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Méditerranée : les équipes MSF interviennent suite au naufrage qui a coûté la vie à plus de 60 personnes dans le sud de l’Italie

Des personnes à bord du Geo Barents, navire de recherche et de sauvetage MSF, dans le port d'Ancône dans le nord de l'Italie. Le navire a été immobilisé par les autorités italiennes. 17 février 2023. 
Des personnes à bord du Geo Barents, navire de recherche et de sauvetage MSF, dans le port d'Ancône dans le nord de l'Italie. Le navire a été immobilisé par les autorités italiennes. 17 février 2023.      © MSF/Mohamad Cheblak

Les équipes MSF sont intervenues à Crotone, dans le sud de l’Italie, auprès des rescapés du naufrage qui a coûté la vie à plus de 62 personnes, dont 12 enfants, dimanche 26 février. Le Geo Barents, navire de recherche et de sauvetage de l’association, est quant à lui immobilisé depuis le vendredi 24 février dans le port d’Ancône, dans le nord de l’Italie. MSF appelle une fois de plus l'Union Européenne à mobiliser des moyens de recherche et de sauvetage et demande au gouvernement italien de cesser de criminaliser l’aide aux personnes en détresse en mer Méditerranée.

Un bateau de pêche en bois, qui transportait environ 180 personnes, s’est échoué à quelques centaines de mètres de la côte à Crotone, une ville de Calabre, ce dimanche matin.  Il a probablement heurté un rocher, en raison des forts courants qu’il y avait dans la zone. Principalement originaires d’Afghanistan, d’Iran et du Pakistan, les personnes à bord avaient quitté la Turquie le 21 ou le 22 février.

Parmi les survivants, plus de 20 personnes ont été hospitalisées, l'une d'entre elles nécessitant une prise en charge en soins intensifs. En accord avec les autorités italiennes, les équipes MSF ont apporté des premiers secours psychologiques aux rescapés, pour la plupart afghans. 

« Ils sont bouleversés. Ils étaient beaucoup à voyager en famille et tout le monde a perdu quelqu’un, explique Maria Eliana Tunno, psychologue MSF. Un garçon de 16 ans a perdu sa grande sœur. Il n’a pas encore osé le dire à ses parents, qui n’ont pas fait le voyage avec eux. C’est pour elle que la fratrie avait fui l’Afghanistan, nous a-t-il raconté. Elle pensait qu’elle avait plus d’avenir en Europe que dans son pays. »

Un garçon de 12 ans a perdu tous les membres de sa famille dans le naufrage. Un autre adolescent, qui a perdu ses parents, a dû être hospitalisé et un enfant de 6 ans est mort d’hypothermie 4 heures après l’accident. « Aucune politique de refoulement, aussi coûteuse ou dangereuse soit-elle, ne peut empêcher des personnes qui fuient la guerre, la persécution ou la pauvreté, de chercher un endroit sûr pour vivre en sécurité  », déplore Sergio di Dato, coordinateur de projet chez MSF. Il est indispensable que l’Italie et l’Union européenne mettent en place un système de recherche et de sauvetage à la hauteur des besoins, intégrant des patrouilles actives avec une coordination de tous les acteurs en mer.

Cet événement tragique est survenu dans un contexte où le gouvernement italien accentue sa politique répressive à l'égard des opérations de sauvetage en Méditerranée. Le Geo Barents, affrété par MSF, est ainsi immobilisé administrativement dans le port d’Ancône, dans le nord de l’Italie, depuis le 24 février. Les autorités italiennes ont prétexté un défaut de transmission d’information de la part des équipes MSF pour imposer cette immobilisation, d’une durée de 20 jours, assortie d’une amende d’un montant pouvant atteindre 10 000 euros. 

« Les entraves aux opérations de recherche et de sauvetage menées par les ONG sont en train de devenir une routine. Cette dernière mesure administrative, en visant le Geo Barents, met en péril la vie des personnes qui traversent la méditerranée centrale, explique Juan Matías Gil, coordinateur des opérations de secours MSF. Par le passé, nous avons déjà eu à subir des mesures similaires, telles que des inspections et des immobilisations prolongées, imposées dans le seul but de bloquer nos opérations et de nous empêcher de sauver des vies. »

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