Maxime Stenuit : du Proche-Orient à Cherbourg avec MSF

Portrait Mazxime Stenuit
Portrait Mazxime Stenuit ©JCNougaret/MSF

Pour ce polyglotte, diplômé en sciences politiques et management, entre un poste d’assistant chef de mission pour la crise syrienne et une mission de médiateur pour recruter des donateurs dans l’ouest de la France, il n’y a qu’un pas. Rencontre avec un jeune homme solidaire.

Pourquoi l’humanitaire ?
Je me suis engagé dans l’humanitaire par altruisme. J’ai toujours été attiré par l’associatif, dès le lycée. J’avais la volonté de faire quelque chose pour les autres, de trouver une activité qui fait sens au quotidien.

Pourquoi MSF ?
Parce que je ne voulais pas m’engager dans n’importe qu’elle organisation humanitaire. MSF et le CICR étaient les deux associations qui me paraissaient faire le travail de meilleure qualité. L’autre raison du choix de MSF c’est son indépendance. Et c’est pour cette indépendance que j’ai aussi voulu descendre dans la rue, pour faire du face à face et recruter des donateurs. Avec ses plus de 550 000 donateurs et ses près de 96% de fonds privés, la collecte de fonds privés est la clef de notre indépendance.

Comment s’est déroulée ta mission de médiateur ?
Nous avons tourné, en septembre 2014, entre Nantes, Lisieux, Elbeuf, Cherbourg… C’est un travail difficile. Ce n’est pas évident d’arrêter les gens dans la rue. Mais quand le contact est établi, que le dialogue s’installe, alors c’est un vrai plus d’avoir fait du terrain pour MSF.

C’est facile de convaincre ?
Un des avantages c’est que peu de personnes découvrent MSF, nous sommes très connus et on a une bonne image. Les gens savent que nous faisons des soins médicaux d’urgence, c’est un ressort essentiel.
Bien sûr, il y a des résistances au prélèvement comme modalité de soutien, mais jamais sur le fond. Je n’ai jamais rencontré d’opposition sur nos actions médicales et humanitaires.
Et puis, le face à face convient bien à ma personnalité. Il faut aimer provoquer, apostropher, discuter et c’est toujours différent d’un contact à l’autre.
Les deux jours de formation au face à face m’ont été utiles, même si je travaillais déjà avec MSF. Comprendre et connaître l’association est nécessaire pour être des « ambassadeurs de marque » efficaces ! Et pour le reste de l’équipe, c’était aussi un plus d’avoir un volontaire de retour de mission.

Parle-nous des gens que tu as rencontrés / recrutés ?
Des Français de 18 à 90 ans, des hommes et des femmes bien sûr. La majorité des gens que j’ai convaincus étaient déjà donateurs pour d’autres ONG et ce n’est pas toujours les plus aisés qui donnent le plus. Mais inversement, je comprends que, quand on touche une modeste retraite, c’est compliqué de faire un don à une association.
Un jour j’ai eu une longue discussion avec un monsieur de 90 ans. Il avait été instituteur et était très curieux de notre action. Son regard sur le monde était passionnant. J’ai aussi croisé des jeunes de 18 ans, qui n’avaient pas encore de revenu mais tenaient à prendre quand même un prélèvement d’un 1 € par semaine, pour nous soutenir.

C’est quoi la suite pour toi ?
J’ai beaucoup aimé le face à face. C’est très intéressant quand on fait du terrain avec MSF, de voir d’où vient l’argent, comment il est géré, qui sont nos donateurs et que cela représente un vrai engagement pour eux.
L’équipe était super et il y avait une bonne ambiance. C’était sympa d’aller de ville en ville. Pour moi, qui suis originaire d’Annecy, ça m’a permis de découvrir des coins de France où je n’avais jamais mis les pieds.
Mais maintenant je vais repartir sur le terrain, au Moyen-Orient. Comme je suis arabisant MSF m’envoie plutôt dans cette région, mais j’aimerai bien découvrir d’autres pays d’intervention.

Pour en savoir plus sur les missions de médiateurs.

À lire aussi