Urgence Ebola en RDC : MSF renforce sa réponse face à l’épidémie

Prise en charge d'Ebola en RDC août 2009.
Prise en charge d'Ebola en RDC, août 2009. ©Luis Encinas/MSF

Les premières équipes de MSF arrivées il y a dix jours dans la zone de santé de Boende, en République démocratique du Congo, ont été renforcées ce mercredi par 17 spécialistes, médecins, infirmiers, logisticiens, pharmaciens, spécialistes en hygiène et assainissement. Dans les prochains jours, cette équipe aura pour mission de mettre en place un centre de prise en charge pour les patients présentant des symptômes d’Ebola, et de sensibiliser la communauté. En tout, ce sont 13 tonnes de matériel qui sont déjà parties vers Boende, tandis que 15 autres tonnes seront affrétées dans les jours qui viennent, soit 70m³ de matériel logistique et médical. MSF s’inquiète toutefois qu’il n’y ait pas encore de laboratoire mobile disponible.

Le centre de prise en charge des patients atteints d’Ebola sera mis en place par MSF à Lokolia, l’épicentre de l’épidémie. Ce centre doit présenter toutes les garanties en matière de contrôle de la transmission. « Un centre de prise en charge est organisé selon un circuit précis pour qu’il n’y ait aucun risque d’amener la maladie vers l’extérieur. Tout est contrôlé. Ce qui rentre dans la zone ne peut pas en sortir, ce qui demande de grands moyens logistiques », explique Jeroen Beijnsberger, coordinateur médical de Médecins Sans Frontières.

MSF s’inquiète toutefois de l’absence d’un laboratoire mobile sur place. « Nous avons pris plusieurs contacts ces derniers jours pour qu’on nous envoie un laboratoire mobile mais pour l’instant, aucun acteur n’a pu débloquer la situation. C’est un très gros problème pour nous », explique Jeroen Beijnsberger. En effet, le laboratoire mobile peut confirmer ou infirmer la présence d’Ebola dans le sang d’un patient suspect en quelques heures, ce qui permet aux patients non atteints de quitter rapidement le centre de prise en charge et d’éviter ainsi tout risque de contamination. Sans ce laboratoire, les patients suspects risquent de rester plusieurs jours dans le centre de prise en charge. A terme, c’est toute la structure MSF qui risque d’être engorgée et débordée par le nombre de patients. « Nous appelons tous les acteurs à se concerter pour trouver rapidement une solution, c’est la priorité à l’heure actuelle », insiste Jeroen Beijnsberger.

Enfin, les activités de sensibilisation sont capitales dès le début de l’intervention : « il faut que toutes les personnes de la communauté comprennent l’importance de se rendre au centre de prise en charge dès l’apparition des symptômes, c’est primordial pour elles et pour leurs proches ». Une prise en charge médicale adaptée peut en effet aider la personne à combattre le virus et augmenter ses chances de guérison : « dans notre structure, nous offrons des soins médicaux, des médicaments, nous réhydratons les patients et nous les nourrissons. C’est indispensable pour que le corps soit suffisamment vigoureux pour lutter contre le virus ». C’est également la seule manière de protéger la famille et les proches du patient d’une éventuelle contamination.

A quoi ressemble un centre de traitement de l'Ebola ?

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