Fonds d’urgence COVID-19

Donnez à nos équipes les moyens de faire face à l’épidémie et à ses conséquences sur nos terrains d’intervention.

Je donne

RD Congo : les civils piégés par les violences permanentes dans l'est du pays

RD Congo Nord Kivu novembre 2009.
RD Congo, Nord Kivu, novembre 2009. © Martin Beaulieu

Pendant l'année 2009, les civils ont constamment subi des violences perpétrées par différents groupes armés dans l'est de la République démocratique du Congo (RDC).

Des centaines de personnes ont été tuées, des milliers de femmes, d'enfants et d'hommes parfois aussi ont été violés et des centaines de milliers de personnes ont dû fuir leur maison.

La guérilla a remplacé les affrontements armés au Nord-Kivu, où les combattants sèment la terreur en pillant et brûlant les maisons, à titre de représailles contre ce qui est perçu comme un soutien de certaines communautés à différentes factions.

En 2008, les combats opposaient principalement les FARDC (Forces armées de la RDC) et les rebelles du Congrès national pour la défense du peuple (CNDP). Le conflit a évolué en 2009 lorsque les armées congolaise et rwandaise ont lancé une offensive pour pourchasser les rebelles rwandais des Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR), au Nord et Sud-Kivu.

L'armée congolaise a reçu un soutien logistique de la MONUC, la Mission des Nations Unies en RDC.


En octobre, alors que les équipes de Médecins Sans Frontières (MSF) vaccinaient des milliers d'enfants contre la rougeole
, en appui au ministère congolais de la Santé, sur sept sites se trouvant dans des territoires contrôlés par les FDLR dans la région de Masisi, l'armée congolaise a ouvert le feu, obligeant les civils et les travailleurs humanitaires à courir se mettre à l'abri.

Cette attaque s'est produite malgré les garanties de sécurité données par toutes les parties pour travailler dans la région. Des milliers de personnes ont été contraintes de fuir dans des endroits inconnus et MSF a dû évacuer ses équipes et les transférer à Goma, la capitale régionale.

MSF a immédiatement dénoncé cette offensive militaire. « Nous avons l'impression d'avoir servi d'appât, a déclaré Luis Encinas, chef des programmes MSF en Afrique centrale. L'armée a abusivement utilisé l'action humanitaire pour poursuivre des objectifs militaires. » La campagne de vaccination de MSF s'est poursuivie dans d'autres zones et 165 000 enfants ont été immunisés.

Malgré l'insécurité croissante dans l'est du Congo, MSF a continué de dispenser des soins médicaux à des centaines de milliers de personnes, dans le cadre de l'un de ses projets les plus importants de 2009, qui comprenait des dispensaires mobiles, des campagnes de vaccination, des programmes de lutte contre le choléra, des distributions de biens de première nécessité, des programmes hospitaliers et la prise en charge des victimes de violences sexuelles.

MSF qui est la seule organisation humanitaire internationale à faire de la chirurgie au Nord-Kivu effectue en moyenne 14 actes chirurgicaux d'urgence par jour dans l'hôpital de Rutshuru. De novembre 2008 à octobre 2009, MSF a donné 528 850 consultations médicales, soigné 10 160 enfants malnutris, traité 4 900 malades du choléra et pris en charge 5 330 victimes de violences sexuelles dans l'est de la RD Congo.

Par ailleurs, les habitant du Haut-Uélé et du Bas-Uélé, dans le nord de la RDC, ont été pris dans une terrible spirale de violence liée aux attaques perpétrées par l'Armée de résistance du Seigneur (LRA), un groupe rebelle ougandais, et aux contre-offensives congolaise et ougandaise.

Les civils se retrouvent également confrontés à une augmentation du banditisme. Des centaines de milliers de personnes ont été déplacées au cours de l'année écoulée. Les attaques qui se poursuivent poussent des milliers de personnes à fuir pour trouver un abri et plus de sécurité dans les villes. La population de la ville de Doruma a triplé. Les villes de Gangala et de Banda accueillent chacune plus de 20 000 personnes déplacées qui ne bénéficient d'aucune aide. Ces villes sont devenues des enclaves au milieu de zones et de villages désertés.

MSF, l'une des rares organisations humanitaires présentes, qui dispense aux milliers de déplacés des soins chirurgicaux, des traitements contre la malnutrition, des soins psychologiques et des soins médicaux de base, a exhorté les ONG à agir en renforçant leur présence dans les zones rurales les plus touchées par cette extrême violence. L'augmentation de la violence a obligé MSF à suspendre son programme de traitement de la maladie du sommeil, une maladie mortelle.

L'Ituri, une région devenue plus calme ces dernières années, a été le théâtre d'un regain de violences et de tensions entre les Forces de résistance patriotique de l'Ituri (FRPI) et les FARDC, provoquant le déplacement de 50 000 personnes. MSF est la seule ONG présente dans la région à apporter des secours.

Dans les autres régions, le système de santé national reste dans un piètre état et laisse de nombreux Congolais exposés aux maladies. Au cours de l'année, les équipes de MSF ont continué à dispenser des soins de santé gratuits et ont répondu à des épidémies d'Ébola, de choléra et de rougeole. Dans tout le pays, les équipes de MSF ont vacciné plus de 500 000 enfants contre la rougeole en 2009.

 

À lire aussi