Témoignage de Gaza

Une femme palestinienne assise au milieu des décombres de sa maison détruite par un raid israëlien le 30 décembre 2008 à Rafah au sud de la bande de Gaza.
Une femme palestinienne assise au milieu des décombres de sa maison détruite par un raid israëlien le 30 décembre 2008 à Rafah au sud de la bande de Gaza. ©REUTERS/Ibraheem Abu Mustafa

Un de nos médecins témoigne de la situation chaotique sur place : hôpitaux débordés, pénurie en médicaments et matériel médical, bombardements qui rendent extrêmement difficiles les déplacements des populations civiles vers les services d'urgence...
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Un de nos médecins témoigne de la situation chaotique sur place : hôpitaux débordés, pénurie en médicaments et matériel médical, bombardements qui rendent extrêmement difficiles les déplacements des populations civiles vers les services d'urgence...

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Ecoutez ici son témoignage daté du 30 décembre 2008 (en anglais)

« Aujourd'hui, à Gaza, les chiffres officiels font état de 365 morts et plus de 1 760 blessés. Ce sont les chiffres du ministère de la Santé, ici à Gaza. Ça comprend les enfants, les femmes et les personnes âgées. Quand un immeuble est bombardé, les voisins sont directement touchés. Les fenêtres qui se brisent dans l'explosion provoquent des coupures et blessent les enfants qui dorment.

L'hôpital Al Shifa est le plus grand hôpital de référence de la bande de Gaza. Au cours de ces dernières 24 heures, c'est l'hôpital qui a reçu le plus grand nombre de blessés et de morts. Ils ont reçu 500 blessés et à peu près 180 morts.

Les équipes ont mené 150 opérations chirurgicales en 24 heures, des opérations d'urgence pour sauver des vies. Tous les chirurgiens étaient occupés. La situation était complètement chaotique dans l'hôpital. Ils opéraient, stabilisaient les patients par terre. Ils utilisaient les couloirs pour avoir plus de place.


Il y a beaucoup de pénuries. Comme vous savez, le ministère de la Santé et beaucoup d'hôpitaux ici, à Gaza, souffrent de la pénurie de médicaments et de matériel médical depuis plus d'un an. Avec ce manque, depuis quelques jours, il n'y a plus de médicament pour sauver des vies ni de matériel médical.

MSF est en contact direct avec les services d'urgence, les services de chirurgie, les pharmaciens et tous les hôpitaux de Gaza. On a fait des donations à six hôpitaux, les six plus grands hôpitaux ici. On a donné des médicaments, du matériel, des kits de pansement et des kits pour brûlés.

A Shifa, la situation était complètement chaotique dans l'hôpital. Ils opéraient, stabilisaient les patients par terre. Ils utilisaient les couloirs pour avoir plus de place.

C'est très difficile parce qu'il y a aussi des problèmes de transports. Nous avons informé les hôpitaux que nous avions un programme dans une clinique prête à recevoir des patients qui ont besoin de soins post-opératoires, médicaux ou infirmiers. Malheureusement, beaucoup de patients nous ont appelé parce qu'ils ont des problèmes de transports. Ils n'arrivent pas à rejoindre notre clinique.

Actuellement, il n'y a pas de mouvement dans les rues de Gaza, les voitures ne circulent pas, les gens ont peur de bouger. Mais malgré ces difficultés nous avons eu quand même des patients que nous avons reçus aujourd'hui en soins post opératoires et, j'espère que dans les 24 heures, nous pourrons envoyer nos voitures pour nous rendre au domicile des patients.

Après le coucher du soleil, les personnes ne sortent plus de chez elles. C'était un gros problème durant ces trois derniers jours parce que les gens ne pouvaient pas aller à l'hôpital pour une urgence. Et même s'ils y allaient pour une urgence « normale », les hôpitaux ne les acceptaient pas parce qu'ils se concentrent uniquement sur les soins aux victimes des raids et des bombardements.

J'ai rencontré des médecins, chirurgiens, infirmières exténués. On peut voir l'épuisement sur leur visage. Ils sont abattus. Ils ont aussi leur vie, leur famille. On peut sentir le découragement, le choc, la peur et la tristesse en chaque personne dans la bande de Gaza. Je l'ai vu aujourd'hui sur les visages des chirurgiens, des infirmières, des patients,.. de tout le monde.

Tout le monde ici à Gaza se prépare parce qu'après 9 heures, le bruit commencera, les maisons trembleront, les fenêtres se briseront comme chaque nuit. »

Ecoutez ici son témoignage daté du 30 décembre 2008 (en anglais)

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