« Depuis le début de la guerre en Syrie, nous avons perdu presque tout espoir »

Erfan originaire du sud ouest de la Syrie a dû être amputé du pied à la suite d'une blessure mal soignée dans les premiers temps.
Erfan, originaire du sud-ouest de la Syrie, a dû être amputé du pied à la suite d'une blessure mal soignée dans les premiers temps. ©Enass Abu Khalaf-Tuffaha/MSF

Erfan Amari est âgé de 35 ans et est originaire du gouvernorat de Deraa, dans le sud-ouest de la Syrie. Il a été gravement blessé à la jambe par un obus qui a été tiré sur son village de Namer, vers la fin 2012. Il est pris en charge depuis juin 2016 à l’hôpital MSF d’Amman en Jordanie.

«  Après le tir d’obus, ma blessure n’a jamais cicatrisé et je n’ai pas bénéficié des soins médicaux dont j’aurais eu besoin dans les années qui ont suivi. Deux ans après avoir été blessé, mon pied a dû être amputé à cause d’une grave infection pour laquelle je continue d’être soigné aujourd’hui.

J’ai été immédiatement pris en charge par un hôpital de terrain en Syrie où l’équipe soignante n’a désinfecté ma plaie qu’en surface. Quelques mois plus tard, je suis parti en Jordanie avec ma femme. Nous sommes allés au camp de réfugiés syriens de Zaatari. Ma jambe me faisait toujours souffrir et, malheureusement, j’ai dû me faire amputer le pied en 2014 après qu’on m’a diagnostiqué une grave infection résistante aux antibiotiques. Je pensais que les douleurs partiraient après l’opération, mais elles sont revenues quelques jours plus tard.

J’ai vu un médecin de MSF lors de sa visite au camp de Zaatari. Il m’a dit que je pourrais me faire soigner et qu’il était possible de contenir l’inflammation. J’ai été admis à l’hôpital de Médecins Sans Frontières à Amman pour me faire soigner début juin 2016, et j’y ai entamé unenouvelle phase de traitement. On m’a tout d’abord désinfecté la plaie en profondeur et donné des antibiotiques auxquels les bactéries n’étaient pas résistantes. Il est possible queje doive subir une nouvelle opération chirurgicale pour contenir l’inflammation.

Depuis le début de la guerre en Syrie, nous avons perdu presque tout espoir. Tout ce que j’espère, c’est que ma jambe puisse être sauvée afin que je rejoigne ma famille au camp de Zaatari. Les conditions de vie y sont très difficiles, ils ont besoin de moi à leurs côtés. »

Le Dr. Nagham Al Khafaji est responsable médical chez MSF et commente : « le cas d’Erfan s’est beaucoup amélioré. Ses taux de glycémie se sont stabilisés, ce qui a permis de réduire la résistance des bactéries aux antibiotiques. Les bactéries que nous avons diagnostiquées dans le cas d’Erfan sont extrêmement résistantes car elles parviennent à se cacher pendant un temps et réapparaître. Toutefois, nous avons décelé des signes clairs d’amélioration ainsi qu’une baisse du niveau de résistance aux antibiotiques. »

Comment fonctionne notre hôpital à Amman?

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