Guerre au Yémen : comment empêcher la catastrophe programmée ?

Michaël Neuman, directeur d'études au CRASH, en débattait dans l'émission 28 Minutes sur Arte.

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Au Yémen, une situation humanitaire «désespérée»

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Éthiopie : des besoins urgents pour un million de personnes déplacées par les violences

Un enfant de 8 mois dans les bras de sa mère. Il souffre de malnutrition sévère et est pris en charge par les équipes de Médecins Sans Frontières à l'hôpital de Gedeb. Éthiopie. 2018.
Un enfant de 8 mois dans les bras de sa mère. Il souffre de malnutrition aiguë et est pris en charge par les équipes de Médecins Sans Frontières à l'hôpital de Gedeb. Éthiopie. 2018. ©Gabriele François Casini/MSF

Plus de 900 000 personnes ont été déplacées dans le sud de l’Éthiopie, en raison d’une récente flambée de violence.

Face à l’ampleur des besoins, Médecins Sans Frontières a lancé une réponse d’urgence.

« Étant donné l’ampleur de l’urgence et le nombre de personnes contraintes de fuir leurs villages en si peu de temps, il est essentiel de leur fournir un abri, des articles de premières nécessité, de l’eau, ainsi que des services d’hygiène et de santé de toute urgence, explique Alessandra Saibene, coordinatrice de la réponse d’urgence de MSF. La plupart de ces personnes ont quitté leurs logements dans la précipitation et sont arrivées totalement démunies. Les familles dorment dans des bâtiments vides, notamment des écoles et des églises, et parfois à l’extérieur, à même le sol, avec une feuille de banane ou une bâche en plastique pour seule couverture. »

Ces personnes sont situées le long de la frontière, entre les zones de Gedeo et de Guji-Ouest, respectivement situées dans la Région des nations, nationalités et peuples du Sud (RNNPS) et d’Oromia.

Intervention de Médecins Sans Frontières auprès des personnes déplacées dans les zones de Gedeo et de Guji-Ouest. Éthiopie. 2018.
 © MSF - Septembre 2018
Intervention de Médecins Sans Frontières auprès des personnes déplacées dans les zones de Gedeo et de Guji-Ouest. Éthiopie. 2018. © MSF - Septembre 2018

Même avant la crise actuelle, la région était l’une des zones les plus densément peuplées du pays. Cet afflux rapide de personnes déplacées ne fait donc que peser davantage sur les ressources disponibles et les services publics. Malgré une intervention menée par le gouvernement afin de fournir des soins de santé, de la nourriture et des articles de première nécessité aux personnes déplacées, les pénuries de refuges, d’eau, et de services d'assainissement et d'hygiène restent très importantes, et les conditions de vie particulièrement préoccupantes.

Un enfant de 3 ans pris en charge par les équipes de Médecins Sans Frontières dans l'hôpital de Gedeb. Il souffre de malnutrition aiguë. Éthiopie. 2018.
 © Gabriele François Casini/MSF
Un enfant de 3 ans pris en charge par les équipes de Médecins Sans Frontières dans l'hôpital de Gedeb. Il souffre de malnutrition aiguë. Éthiopie. 2018. © Gabriele François Casini/MSF

« Lorsque tant de personnes vivent dans des conditions exiguës, avec un accès limité à l’eau potable et un nombre insuffisant de latrines, le risque d’épidémies est très élevé. Nous devons donc agir rapidement pour améliorer les conditions de vie des personnes déplacées, sinon la situation risque de s’aggraver encore davantage », poursuit Alessandra Saibene.

En coordination avec d’autres acteurs humanitaires, MSF a entrepris la construction de latrines et l’installation d’infrastructures d’approvisionnement en eau et d’assainissement dans les woredas (districts) de Kochere et de Gedeb. L’organisation utilise également des camions pour acheminer de l’eau potable pour la population, et vise à améliorer les conditions d’hygiène et l’accès à l’eau dans les établissements de santé locaux.

Vue de l'intérieur d'une école occupée par les personnes déplacées dans la région de Gedeb. L'accès à l'eau potable et aux services d'hygiène est extrêmement limité. Éthiopie. 2018.
 © MSF/Gabriele François Casini
Vue de l'intérieur d'une école occupée par les personnes déplacées dans la région de Gedeb. L'accès à l'eau potable et aux services d'hygiène est extrêmement limité. Éthiopie. 2018. © MSF/Gabriele François Casini

En outre, MSF fournit des services de santé primaires et secondaires aux centres médicaux et aux hôpitaux et prévoit de distribuer des articles de première nécessité, dont des couvertures et des ustensiles de cuisine. « Nous travaillons en collaboration avec le Bureau régional de santé afin de garantir que les populations aient accès aux soins de santé les plus basiques. Nos équipes médicales ont mené plus de 19 000 consultations ambulatoires, dont 6 700 sur des enfants de moins de cinq ans. Nous avons également soutenu le gouvernement avec une campagne de vaccination infantile afin de prévenir une épidémie de rougeole », indique la coordinatrice de la réponse d’urgence de MSF.

Un volontaire MSF vaccine un enfant contre la rougeole dans le cadre d'une campagne de vaccination de masse organisée par les autorités éthiopiennes. Éthiopie. 2018.
 © Gabriele François Casini/MSF
Un volontaire MSF vaccine un enfant contre la rougeole dans le cadre d'une campagne de vaccination de masse organisée par les autorités éthiopiennes. Éthiopie. 2018. © Gabriele François Casini/MSF

La majorité des patients au sein des structures de santé de MSF souffrent de diarrhée, de parasites intestinaux, d’infections des voies respiratoires et d’infections cutanées, liés au surpeuplement et au manque d’eau potable. Avec l’arrivée de températures plus fraîches et de la saison des pluies, les conditions pourraient considérablement se détériorer, avec des conséquences désastreuses sur la santé des habitants. Par conséquent, en coordination étroite avec les autorités, MSF se tient prête à mettre en place toutes les mesures préventives nécessaires afin de protéger la population.

« Pendant la saison des pluies, les ressources alimentaires des foyers s’épuisent presque entièrement. C’est pourquoi des distributions de nourriture doivent être organisées tout au long de la crise afin de prévenir l’apparition de cas de malnutrition. Une réponse rapide et durable des organisations non gouvernementales et des autorités locales doit être mise en place de toute urgence, et l’implication des donateurs doit être maintenue », conclut Alessandra Saibene.

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