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Pakistan : MSF renforce sa présence à Mardan et Lower Dir

Consultation MSF au complexe médical de Mardan en juin 2009.
Consultation MSF au complexe médical de Mardan, en juin 2009. © Marta Ramoneda

En dépit du retour de certains déplacés dans la vallée de Swat et dans le district de Buner, MSF renforce son soutien aux districts de Mardan et Lower Dir, confrontés à une augmentation sensible de cas de diarrhées aiguës.
 

Fuyant le conflit entre l’opposition armée et l’armée pakistanaise dans la vallée de Swat, plus d’un million de personnes avaient trouvé refuge dans les districts de Mardan, de Charsadda et de Peshawar.

Pour aider les structures de santé confrontées à cet afflux massif de déplacés, MSF a mobilisé, fin mai, ses équipes pour renforcer les capacités du complexe médical universitaire de Mardan et soutenir le centre de soins rural de Takht Bhai.

Inquiétudes sur les retours. Près de trois mois après, le mouvement de population s’est timidement inversé.

Des camps ont été fermés et un tiers des déplacés sont rentrés, recevant un soutien matériel et financier de la part du HCR (Haut commissariat aux Nations Unies pour les réfugiés) et des autorités, et soulageant un peu du poids de leur présence les habitants du district.

 


Pour autant, la situation des populations sur le retour nourrit de sérieuses inquiétudes. Si les conditions de sécurité se sont améliorées dans les centres urbains de la vallée de Swat, du Lower Dir et de Buner, les informations recueillies par MSF témoignent d’une insécurité persistante dans les endroits les plus isolés, au risque d’exposer à nouveau les habitants à la violence, et de les voir rebrousser chemin.

De nombreux cas de diarrhées aiguës. Au-delà de ces craintes et en dépit du retour partiel des populations déplacées par la guerre, la situation qui prévaut dans le complexe médical de Mardan ne connaît pas d’amélioration, au contraire.

Le nombre de patients déplacés n’a pas faibli dans la structure de santé où travaille MSF, et les habitants de la région sont de plus en plus nombreux à venir s’y faire soigner. Ces trois dernières semaines, nos équipes ont par ailleurs constaté une forte augmentation des cas de diarrhées aiguës sévères, dans cette région où le choléra est endémique.

L’OMS (Organisation mondiale de la Santé) a réalisé des prélèvements mais n’a pas officialisé les résultats. Sans attendre, MSF a ouvert en urgence une structure de santé temporaire, d’une capacité qui devrait rapidement atteindre une centaine de lits.

Des structures identiques mais de taille plus modestes ont également été ouvertes dans les hôpitaux de Timurgara et de Summerbagh, dans le district du Lower Dir.

« En un mois d’activité, nous sommes passés d’une trentaine de cas pris en charge au cours de la première semaine à 127 la semaine dernière », s’inquiète Fabien Schneider, chef de mission de MSF au Pakistan.

Des facteurs aggravants. Si la pression démographique aggrave le risque épidémique et les difficultés sanitaires, des pluies diluviennes se sont également abattues, depuis le 16 août, sur les districts de Mardan et de Swabi, entraînant des inondations et le déplacement de plusieurs dizaines de milliers d’habitants.

Pour venir en aide aux sinistrés des zones les plus isolées, les équipes MSF se sont mobilisées et ont déjà porté secours à 150 familles jusque-là privées d’assistance. Mardan n’est pas la seule région touchée par les diarrhées aiguës: la maladie affecte également le district limitrophe de Nowshera, où un village enregistrait récemment une forte létalité.

Une autre organisation présente dans le district s’est mobilisée, et l’hôpital de Nowshera se charge de référer les patients verss le complexe médical de Mardan. Le 18 août, 553 cas avaient été pris en charge par les équipes  de MSF dans les différents centres d’isolation et de traitements.

 

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