Course contre la montre pour fournir une assistance aux réfugiés sud soudanais en Ethiopie

L'insécurité au Soudan du Sud a forcé des dizaines de milliers de personnes à fuir leur pays. Janvier 2014
L'insécurité au Soudan du Sud a forcé des dizaines de milliers de personnes à fuir leur pays. Janvier 2014 ©Jean-Pierre Amigo/MSF

Depuis plusieurs semaines les équipes de MSF en Ethiopie apportent leur aide aux réfugiés du Soudan du Sud qui ont fui les violences et les persécutions dans leur pays.

On estime que plus de 75 000 personnes sont arrivées dans la région de Gambella depuis la mi-décembre, après avoir fui les combats dans les Etats du Nil supérieur, de Jonglei et d’Unité au Soudan du Sud. Les réfugiés proviennent de nombreux endroits au Soudan du Sud dont Akobo, Juba, Bor, Malakal et Nasir, et continuent d’arriver au rythme de plus de 1000 par jour. Ces réfugiés composés presque exclusivement de femmes et d’enfants arrivent souvent en très mauvais état de santé, après avoir marché plus de trois semaines pour certains.

MSF a rapidement déployé son assistance aux réfugiés en partenariat avec l’Agence Ethiopienne pour les Réfugiés et les Rapatriés (ARRA), tant aux points d’entrée dans le pays que dans les nouveaux camps. L’organisation  a mis en place des services de consultations externes à Tiergol, Pagak et Luetchuor et des services de médecine interne à Luetchuor et Itang. Près de 2000 consultations sont réalisées chaque semaine et 30 lits d’hospitalisation sont désormais disponibles.

« Nous sommes dans une course contre la montre pour apporter des soins de santé vitaux aux réfugiés, confie Antoine Foucher, chef de mission pour MSF en Ethiopie. Nous sommes extrêmement préoccupés par les mauvaises conditions de vie et le manque d’accès à l’eau potable, à l’hygiène et à la nourriture quand les réfugiés arrivent en Ethiopie ».

Les principales pathologies que les équipes de MSF prennent en charge telles que les infections respiratoires ou les diarrhées sont directement liées aux mauvaises conditions de vie. Le paludisme représente cependant plus de 50% des cas pris en charge, et ce même avant l’arrivée de la saison des pluies. Les autorités ont récemment déclarés une épidémie de rougeole et MSF a pris en charge des dizaines d’enfants. Même si les autorités et  les acteurs humanitaires ont rapidement ouvert deux nouveaux camps à Letchure et Tierkidi, il existe de sérieux manque en matière d’accès à l’eau et à l’hygiène.

« MSF s’engage à fournir des soins médicaux et une assistance à la population refugiée en perpétuelle augmentation a Gambella, annonce Antoine Foucher, mais nous sommes extrêmement inquiets par rapport aux conditions de vie, spécialement à l’approche de la saison des pluies et du risque d’inondation ».


MSF est présente en Ethiopie depuis 1984, et mène actuellement des projets a Amhara, Benishangul, Gambella, SNNPR et dans la région somalienne.

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