Retour de la violence à Pinga, dans l’est de la République démocratique du Congo

La zone de santé de Pinga est à nouveau le théâtre d'affrontements entravant l'accès au soins pour la population
La zone de santé de Pinga est à nouveau le théâtre d'affrontements, entravant l'accès au soins pour la population ©MSF

Au cours des derniers jours, Pinga, située dans la province instable du Nord-Kivu en République démocratique du Congo (RDC) a été le théâtre de lourds affrontements, qui ont grandement compliqué le travail de Médecins Sans Frontières. Des milliers d’habitants ont fui la ville pour se réfugier dans la forêt aux alentours, et onze membres du personnel congolais de MSF sont portés disparus.

Après la première vague d’attaques fin avril, une grande partie de la population a pris la fuite dans la forêt qui jouxte la ville. D’autres ont cherché refuge à l’hôpital municipal, mais des hommes armés les ont forcés à ressortir. Des maisons ont été pillées et brûlées, et un combattant a été décapité, ce qui a provoqué un vent de panique dans la ville. On dénombre onze membres du personnel congolais de MSF qui ne se sont pas présentés à leur travail et sont actuellement portés disparus.

 

MSF s’inquiète beaucoup que des civils fassent régulièrement les frais de cette violence. Il s’agit de la huitième fois que Pinga change de mains depuis 2012, déclare Jan Peter Stellema, responsable des opérations à Goma pour MSF. De nombreux patients ont dû être transférés à Goma pour y être opérés d’urgence. Parmi eux, une septuagénaire a reçu une blessure par balle au bras.

Une équipe MSF, qui soutenait l’hôpital municipal l’année dernière, continue de diriger une importante clinique dans la ville et a parfois été en mesure de franchir les lignes de combat pour venir en aide à des dispensaires de la région. Toutefois, l’accès reste extrêmement difficile à négocier avec les multiples groupes armés et alliances qui œuvrent dans ce secteur. Des centres de santé ont été pillés et des équipements médicaux détruits.

Cela peut être un véritable défi de prodiguer des soins lorsque les structures médicales ne sont pas respectées. Le personnel de santé n’est pas suffisant. Les gens ont pris la fuite et ceux qui sont restés ont peur d’être victimes de violence. Les habitants sont forcés de payer des taxes illégales ou de recruter certaines personnes, explique Jan Peter Stellema.
 

Informations additionnelles en date du 9 mai 2013 :

Les onze membres congolais du personnel MSF qui étaient portés disparu depuis le 28 avril, ont depuis été retrouvé sains et saufs. « Deux membres du personnel ont marché pendant 160 kilomètres et sont arrivés à Goma il y a quelques jours », a déclaré Hugues Robert, chef de mission de MSF. La provision des services médicaux reste difficile, car beaucoup de personnel de santé ont fui ou sont épuisés et débordés mais MSF continue à mener son travail médical à Pinga.
 

Dans la province du Nord-Kivu, MSF continue de fournir, malgré les conditions difficiles, des soins de qualité dans quatre hôpitaux de référence, 12 centres médicaux et quatre postes de santé. Au Sud-Kivu, elle gère quatre hôpitaux de référence, 19 centres médicaux et cinq postes de santé. De plus, en fonction des besoins, elle mène des interventions d’urgence, des activités dans des centres de traitement du choléra, et via des cliniques mobiles hebdomadaires.

À lire aussi