Coronavirus : faire face au virus en Côte d’Ivoire

Coronavirus : faire face au virus en Côte d’Ivoire
Entrée de l'hôpital Abobo Nord, près d'Abidjan. Juin 2011, Côte d'Ivoire. ©Nicola Vigilanti

Depuis mi-mars, les équipes MSF ont démarré des activités de réponse à la pandémie de coronavirus, qui a récemment touché la Côte d’Ivoire et la plupart des pays africains.

Le 26 mars, la Côte d’Ivoire enregistrait 80 cas selon l’Organisation mondiale de la Santé, sans être au stade de la transmission locale. Les autorités ivoiriennes ont rapidement pris des mesures de restriction de mouvements, comme la plupart des pays voisins.

À l'aéroport d'Abidjan, MSF a soutenu le ministère de la Santé pour le dépistage et le référencement des personnes présentant les symptômes du coronavirus. Une équipe composée de médecins et d’infirmiers a examiné plus de 800 passagers en provenance d'Europe, d'Asie et des États-Unis, afin d’identifier les cas potentiels de coronavirus. L’équipe a également mis en place un dispositif d’hygiène et informé les passagers sur la nécessité de l'auto-confinement et des mesures barrières.

A Bouaké, la deuxième ville du pays, MSF évalue la capacité de prise en charge des cas de Covid-19, dans l’éventualité où l’épidémie viendrait à se déclarer dans cette partie du pays.

Unité d’hospitalisation pour enfants et adultes de l'hôpital de Titao. Février 2020, Burkina Faso.
 © Noelie Sawadogo/MSF
Unité d’hospitalisation pour enfants et adultes de l'hôpital de Titao. Février 2020, Burkina Faso. © Noelie Sawadogo/MSF

« Bouaké se situe sur la route du Nord qui mènent aux frontières du Burkina Faso et du Mali. Avec l’évolution actuelle de la situation au Burkina Faso, il est essentiel d’y assurer une présence pour pouvoir réagir rapidement si un cas y était confirmé et couper la chaîne de transmission. Pour cela, il faut obligatoirement se préparer à la prise en charge des cas, assurer la protection du personnel de santé, mais aussi et surtout s’investir dans la sensibilisation des populations », explique Abdoul-Aziz Mohamed, Directeur exécutif Afrique de l’Ouest et centrale, pour MSF à Abidjan.

Des activités de formation des agents de santé et de dépistage dans les différents points d'entrée de la ville sont déjà en cours. Des activités concernant l’eau, l’hygiène et l’assainissement sont également mises en place : des points des lavages des mains ont été installés dans six centres de santé ainsi qu’au centre hospitalier universitaire. Dans les jours à venir, la capacité d'hospitalisation sera augmentée de 10 lits pour la prise en charge d’éventuels patients.

En Côte d’Ivoire comme partout ailleurs, la disponibilité des tests est un obstacle de taille pour une réponse rapide. Il est essentiel de sensibiliser les populations aux règles d’hygiène de base à respecter et sur les mesures nécessaires à mettre en place pour éviter la propagation du virus.

La priorité pour MSF est actuellement de maintenir le fonctionnement de ses activités dans les pays où elle intervient et de se coordonner avec les autorités sanitaires locales dans les pays où elle intervient pour offrir son soutien dans la prévention et la gestion des cas.

Ailleurs en Afrique de l’Ouest, MSF est en discussion avec les autorités sanitaires et l’OMS pour appuyer la réponse à la pandémie, notamment au Sénégal ou au Burkina Faso. Dans certains pays de la région, la pandémie de Covid-19 risque de venir aggraver la situation sanitaire et humanitaire dans des contextes déjà marqués par des conflits armés et des déplacements de population.

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