Tayeba Begum, réfugiée rohingya mère de jumelles souhaite pouvoir retourner au Myanmar si sa sécurité et celle de ses enfants sont garanties.
© Saikat Mojumder/MSF
Opération

Bangladesh : assistance aux réfugiés rohingyas

Médecins Sans Frontières apporte une assistance aux réfugiés rohingyas au Bangladesh. 

Les équipes de Médecins Sans Frontières travaillent dans le camp de réfugiés de Kutupalong-Balukhali, dans le district de Cox’s Bazar, une région frontalière du Myanmar, dans le sud-est du Bangladesh MSF y gère plusieurs structures qui offrent des soins aux réfugiés rohingyas et aux communautés d’accueil.

© MSF
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Pourquoi Médecins Sans Frontières intervient au Bangladesh ?

Le district de Cox's Bazar reçoit depuis 1978 des réfugiés rohingyas fuyant les violences ciblées dans l'État de Rakhine, dans le sud-ouest du Myanmar voisin. Plus d'un million de Rohingyas vivent dans 33 camps qui forment le plus grand camp de réfugiés au monde sur une superficie 26km2. Les conditions de vie dans les camps et les maladies rendent le quotidien des réfugiés extrêmement difficile.

L'intervention de MSF à Cox's Bazar a commencé en 2009, lorsque l'hôpital de Kutupalong a été créé pour fournir des soins à la fois aux réfugiés et à la communauté locale.

Le 25 août 2017, dans l’État de Rakhine au sud-ouest du Myanmar, la communauté rohingya subit une nouvelle vague de violences. Suite à des attaques commises par l’Armée du salut des Rohingyas d’Arakan, l’armée birmane, la police et des milices locales ont lancé des opérations contre cette minorité de confession musulmane. Ces violences ciblées ont provoqué un exode sans précédent.

La même année, plus de 700 000 Rohingyas ont été forcés de fuir le Myanmar pour se réfugier dans le district de Cox’s Bazar. Des enquêtes épidémiologiques menées par MSF dans plusieurs camps de réfugiés à Cox’s Bazar permettent d’estimer qu'au moins 6 700 Rohingyas, dont 730 enfants, ont été tués lors de ces attaques, dans le mois suivant le 25 août 2017

En juillet 2025, alors que la frontière entre le Bangladesh et le Manyamar est officiellement fermée, près de 150 000 personnes se réfugient à Cox’s Bazar. Dans le rapport « L’illusion du choix », MSF révèle que 56% des réfugiés rohingyas ont du mal à accéder à des soins de santé essentiels. En outre, 84 % redoutent de retourner au Myanmar sans que leur sécurité soit garantie, rester dans les camps ne leur offre ni dignité ni contrôle sur leur vie.

Dans les camps de réfugiés, la situation sanitaire est fragile et les conditions de vie sont difficiles, étant donné la densité de population installée sur les collines de la zone, et le risque de contamination de l’eau élevé du fait de la proximité des points d’eau et des latrines. Malgré l’ampleur des besoins en 2025, les interventions humanitaires ont été freinées sur place par les baisses des financements de l’aide internationale.

Selon les derniers chiffres, le district de Cox’s Bazar comptait environ 2,8 millions d’habitants lors du recensement de 2022, parmi lesquels, près de 1,2 million de réfugiés rohingyas, répartis dans 33 camps densément peuplés. 

L’action de MSF dans le camp de réfugiés au Bangladesh

Des soins de santé primaires pour répondre aux besoins les plus urgents

En 2025, l’organisation a géré six établissements de santé dans le district de Cox's Bazar, dont trois hôpitaux, deux centres de santé primaire et une clinique spécialisée. Nos services hospitaliers et ambulatoires comprennent des services d'urgence, des soins de santé sexuelle et reproductive, ainsi que le traitement d’un nombre grandissant de patients atteints de maladies non transmissibles comme le diabète ou l’hypertension. Face à l’urgence et au traumatisme de l’exil, nos équipes fournissent également un accompagnement psychologique.

MSF fournit également des services liés à l'eau et à l'assainissement aux personnes vivant dans les camps Nos équipes se concentrent sur l’amélioration des infrastructures hydrauliques, le contrôle de la qualité de l’eau et la prévention des épidémies.

Un soutien particulier aux femmes, premières victimes de cette crise

Les victimes de violences sexuelles sont également prises en charge et écoutées. En effet, les femmes rohingyas sont particulièrement confrontées à la violence domestique, l’exploitation, ainsi qu’aux violences sexistes et sexuelles.

Nos services de santé reproductive comprennent les consultations prénatales, l'assistance à l'accouchement et la planification familiale. En 2025, près de 4 440 accouchements ont été assistés par les équipes de MSF à Cox's Bazar.

La gestion des impacts émotionnels et psychologiques pour les réfugiés

Beaucoup de réfugiés sont victimes d’insomnies, d’anxiété, mais aussi de stress post-traumatique et de dépression. C’est pourquoi les services de santé mentale et psychiatrique sont mis à disposition des communautés rohingyas.

La lutte contre les épidémies

En parallèle, nos équipes dispensent également des soins d’urgence face aux épidémies telles que le choléra, la gale ou l’hépatite C. En 2025, MSF a lancé une campagne à grande échelle de « dépistage et de traitement » de l’hépatite C afin de lutter contre les taux alarmants de cette maladie dans les camps. Trois centres de traitement spécialisés ont été mis en place au sein de nos structures existantes. En tout, 13 700 patients ont commencé un traitement contre le virus.

Face aux menaces sanitaires liées au climat, MSF a lancé une intervention contre la dengue dans la ville de Chattogram, comprenant la lutte antivectorielle, la surveillance épidémiologique et des activités de sensibilisation communautaire.  

Notes