Soudan du Sud : MSF évacue de nouveau son personnel international de Leer

L'hôpital MSF de Leer au Soudan du Sud incendié lors de l'attaque de la ville en janvier 2014. Michael Goldfarb/MSF
L'hôpital MSF de Leer au Soudan du Sud, incendié lors de l'attaque de la ville en janvier 2014. © Michael Goldfarb/MSF ©Michael Goldfarb/MSF

Médecins Sans Frontières (MSF) s’alarme des conséquences que pourrait avoir sur les civils et les structures médicales l’attaque imminente de la ville de Leer au Soudan du Sud. MSF a dû évacuer son personnel international et interrompre l’ensemble des services médicaux que l’organisation offrait à l’hôpital de Leer, en raison des violents combats dans l’état d’Unité.

« Nous ne pouvons qu’alerter sur la situation macabre qui règne aujourd’hui dans le sud de l’état d’Unité, déclare Pete Buth, directeur adjoint des opérations de MSF. Nous ne pouvons pas nous contenter d’attendre et d’observer alors que les populations civiles et les structures médicales sont de nouveau attaquées. Toutes les parties au conflit doivent immédiatement prendre des mesures pour garantir que les civils tout comme les personnels humanitaires, leurs structures et leurs véhicules, ne soient pas pris pour cible au cours des combats. »

L’année dernière, l’hôpital MSF de Leer – qui offre des soins à la communauté depuis 27 ans – a été incendié et pillé au cours de l’attaque de la ville. Le personnel local a dû fuir en brousse, en portant sur leur dos les patients dans un état très critique après que les véhicules MSF eurent été volés par les combattants.

« Nous espérons que les événements de janvier 2014 ne se répéteront pas : des milliers de personnes, dont nos collègues sud-soudanais qui avaient emmené avec eux des dizaines de patients, ont dû se cacher en brousse avec leurs familles, dit Paul Critchley, chef de mission MSF au Soudan du Sud. Quand nos collègues ont enfin pu rentrer plusieurs mois plus tard, ils ont trouvé l’hôpital incendié, le bloc opératoire détruit et nos stocks pillés. »

En conséquence, les patients ont été privés de soins, et les traitements en cours pour les maladies telles que le VIH/sida, la tuberculose ou le Kala Azar (leishmaniose viscérale) ont été interrompus. Les patients et le personnel MSF vivaient en plein air, avec seulement des racines et des fruits sauvages pour survivre, ils buvaient l’eau sale des marais, ce qui les rendait d’autant plus vulnérables au paludisme et aux maladies diarrhéiques.

En mars 2015, les équipes médicales MSF ont hospitalisé 264 patients à l’hôpital de Leer, elles ont reçu 6 473 patients en consultations externes et pris en charge 1 116 enfants souffrant de malnutrition en provenance de la ville de Leer et de ses alentours.

« Aujourd’hui, c’est à contrecœur que nous évacuons à nouveau notre personnel, car nous savons pertinemment à quel point les populations civiles souffrent lorsqu’elles sont privées d’une aide médicale vitale, déplore Paul Critchley. Nous appelons les groupes armés à un respect inconditionnel des patients, des hôpitaux et du personnel médical. »


MSF travaille dans la région qui constitue aujourd’hui la République du Soudan du sud depuis 1983 et mène actuellement 17 projets dans six des 10 états du pays à Agok, Aweil, Bor, Bentiu, Gogrial, Leer, Maban, Malakal, Melut, Mayom, Old Fangak, Lankien, Pibor, Wau Shilluk, Yambio, Yuai et Yida.

MSF répond aux urgences dont les déplacements massifs de populations, les afflux de réfugiés,  les crises nutritionnelles et les flambées épidémiques de rougeole, de diarrhée aqueuse aiguë et de kala azar. MSF vient aussi en aide aux réfugiés sud-soudanais dans la région, au Kenya, en Ouganda et en Ethiopie.

3 100 personnels sud-soudanais travaillent aujourd’hui avec les 340 internationaux déployés sur le terrain par MSF.

Dossier Soudan du Sud

► Consultez notre dossier détaillé sur l'urgence qui frappe le Soudan du Sud et les pays voisins.

Rapport

► Consultez le rapport « South Sudan Conflict : Violence Against Healthcare ».

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