Bangladesh - Faire des forages profonds pour fournir de l’eau propre aux réfugiés rohingyas

Le camp de Mainnerghona au Bangladesh octobre 2017.
Le camp de Mainnerghona, au Bangladesh, octobre 2017. ©Jerome Leglise /MSF

Plus de 600 000 réfugiés rohingyas ont franchi la frontière bangladaise en moins de trois mois. Les camps leur servant d’abri se sont construits très rapidement. L’urgence est aujourd’hui de fournir de l’eau propre aux réfugiés et de réduire l’incidence des maladies hydriques.

Après avoir fui le Myanmar, les Rohingyas, installés dans des camps au Bangladesh, ont réussi à s’organiser et se sont construit des abris  faits de bambous et de bâches en plastique sur les collines, se débrouillant avec le peu qu’ils avaient pu emporter dans leur fuite et ce qu’ils ont trouvé sur place. 

Dans ces camps,  au bord des chemins, des enfants se lavent à la pompe et des femmes vont tranquillement chercher de l’eau. Pas besoin de faire la queue, car l’eau ne manque pas en ce moment. Car au fur-et-à-mesure de leur arrivée, des milliers de forages artisanaux ont été creusés par les réfugiés, parfois seuls, mais le plus souvent avec l’aide d’associations caritatives ou d’organismes publiques bangladais. Ces forages sont nombreux et présents un peu partout, mais ne sont pas assez profonds et souvent l’eau y est contaminée. La saison des pluies étant passée, ces puits risquent de plus de s’assécher d’ici deux à trois mois.

Les réfugiés ont également aménagé des latrines pour leur famille. Ces latrines, de petites cabines aux parois faites de plastique orange, sont facilement repérables. Mais elles sont souvent installées à proximité des points d’eau. Résultat, les excréta s’écoulent dans la nappe phréatique. Si, dans un premier temps, le souci a été de parer au plus pressé, les solutions trouvées pour installer ces latrines montrent maintenant leurs limites. Beaucoup sont pleines et débordent. Comme il n’y a guère de place pour en installer d’autres ayant une capacité suffisante, la priorité est de vidanger celles existantes.

Un forage dans le camp de Burma Para, au Bangladesh. Octobre 2017 © Jerome Leglise/MSF

Un forage dans le camp de Burma Para, au Bangladesh. Octobre 2017 © Jerome Leglise/MSF

« L’urgence est d’améliorer la situation sanitaire dans les camps de manière à réduire l’incidence des maladies liées à l’eau, comme les diarrhées aqueuses et les diarrhées sanglantes que nous constatons dans nos centres de consultations », note Gwenola Seroux, responsable des programmes d’urgence à Médecins Sans Frontières (MSF). Urgence d’autant plus aiguë que les arrivées de réfugiés se poursuivent.

Pour éviter la contamination fécale des eaux de surface, MSF effectue des forages plus profonds, en allant chercher l’eau à plus de 100 mètres de profondeur. C’est ainsi que les équipes peuvent alimenter en eau leurs dispensaires dans les camps de Mainnerghona et de Burma Para. Ce chantier  implique également d’installer une pompe submersible et un générateur, une capacité de stockage et des rampes de distribution.

Malgré les deux dispensaires de MSF, la capacité globale d’hospitalisation reste très inférieure aux besoins, considérables. Dans ces camps où le relief est vallonné et les routes sont rares, trouver un espace assez vaste et plat pour y aménager une structure de santé n’est pas chose facile. Les équipes MSF ont tout de même réussi à identifier des terrains et construisent un nouvel hôpital de 50 lits dans le camp de Burma Para. « Nous avons aussi commencé à creuser un forage profond pour y avoir de l’eau propre », précise Gwenola Seroux.

Des pompes dans le camp de Mainnerghona, au Bangladesh. Octobre 2017 © Jerome Leglise/MSF

Des pompes dans le camp de Mainnerghona, au Bangladesh. Octobre 2017 © Jerome Leglise/MSF

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