan, cette région se bat pour endiguer une épidémie de kala-azar, la pire qu'elle ait connue en huit ans. Pour Médecins Sans Frontières, la gravité de cette épidémie n'est qu'un des symptômes de la crise humanitaire et médicale que connaît la région.

Une crise caractérisée par un manque d'accès conséquent aux soins de santé, une malnutrition chronique, des épidémies régulières de maladies qui pourraient être évitées et une insécurité entraînant des déplacements de population.

Le kala-azar, ou leishmaniose viscérale, est une maladie négligée, provoquée par la piqûre d'un phlébotome porteur du parasite. La maladie est endémique au Sud-Soudan. Hépatomégalie, fièvre, faiblesse et épuisement font partie du tableau symptomatique de la maladie. Celle-ci sévit dans les régions pauvres, reculées et instables où l'accès aux soins de santé est extrêmement limité.

Sud-Soudan : les gens se sont bien trop habitués à souffrir

Le photographe Cédric Gerbehaye s'est rendu au Sud-Soudan cette année pour visiter les cliniques de Médecins Sans Frontières et documenter la crise humanitaire qui se déroule dans cette zone.

Six ans après la fin de la guerre, le faible système de santé ne peut pas faire face aux situations d'urgence constantes. Alors que le 9 janvier se tiendra un référendum sur la sécession entre le nord et le sud, le sud se bat pour contenir la plus grande épidémie de kala-azar que cette région ait connue en huit ans. Le kala-azar est une maladie mortelle si elle n'est pas traitée. La malnutrition chronique, la violence et des maladies pourtant évitables continuent de détruire des vies.

Activites MSF au Soudan

MSF intervient au Soudan depuis 1979 pour apporter une aide humanitaire médicale. Aujourd'hui, les activités de MSF comprennent la prise en charge des cas de malnutrition, les soins gynéco-obstétricaux, le traitement du kala-azar, des soins psychologiques, de même que des interventions chirurgicales et des soins. Les équipes MSF gardent également une capacité de réponse aux urgences médicales dans le pays.

MSF se prépare à répondre à d'éventuelles urgences en 2011 en prédisposant le matériel médical et les équipements nécessaires pour intervenir le plus rapidement possible auprès des populations, en particulier lors de flambées épidémiques de kala-azar ou de méningite.

Qu'est ce que le kala-azar?

La leishmaniose viscérale, également appelée kala-azar, est une  maladie négligée due à un protozoaire, répandue dans le monde entier et  endémique dans 47 pays.
Cette maladie menace près de 200 millions de  personnes. Son incidence annuelle est estimée à 500 000 cas,  dont 90 % en Inde, au Bangladesh, au Népal, au Soudan et au  Brésil. La maladie constitue la deuxième cause de décès dûs à une parasitose.

La flambée épidémique de fin 2009, qui a frappé un millier de patients au Sud-Soudan, est considérée comme la première manifestation d'une nouvelle épidémie plus vaste dans la région.

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