VIH/sida : les nouvelles recommandations de l’OMS doivent être mises en œuvre rapidement

Un patient séropositif en consultation avec MSF. Birmanie  2008 MSF
Un patient séropositif en consultation avec MSF. Birmanie - 2008 © MSF ©MSF

Médecins Sans Frontières salue les nouvelles lignes directrices de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) pour le traitement du VIH, diffusées aujourd’hui. MSF appelle à mettre en œuvre rapidement les principales nouveautés qui y sont contenues, au bénéfice des programmes de soins et des patients des pays en développement. MSF souligne également qu’une augmentation de l'aide internationale sera nécessaire pour y parvenir.

Les nouvelles recommandations de l'OMS préconisent une mise sous traitement antirétroviral (ARV) plus précoce pour les personnes vivant avec le VIH, l'amélioration des protocoles de prévention de la transmission mère/enfant, et un suivi plus efficace et plus régulier de la charge virale des patients pour vérifier que le traitement est efficace.

« Une mise sous traitement plus précoce peut faire une grande différence : cela permet de garder les personnes vivant avec le VIH en meilleure santé et contribue également à prévenir la propagation du virus », explique le Dr Unni Karunakara, président international de MSF.

Une autre avancée importante dans ces recommandations est représentée par le suivi de la charge virale pour vérifier que les médicaments antirétroviraux contrôlent bien le virus. Cette mesure permet de reconnaître à temps les difficultés d’observance dans la prise du traitement  et donc d’améliorer l’efficacité de la thérapie sur le long terme.

Avec les nouvelles recommandations de l'OMS, le nombre de personnes éligibles à un traitement va considérablement augmenter.

« Ces nouvelles recommandations sont à la fois nécessaires et ambitieuses. Toutefois, leur mise en place va représenter un défi, poursuit le Dr Karunakara. L’heure n’est pas aux hésitations : il faut agir pour mettre en pratique les stratégies que nous savons être efficaces afin que le plus grand nombre de personnes obtienne le meilleur traitement possible, le plus rapidement possible. La mise en œuvre de ces recommandations par les pays et l’accélération de la mise sous traitement doivent avoir lieu sous les plus brefs délais. Pour cela, le soutien de la communauté internationale est nécessaire, y compris financier, à travers le financement des programmes de traitement du VIH de la part des pays donateurs et du Fonds mondial. »

L'expérience de MSF dans le traitement du VIH dans les pays en développement depuis 2000 a montré que, grâce à des stratégies de soins adaptées et des actions de soutien, il est possible de mettre à disposition d’un grand nombre de personnes des soins de qualité.

Les médicaments doivent être faciles à prendre et avoir un prix accessible, le suivi est essentiel et doit être couplé avec des activités de soutien à l’observance efficaces pour répondre à d’éventuels problèmes au cours du traitement. Les patients doivent être autorisés et encouragés à prendre des responsabilités dans la gestion de leurs soins.

Dans son travail, MSF est également confrontée à de nombreux patients encore exclus des soins. Une attention particulière doit être accordée aux pays oubliés dans la lutte contre la maladie.

« Dans des pays comme la République Centrafricaine, la République démocratique du Congo, la Guinée et le Myanmar, c'est comme si une montre s'était arrêtée il y a plus de dix ans, avec un nombre scandaleusement élevé de personnes qui meurent parce qu'elles n’ont pas accès à un traitement. Il faut également augmenter la couverture des populations les plus vulnérables des pays à forte prévalence, comme les populations rurales pauvres, les travailleurs du sexe, les enfants des rues et les prisonniers, entre autres », déclare le Dr van Cutsem.


MSF fournit actuellement un traitement antirétroviralARV à 285 000 personnes dans 21 pays à travers le monde.

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