Plus de 100 000 personnes piégées par la reprise des combats dans le nord de la Syrie

Un camp de déplacés syriens dans le district d'Azaz. 17 mars 2016 Mahmoud Abdel rahman
Un camp de déplacés syriens, dans le district d'Azaz. 17 mars 2016 © Mahmoud Abdel-rahman ©Mahmoud Abdel-rahman

Dans le district d'Azaz, province d'Alep, en Syrie, la situation de plus de cent mille personnes piégées entre les lignes de front de l'organisation État islamique, le territoire contrôlé par des groupes kurdes et la frontière turque, est critique.

Depuis l'année dernière, la frontière syro-turque est fermée sauf pour les patients syriens gravement malades et devant être évacués, ainsi que pour certains travailleurs humanitaires bénéficiant d’autorisations spéciales.

Les combats de la semaine dernière ont obligé plus de 35 000 personnes à fuir les camps de déplacés soit parce que ces sites ont été pris par l'État islamique soit parce que les lignes de front se rapprochaient. Plus d'une centaine de milliers de personnes sont depuis massées dans les zones frontalières entre la Syrie et  la Turquie, des zones situées à seulement sept kilomètres des combats.

Du fait de la proximité des combats ou parce que le personnel médical à lui-même fui, plusieurs structures médicales ont dû fermer. L'hôpital de 52 lits de MSF situé dans le district nord d'Azaz reste quant à lui opérationnel et donne la priorité aux soins d’urgence.

« Encore une fois, nous voyons des dizaines de milliers de personnes obligées de fuir, sans lieu sûr où se réfugier, prises au piège de ce violent conflit, déclare Muskilda Zancada, chef de projet MSF en Syrie. Nos équipes médicales travaillent dans des conditions très difficiles et, étant donné la gravité de la crise, nous nous concentrons sur les activités médicales d'urgence majeure : la semaine dernière, nous avons pris en charge près de 700 patients en urgence, dont 24 blessés de guerre ».

Depuis le 10 avril, le personnel hospitalier a également assisté huit naissances, tandis que les équipes MSF ont distribué des biens de première nécessité, tels que des couvertures et des bâches, à plus de 3 400 personnes récemment déplacées.

MSF demande à nouveau que les civils et les structures de santé soient respectés. « Si les lignes de front continuent de se rapprocher et compte tenu de la façon dont cette guerre se déroule depuis le début, avec notamment des attaques délibérément menées à l'encontre des civils, nous sommes extrêmement préoccupés par la sécurité de la population », ajoute Muskilda Zancada.

MSF estime qu'il existe une énorme contradiction entre la situation qui prévaut actuellement dans le nord de la Syrie et les priorités actuelles de l'Union européenne (UE) en ce qui concerne le sort des réfugiés syriens. « Il est inacceptable que les efforts de l'UE se concentrent sur la façon de renvoyer les réfugiés syriens en Turquie et non sur la protection de ceux qui se pressent à la frontière syro-turque », dénonce Paul Marco, coordinateur des opérations de MSF dans la région.

MSF demande à l'Union européenne et à la Turquie de travailler ensemble pour trouver une solution humaine à cette situation d'urgence, qui puisse assurer la protection des personnes fuyant pour sauver leur vie. « L'UE et la Turquie ont une longue histoire en matière d'accueil. Aujourd'hui plus que jamais, nous avons besoin de voir cet engagement à faire respecter le droit des réfugiés de guerre se confirmer. »

MSF mène des activités dans six structures médicales situées dans le nord de la Syrie et soutient plus de 150 centres de santé et hôpitaux à travers le pays, dont beaucoup se trouvent dans les zones assiégées. L'hôpital de MSF dans le district d'Azaz a doublé sa capacité depuis février dernier, lorsque les combats ont conduit des milliers de personnes à fuir vers cette région.

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