L’urgence d’une aide alimentaire pour les réfugiés centrafricains dans le sud du Tchad

Sido dans le sud du Tchad. Samantha Maurin/MSF
Sido, dans le sud du Tchad. © Samantha Maurin/MSF ©Samantha Maurin/MSF

Les milliers de personnes qui ont fui les violences en République centrafricaine (RCA) et sont arrivées à Sido, dans le sud du Tchad, ont besoin d’une aide d’urgence. « Le Programme alimentaire mondial (PAM) et les autorités tchadiennes doivent intervenir de toute urgence pour distribuer de la nourriture à ces populations totalement démunies », déclare Sarah Chateau, chef de mission MSF au Tchad.

Après un périple épuisant à bord de convois dont la plupart ont été la cible d’attaques en RCA, les réfugiés trouvent à Sido, dans le sud du Tchad, des conditions d’hygiène et de vie plus que précaires. Le Programme alimentaire mondial (PAM) a distribué une seule fois de la nourriture aux réfugiés à Sido. C’était le 20 janvier, il y a plus de cinq semaines. « Plus de 8 000 réfugiés sont arrivés depuis et n’ont rien reçu à manger, à part quelques biscuits protéinés pour certains d’entre eux », observe Augustin Ngoyi, coordinateur du programme MSF à Sido.

La majorité des réfugiés de Sido vivent sous des abris de fortune ou sous des arbres pour les nouveaux arrivés, sans rien d’autre pour se protéger que leurs propres vêtements. Il n’y a que 20 latrines et quatre points d’eau pour les 13 200 réfugiés se trouvant aujourd’hui à Sido. Le paludisme représente près de 30% des pathologies observées au centre de santé MSF. En 16 jours, l’équipe MSF a donné 56 consultations à des enfants souffrant de malnutrition aiguë sévère.

Sur place, les autorités locales se démènent pour tenter de faire face à cette crise, mais elles manquent cruellement de moyens et de soutien. MSF est d’ailleurs la seule organisation internationale présente à Sido.

« A Sido, les réfugiés ont besoin d’une aide alimentaire d’urgence mais aussi de moustiquaires, d’abris et de latines. Les agences des Nations Unies, dont le PAM,  et les autorités tchadiennes doivent se mobiliser d’urgence », déclare Augustin Ngoyi.

Fin décembre 2013, le gouvernement tchadien a lancé une vaste opération d’évacuation de personnes exposées à la violence en RCA, par avion ou en convois escortés par son armée. Les autorités centrales ont déployé de gros moyens pour identifier les villes ou villages d’origine des personnes évacuées. Mais beaucoup n’ont que des papiers d’identité centrafricains et n’ont plus aucune attache avec le Tchad, ni de parents à qui demander de l’aide.

« L’opération d’évacuation menée par le gouvernement tchadien a permis de sauver de nombreuses vies. Tous ceux qui ont rejoint le Tchad, quel que soit le moyen de transport utilisé ou leur capacité à présenter un document d’identité, ont exercé leur droit fondamental à fuir les violences et les exactions en RCA, observe Sarah Chateau. Toutes ces personnes dont la majorité sont centrafricaines sont dans une situation de double vulnérabilité, elles doivent être secourues immédiatement sur le territoire tchadien. »

Au Cameroun où sont présentes des équipes MSF, les réfugiés centrafricains sont aussi une situation de détresse.
 

MSF a ouvert, mi-février, un centre de santé à Sido au Tchad et va mettre en place une unité d’hospitalisation avec un centre nutritionnel thérapeutique. A Bitoye, les équipes MSF donnent une centaine de consultations par semaine et ont fait une campagne de vaccination contre la rougeole, la méningite et la polio de près de 7 000 personnes, réfugiées et résidentes. A N’Djamena où se trouvent encore plusieurs milliers de réfugiés, des équipes mobiles de MSF dispensent des soins médicaux dans différents sites. Au-delà de ces urgences, MSF mène des projets réguliers à Abéché, Am Timan, Massakory, Moissala et Tissi.

DOSSIER SPECIAL RCA

► Retrouvez notre dossier consacré à la crise frappant la République centrafricaine.

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