Mali : les projets MSF après deux semaines de combats

Deux semaines après le début des opérations militaires au nord Mali MSF continue de travailler dans les régions de Mopti Gao et Tombouctou. Hier matin une équipe médicale de MSF a pu se rendre à Konna une ville située dans la zone charnière de co
©Barbara Sigge

Deux semaines après le début des opérations militaires au nord Mali, MSF continue de travailler dans les régions de Mopti, Gao et Tombouctou. Hier matin, une équipe médicale de MSF a pu se rendre à Konna, une ville située dans la zone charnière de contact entre Nord et Sud du pays. Près de 6 000 nouveaux réfugiés ont été enregistrés en Mauritanie, au Niger et au Burkina Faso.

Accès à Konna. Partie hier matin de Mopti, une équipe médicale MSF composée de quatre personnes, 2 médecins et 2 infirmiers, a pu se rendre dans la localité de Konna, dans le centre du pays. Depuis plusieurs jours, MSF demandait l’accès à cette ville, sans succès.

L’équipe est en train d’évaluer les besoins médicaux et humanitaires de la zone, et s’est rendue au centre de santé de Konna. Dans la ville, les structures de soins étaient désertées, tant par le personnel médical que par les patients. Dès leur arrivée, l’équipe a commencé à dispenser des consultations de soins de santé primaires et organiser des cliniques mobiles pour répondre aux besoins de santé des populations. Dans les jours à venir, MSF pourra être en mesure de soutenir le centre de santé de Konna.

Plus au Nord, à Douentza, MSF continue ses activités à l’hôpital de la ville. Au moment des bombardements, le personnel médical est resté dans l’hôpital jour et nuit. Environ 450 consultations ont pu être dispensées au cours de la semaine dernière. Aujourd’hui, la priorité est de renforcer les activités, notamment en prenant en charge d’éventuels blessés ainsi que d’autres patients nécessitant une intervention chirurgicale, comme les césariennes. MSF espère ainsi pouvoir rejoindre au plus vite la ville de Douentza dont l'accès n’est toujours pas possible et ravitailler ainsi son équipe présente sur place.

Un hôpital fonctionnel à Tombouctou. Les activités médicales continuent de fonctionner, notamment en pédiatrie, en maternité, au niveau des urgences et de la chirurgie. Au cours des dix derniers jours, MSF a reçu une trentaine de blessés à l’hôpital de Tombouctou. Dans cette région, la priorité est de pouvoir renforcer les possibilités d’hospitalisation, et de se préparer à la prise en charge de tout type de violence. Du matériel médical et des médicaments ont également été acheminés dans les centres de santé soutenus par MSF et situés dans la région de Tombouctou.

Présent dans cette zone depuis plus de dix mois, MSF maintient un volume d’activité important, même si la fréquentation des structures médicales a baissé au cours des derniers jours. Au cours de l’année 2012, MSF a pu dispenser 50 000 consultations, dont environ un tiers pour des cas de paludisme, effectuer 1 600 hospitalisations et plus de 400 actes chirurgicaux.

Activités en cours à Gao. MSF est présent dans trois centres de santé dans et autour de Gao, plus précisément dans les localités de Wabaria, Chabaria et Sossokoria. Dans chaque centre, les équipes médicales dispensent environ 60 à 65 consultations par jour, un volume d’activités qui s’est jusqu’à présent maintenu malgré l’intensification du conflit. Avec les bombardements, MSF a stoppé momentanément son activité de clinique mobile visant à faciliter l’accès aux soins des populations.

Plus au sud, à Ansongo, MSF est présent à l’hôpital et assure des soins primaires et secondaires. La priorité des équipes dans cette région est de pouvoir renforcer les activités de chirurgie pour être prêt en cas d’afflux de blessés, et sécuriser l’acheminement en matériel et médicaments.

Inquiétudes pour les populations déplacées. A l’intérieur du Mali, l’insécurité, les difficultés de mouvement et de communication compliquent l’évaluation du nombre de personnes déplacées et l’évaluation de leur état de santé.

En dehors des frontières du pays, plus de 6000 personnes ont fui depuis le 11 janvier dernier pour se réfugier notamment en Mauritanie et au Niger. Ces nouveaux déplacés viennent s’ajouter aux quelques 340 000 personnes déjà déplacées ou réfugiées recensées par les Nations Unies depuis un an.
 

Complément d'information au 27 janvier :

Une équipe MSF, composée d'un chirurgien, d'un médecin, d'une infirmière et d'un coordinateur, a pu se rendre samedi à Douentza, une ville dans le centre du Mali. Là, ils ont rejoint une autre équipe MSF, présente avant les bombardements, et qui a vécu jour et nuit à l'hôpital au plus fort du conflit. Au cours des trois derniers jours, ils ont dispensé plus de 500 consultations.

Dans les prochains jours, MSF espère pouvoir reprendre ses activités de clinique mobile pour prendre en charge plus de patients et évaluer l'état de santé des populations.
 

Au Mali, les équipes de MSF travaillent dans les régions de Mopti, Gao et Tombouctou, ainsi que dans le sud du pays avec des activités nutritionnelles menées dans la région de Sikasso, et auprès des Maliens réfugiés dans les pays limitrophes, au Burkina Faso, en Mauritanie et au Niger.

Carte des activités de MSF

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