Partenariat avec le CHU de Brest : des internes en mission avec Médecins Sans Frontières

Clément lors de sa mission au Congo Brazzaville.
Clément, lors de sa mission au Congo-Brazzaville. ©Clément Cogneau

Le 12 septembre 2013, MSF, l’Université de Bretagne Occidentale et le CHRU de Brest officialisaient un partenariat qui permettra à des internes de médecine générale de compléter leur formation en effectuant des missions avec Médecins Sans Frontières.

Clément Cogneau est le premier interne à avoir bénéficié de ce partenariat. Il a effectué une mission de six mois à Bétou, au Congo Brazzaville. Il revient sur son expérience.

Pourquoi ce choix de partir à l’étranger pour un semestre de médecine, a fortiori avec MSF ?

Lorsque j’étais en sixième, j’ai dit à mes parents : « Quand je serais grand je veux être médecin sans frontières ». Du coup quand j’ai appris le partenariat entre la Fac et MSF, j’ai sauté sur l’occasion. Je voulais vraiment partir à l’étranger. J’ai toujours aimé partir à la rencontre de nouveaux peuples, découvrir d’autres cultures, une nouvelle façon de pratiquer la médecine. C’est vraiment quelque chose qui m’intéresse. Je pense qu’on ressort forcément grandi d’une telle expérience.

Qu’est ce que tu retiendras de ta mission ? Une anecdote marquante ?

Beaucoup de choses m’ont marqué. Mais, c’est sans doute la joie de voir les enfants malnutris sourirent quand ils commencent à retrouver leurs forces. En règle générale, les enfants, quand ils sont dénutris et qu’ils ne sont pas bien, ils ne sourient jamais, tu as beau essayer de les faire rire, ils ne sourient pas. Quand ils commencent à guérir, tu les vois qui se remettent à sourire et ça, c’est quelque chose qui m’a profondément touché. C’est là que je me disais : c’est gagné, on l’a sauvé.

En quoi avoir travaillé avec MSF va t’aider pour ton métier futur de médecin généraliste en France ?

Clairement, travailler avec MSF, dans ces conditions, avec beaucoup moins de moyens techniques que ce qu’on peut trouver en France, m’a permis de développer mon sens clinique au sens pur. C’est-à-dire utiliser mes yeux, mes mains, mes oreilles. Je n’ausculte plus du tout mes patients de la même manière. Quand un patient arrive dans mon cabinet, je comprends certaines choses que je n’aurais jamais vues avant. Dorénavant, il est certain que j’essayerai de prescrire des examens complémentaires et des médicaments à bon escient.


La naissance d'un partenariat, premier du genre

En 2010, le Dr Claire Rieux, Vice-présidente de MSF, parraine la nouvelle promotion d'étudiants en médecine à la Faculté de Brest. C’est le point de départ de relations entre MSF, l’Université de Bretagne Occidentale et le CHRU de Brest. Pendant deux ans, les échanges s’intensifient pour construire le projet. Ils impliquent MSF, la Faculté de Médecine et l'UBO (Université de Bretagne Occidentale), le CHRU de Brest (qui organise les stages des internes) et l'Agence Régionale de Santé (qui finance les stages d'internes). L’idée est d’intégrer des missions de 6 mois avec MSF au cursus des internes de Médecine Générale.

En pratique, les internes de médecine générale qui postulent à l’Université de Brest doivent avoir validé leurs stages de pédiatrie, gynécologie, urgences… Ils sont ainsi déjà capables de gérer des situations "classiques". Dans le cadre de ces missions, ils sont en stage, entourés par une équipe médicale et paramédicale avec qui ils travaillent au quotidien. Ils ont la possibilité de recourir à des spécialistes en cas de difficultés particulières.

À lire aussi