Le Soudan du Sud en état de crise

© MSF Juillet 2017

Wau, troisième ville du Soudan du Sud, est un carrefour commercial. Julie Reversé, chef adjointe de mission de MSF, s'y est rendue pour la première fois avec une équipe d’évaluation de MSF en mai 2016, alors que la situation était en train de s’y dégrader. Les 24 et 25 mai 2016, des affrontements particulièrement violents ont éclaté à Wau, contraignant de nombreuses personnes à fuir.

« Notre équipe a d’abord porté secours à des centaines d’habitants cherchant refuge près de la base des Nations unies. Puis des milliers d’autres sont arrivés les jours suivants, formant ainsi un camp de fortune particulièrement surpeuplé.

Nous avons ouvert une clinique sur ce site. Les patients étaient bien plus malades que nous ne pensions, en raison des violences et de l’instabilité croissantes durant les mois précédents. Nous avons notamment reçu des blessés par balle, des femmes violées, des personnes souffrant de traumatismes psychologiques et les patients d’un hôpital de Wau en fuite.

À Wau, des morts gisaient dans les rues et la situation était particulièrement tendue. Nous avons mis en place des cliniques mobiles afin de prendre en charge les petits groupes de personnes qui s’étaient réfugiées dans des églises, des écoles ou tout autre lieu qu’elles pensaient sûr dans leur quartier. »

Pendant ce temps, un grand nombre de personnes ont fui vers le sud et le sud-ouest de Wau, dans une zone rurale appelée Bagari, contrôlée par l’opposition. Ce que Julie a vu dans les environs de Wau est malheureusement ce à quoi assiste MSF depuis de nombreuses années dans cette région : des personnes en fuite pour échapper aux violences et MSF à leur poursuite pour tenter de leur délivrer des soins médicaux.

« J’ai vu les mêmes personnes fuir d’un endroit à l’autre de nombreuses fois. Nous tentions de nous déplacer avec la population et de mettre en place des cliniques mobiles. Nous nous inquiétons principalement de l’accès aux soins dans les zones rurales. »

EN SAVOIR PLUS

► Consultez notre dossier détaillé sur la crise qui frappe le Soudan du Sud

À lire aussi