République centrafricaine : un membre MSF tué lors d'une embuscade

Une route près de Bossangoa RCA. Juan Carlos Tomasi/MSF
Une route près de Bossangoa, RCA. ©Juan Carlos Tomasi/MSF ©Juan Carlos Tomasi/MSF

Médecins Sans Frontières condamne, dans les termes les plus forts, l'embuscade contre son équipe en République centrafricaine (RCA), au cours de laquelle un de ses employés a été tué.

Mercredi 18 mai 2016, un convoi MSF composé de deux véhicules bien identifiés avec du personnel et des patients a été arrêté par des hommes armés à Kouki, village situé à 82 kilomètres au nord de la ville de Bossangoa. L'équipe a été contrainte de quitter les véhicules, avant que les individus ne soient dépouillés. Un des chauffeurs a été tué au cours de l’incident, qui a duré plus de quarante minutes.

« Il est inacceptable que notre équipe médicale et ses patients aient été attaqués en fournissant des soins médicaux d’urgence dans la région, dit Michelle Chouinard, chef de mission MSF en RCA. Il est scandaleux que l'un de nos collègues ait été tué au cours d’un tel incident. L'équipe de MSF et ses patients ont été harcelés, ils ont reçu des menaces verbales et des coups de feu ont été tirés près de leurs têtes. »

A la suite de cet incident, MSF a été contrainte de suspendre ses activités médicales humanitaires dans la région. La suspension sera levée quand MSF recevra des garanties suffisantes pour la sécurité de son personnel et l'acceptation de ses activités médicales et humanitaires. « Les travailleurs humanitaires doivent être protégés dans l’exercice de leur mission dans les zones touchées par la violence », dit Chouinard.

MSF continue de recueillir des informations sur les circonstances de l'incident et ne fera aucun autre commentaire jusqu'à ce que tous les détails soient confirmés. MSF demande à la police et aux autorités locales de mener une enquête complète sur cet incident et que les agresseurs soient traduits en justice.
MSF est choquée et profondément attristée par cet incident, et transmet ses sincères condoléances à la famille de notre défunt collègue.

MSF a commencé à fournir des soins médicaux gratuits en République centrafricaine (RCA) en 1997, à un moment où les taux de mortalité dans certaines régions étaient cinq fois au-dessus du seuil d'urgence. Dans les années suivantes, la RCA a continué à faire face à une situation d’urgence médicale prolongée. La crise politique et un regain de violence qui ont secoué le pays depuis 2013 ont aggravé la situation médicale : 72 pour cent des établissements de santé du pays ont été endommagés ou détruits. En réponse à la récente crise, MSF a doublé la taille de son intervention médicale, et gère 17 projets dans le pays. Actuellement, un Centrafricain sur cinq est déplacé, soit au sein de la RCA ou au-delà des frontières du pays  (vivant en tant que réfugiés dans les pays voisins).


Complément d'information au 23 mai 2016 :

MSF rend hommage à un collègue dévoué, Arsène Bassanganam, tué lors d'une embuscade contre un convoi MSF en République centrafricaine (RCA), le mercredi 18 mai 2016.

« Nous sommes bouleversés par la perte de notre collègue Arsène, qui a été tué tout en apportant une aide médicale vitale aux personnes vivant dans des communautés isolées autour de Bossangoa, dit Michelle Chouinard, chef de mission MSF en RCA. Arsène a commencé à travailler en tant que chauffeur pour MSF en janvier 2014, lorsque la crise en RCA était à son paroxysme et une grande partie de la population de Bossangoa vivait dans des camps de déplacés. Malgré les dangers, il voulait continuer à aider sa communauté ».

Arsène est né et a vécu à Bossangoa. De 2000 à 2010, il travaillait comme chauffeur pour des entreprises commerciales. « Arsène était un chauffeur très assidu et faisait attention à toujours garder ses collègues sains et saufs. Il connaissait les routes de cette partie du pays par cœur. Il était un homme dévoué, courageux, honnête et discret. Il était aussi un représentant du personnel MSF : il était soucieux de toujours bien représenter ses collègues et de toujours aider son employeur ».

« Au nom de toute l’équipe MSF, nous adressons nos sincères condoléances aux amis et à la famille d'Arsène ». Arsène avait 45 ans et laisse derrière lui 12 enfants.

Les activités médicales et humanitaires dans la région demeureront suspendues jusqu'à ce que MSF reçoive des garanties suffisantes pour la sécurité de son personnel et l'acceptation de ses activités médicales et humanitaires. MSF demande à la police et aux autorités locales de mener une enquête complète sur cet incident et que les agresseurs soient traduits en justice.

Arsène BASSANGANAM

Arsène Bassanganam le 18 mai 2016. © MSF

EN SAVOIR PLUS

► Retrouvez notre dossier consacré à la crise frappant la République centrafricaine.

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