Athènes, nouveau point de fixation des réfugiés

Camp d'Eleonas à Athènes
Camp d'Eleonas à Athènes ©MSF

Un nombre croissant de réfugiés convergent vers Athènes. Environ 9000 personnes sont aujourd’hui  bloquées sur la route de leur exil dans la capitale grecque et ses alentours alors que les capacités d’accueil sont très limitées. Telle est la conséquence de la fermeture de la frontière avec l’ancienne République yougoslave de Macédoine.

Le centre d’accueil Eleniko que le gouvernement grec avait ouvert en décembre dans un complexe sportif construit pour les Jeux Olympiques a vu sa population augmenter. Il compte aujourd’hui 3500 personnes dont une partie est hébergée dans l’ancien aéroport désaffecté qui jouxte les stades.  Les conditions y sont rudimentaires, les gens dorment par terre.  La situation est en revanche différente dans l’autre centre situé à la périphérie d’Athènes que les autorités grecques ont réservé aux personnes vulnérables ou ayant fait une demande d’asile. Dans le centre Eleonas, des containers  chauffés ont été aménagés avec salle d’eau et coin cuisine. Pour en augmenter la capacité, il a fallu toutefois aussi utiliser des grandes tentes de sorte qu’aujourd’hui  750 personnes  y sont logées.  Avec d’autres ONG, MSF est présente dans ce centre pour y donner des consultations médicales.  

Des associations locales et des bénévoles sont nombreux à se mobiliser avec des organisations humanitaires pour venir en aide aux réfugiés à Athènes. Ils interviennent ainsi dans le centre de la capitale, sur la place Victoria qui est comme un point de ralliement des réfugiés. Bon nombre d’entre eux viennent là après avoir débarqué au Pirée, en quête d’informations pour poursuivre leur périple. Certains peuvent louer une chambre dans le quartier pour quelques jours. Faute de mieux, d’autres dormaient la nuit sur la place Victoria jusqu’à ce que les forces de l’ordre les évacuent la semaine dernière.  Dans une rue adjacente, une équipe MSF donne l’après-midi des consultations médicales dans un local où une association offre le matin un espace de repos à des femmes et des enfants. 

Face à l’afflux de réfugiés, le gouvernement grec a bien ouvert en février un centre à la périphérie d’Athènes. Ce centre géré par l’armée qui accueille 1750 personnes était conçu comme un centre de transit. Mais la situation est désormais figée. Les voies de passage sont fermées. Résultat,  le nombre de personnes en attente au port du Pirée a augmenté. 3000 personnes sont installées dans les salles d’embarquement du terminal ou dorment dans des petites tentes montées à l’extérieur. Là encore, des bénévoles viennent apporter leur aide. En collaboration avec d'autres organisations, une équipe MSF offre des soins médicaux dans un dispensaire aménagé à l’intérieur du terminal. Mais les ferrys continuent d’arriver au Pirée, avec à leur bord des réfugiés qui viennent de Lesbos, de Samos ou d’autres îles de la mer Egée où ils avaient débarqué de Turquie.

Ainsi la semaine passée, 985 personnes venant de Turquie sont arrivées à Samos. Et 100 autres ont débarqué sur l’île voisine d’Agathonisi. Si les migrants restent seulement quelques jours à Agathonisi où MSF leur fournit un abri, il en va différemment à Samos. L’enregistrement prend du temps et les gens doivent attendre.

Mais alors qu’il y a 600 personnes en ce moment à Samos, le camp mis en place par les autorités sur les hauteurs du port ne peut offrir que 280 lits installés dans des containers. MSF a donc distribué plus de 300 tentes ces deux dernières semaines que les réfugiés ont dû monter entre les containers-dortoirs.  Par ailleurs, plus de 120 personnes sont logées dans ce qu’il reste du camp aménagé sur le port et que les autorités souhaitent fermer en vue de l’ouverture du hotspot.  Une équipe MSF continue d’intervenir dans son dispensaire  du port pour leur offrir des soins médicaux tandis qu’une autre équipe dispense des soins de santé mentale sous une tente installée près du grand camp.

Tous attendent d’être enregistrés pour pouvoir prendre le ferry et aller au Pirée, avec l'espoir malgré tout de poursuivre leur route, à l’exception toutefois des ressortissants nord-africains. Dès leur arrivée, ils sont transférés dans le commissariat de police de Samos où ils sont entassés dans des cellules avant d’être envoyés dans un centre de détention sur le continent. D’emblée, la demande d’asile est pour eux exclue.

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