Libye : MSF continue de recevoir des blessés à Misrata

A l'hôpital Qasr Ahmed à Misrata en Libye  Juin 2011
A l'hôpital Qasr Ahmed à Misrata, en Libye - Juin 2011 ©Eymeric Laurent-Gascoin / MSF

Plus de cinq mois après le début du conflit en Libye, les lignes de front se sont éloignées à plusieurs kilomètres de Misrata. Pourtant, les bombardements rythment la vie quotidienne d’une ville en grande partie isolée, et les équipes MSF continuent de recevoir des blessés.

Le samedi 30 juillet en fin d’après-midi, dix personnes blessées sont arrivées en moins d’une heure à l’hôpital Qasr Ahmed, où des chirurgiens MSF ont aidé le personnel médical local. Parmi les victimes, deux personnes ont été sévèrement blessées, l’une souffrant de lourdes brûlures corporelles et une autre directement amenée en salle d'opération a été amputée de la jambe. Les chirurgiens de MSF ont travaillé jusqu'à 1h30 du matin pour soigner tous les blessés. Depuis, les blessés arrivent de façon quasi quotidienne à l’hôpital Qasr Ahmed, dont le personnel travaille avec le soutien de deux chirurgiens MSF, deux infirmières de bloc opératoire et un anesthésiste. Au cours des deux derniers mois, l’équipe MSF mobilisée sept jours sur sept et 24 heures sur 24 a ainsi réalisé plus de 200 interventions chirurgicales, essentiellement dues à la guerre.

Dans l’hôpital d’Al Noor situé au Nord-Ouest de Misrata en direction du front Nord, MSF a ouvert une unité de quatre lits de soins intensifs et assure la fourniture de médicaments et de matériel médical au bloc opératoire. Un médecin, un anesthésiste et deux infirmières forment le personnel de l'hôpital aux situations d’urgence avec de nombreux blessés.

Combler les manques
La chirurgie de guerre étant actuellement la priorité pour le personnel médical libyen, ceci crée des écarts significatifs dans d'autres secteurs de soin, comme l’obstétrique et la pédiatrie. Un équipe MSF composée d’un gynécologue, d’une infirmière bloc et d’une puéricultrice vient en aide à l’hôpital de soins maternels et pédiatriques de Ras Tubah. Plus de 520 accouchements et 80 césariennes sont réalisés chaque mois.

Le manque de personnel paramédical et hospitalier pose un autre problème. Le système de santé libyen était très dépendant d’infirmières étrangères, de sages-femmes et d’autres personnels hospitaliers qui se sont enfuis quand la guerre a commencé. Si des médecins, des étudiants en médecine et d’autres moins expérimentés se sont portés volontaires pour combler au mieux les postes vacants, MSF a commencé une série de formations à la chirurgie de guerre, à l’hygiène, à la stérilisation, à l’assistance auprès des patients et à la gestion des déchets.

Les structures de santé à Misrata doivent aussi faire face aux manques de médicaments et de matériel médical (machines de stérilisation, incubateurs, moniteurs pour les services de soins intensifs, matériels à oxygène, réactifs de laboratoire), en raison du conflit persistant autour et à l’intérieur de la ville. Depuis le début de ses activités à Misrata (18 avril), MSF a aidé le personnel médical local dans quatre structures de santé : l'hôpital Qasr Ahrmed, l'hôpital Abbad, le centre médical Ras Tubah et l'hôpital Al Noor.

Soutien aux postes avancés
MSF a également distribué du matériel médical et pratiqué des formations dans les postes de santé avancés de Dafnya (Nord-Ouest), Kararrim (Sud) et Abdel Raouf (Ouest), situés à proximité de la principale ligne de front. Les structures sont correctement équipées et le personnel est hautement qualifié. MSF organise des formations sur l’organisation au quotidien, la stabilisation et la chirurgie de guerre. MSF fournit des autoclaves, de l'oxygène, des planches dorsales, des kits pour brûlés, des kits de pansements, des drains thoraciques, des analgésiques, des antibiotiques et d'autres fournitures médicales.

L'équipe MSF est à présent composée de 44 membres du personnel libyen et de 30 expatriés.

À lire aussi