Le choléra se propage dans les camps de déplacés de l’Etat de Borno, au nord-est du Nigeria

Le CTC de Maiduguri. MSF
Le CTC de Maiduguri. © MSF ©MSF

En collaboration avec les autorités sanitaires de l’Etat de Borno, MSF déploie une réponse médicale et logistique d’urgence et (re)lance un appel à la mobilisation d’autres organisations humanitaires et acteurs de l’aide.

Les premiers cas de choléra sont apparus il y a un mois dans un des camps de déplacés situés dans la zone de Maiduguri, capitale de l’Etat de Borno, qui compte 1,6 millions de personnes déplacées. En trois semaines, deux autres sites de regroupement de la ville étaient à leur tour touchés. Au 16 septembre, un bilan officiel faisait état de 172 malades et de 16 décès.

En collaboration avec les autorités sanitaires de l’Etat de Borno, Médecins Sans Frontières, qui travaille auprès des déplacés de Maiduguri depuis mai 2014, déploie une réponse d’urgence médicale et logistique afin de faire face à cette épidémie. Entre le 10 et le 15 septembre, 187 malades, dont 64% de cas sévères, étaient admis dans notre centre de traitement et d’isolement du choléra (CTC) d’une capacité de 100 lits. Dans la seule journée du 13 septembre, 50 patients y ont été admis. Les cas moins sévères sont quant à eux pris en charge dans des points ambulatoires de réhydratation orale. 

En parallèle de cette prise en charge médicale, MSF a initié, dès la fin août, des activités d’hygiène et d’assainissement (chloration des points d'eau, mise à disposition de solution chlorée pour le lavage des mains, désinfection "foyer" lorsqu’un cas y est identifié, etc.) dans le camp d’où provenaient les premiers cas de choléra. Nos équipes spécialisées sont depuis intervenues dans le deuxième camp touché où elles ont identifié un point d’eau contaminé. Mi-septembre, le même type d’intervention est initié sur le troisième site de regroupement concerné.

« A nouveau, seuls MSF et le Comité International de la Croix Rouge (CICR) sont à l’œuvre sur le terrain. Aucune autre organisation internationale n’est présente lors des situations d’urgence - pourtant récurrentes - dans l’Etat de Borno, et plus précisément dans la zone de Maiduguri où sont regroupées une immense majorité de personnes déplacées par le conflit qui, depuis des années, oppose l’armée nigériane et Boko Haram », déplore Ghada Hatim, chef de mission MSF au Nigeria.

« En septembre 2014, il y avait déjà eu une épidémie de choléra dans l’Etat de Borno. MSF avait alors pris en charge plus de 4 000 patients. Les conditions de vie et d’hygiène dans les camps étaient déjà et demeurent favorables à la flambée d’épidémies de ce type. Nous avons besoin de renforts. Nous avons déjà plusieurs fois appelé d’autres organisations humanitaires et acteurs de l’aide à venir eux-aussi porter assistance aux déplacés de l’Etat de Borno. Nous relançons aujourd’hui cet appel resté sans réponse », rappelle Chibuzo Okonta, responsable des projets d’urgence MSF à Paris.

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