L’urgence de déployer des renforts médicaux au Yémen

L'hôpital MSF est plein les blessés sont installés sur des matelas. Aden mars 2015.
L'hôpital MSF est plein, les blessés sont installés sur des matelas. Aden, mars 2015. ©MSF

Tandis que le nombre de victimes du conflit augmente, il est aujourd’hui impossible d’acheminer l’assistance et le personnel médical nécessaires de toute urgence au Yémen.

Avec les affrontements de ces dernières semaines et les frappes aériennes de la coalition lancées le 26 mars, les besoins d’aide médicale urgente pour les personnes blessées ou déplacées par le conflit ne cessent de s’accroître. Mais la fermeture de tous les aéroports internationaux à Sanaa, Aden et Hodeida, ainsi que les restrictions d’accès au port d’Aden empêchent l’acheminement de l'aide humanitaire.

« MSF a déjà pris en charge des centaines de blessés lors des affrontements récents et nous avons besoin de toute urgence de renforcer nos équipes, épuisées et débordées, déclare le Dr Greg Elder, directeur des opérations à MSF. Il nous est actuellement impossible de faire entrer du matériel, des médicaments et des équipes médicales supplémentaires au Yémen. A l’intérieur même du pays, il est extrêmement difficile d’atteindre les populations touchées car les mouvements sont très risqués, et il n’y a plus de vol intérieur», explique le Dr Elder.

Sur le terrain, les combats se multiplient, en particulier dans le sud du pays où MSF a reçu un nombre important de blessés. Depuis le 19 mars, suite aux affrontements d’Aden, de Lahj et d'autres zones du sud, MSF a reçu plus de 550 patients au sein de son unité chirurgicale d'urgence d’Aden. Pendant la seule journée du 26 mars, 111 patients ont été pris en charge à l’hôpital. « Nous avons dû utiliser notre bureau et poser des matelas à même le sol pour recevoir les blessés », relate le Dr Hani Isleem, médecin MSF à Aden.

Le personnel médical spécialisé n’est pas en nombre suffisant pour pouvoir faire face au grand nombre de blessés et ceux qui sont disponibles prennent des risques. « C’est dangereux pour nous, rapporte le Dr Isleem. Même le fait de juste venir à l'hôpital est très risqué. »

Dans le même temps, depuis le 24 mars, 67 blessés ont été admis dans le gouvernorat d’Ad-Dhale, où MSF gère le service des urgences de l'hôpital Al-Nasser, et à Qataba. Dans le nord-ouest du pays, une équipe MSF soutient le service des urgences de l'hôpital Haradh, qui, a reçu 34 blessés lors d’un bombardement le 30 mars sur la zone du camp de déplacés d'Al Mazraq. Ces derniers jours, environ 500 nouvelles familles fuyant les bombardements sur l’ouest de Saada avaient rejoint ce camp. 29 autres victimes de ce bombardement étaient déjà décédées à leur arrivée à l’hôpital.

« Il reste très peu d'acteurs humanitaires dans le pays, tandis que les besoins  d’assistance augmentent et que davantage de matériel et de ressources humaines sont nécessaires de toute urgence sur le terrain, déplore Dounia Dekhili, responsable des programmes MSF au Yémen. Le conflit se poursuit et le risque de pénurie de médicaments et de matériel médical est réel. Nous devons absolument être autorisés à acheminer de l’aide humanitaire dans le pays, que ce soit par voie aérienne, maritime ou terrestre ».

MSF appelle également toutes les parties au conflit à respecter la neutralité des structures médicales et du personnel, ainsi que de permettre l'accès des blessés sans entrave à l'assistance médicale.
 

MSF a travaillé pour la première fois au Yémen en 1986 et est présente de manière continue dans le pays depuis 2007. Actuellement, MSF gère des projets médicaux à Sanaa, Amran, ainsi que dans les gouvernorats d’Aden et d’Ad-Dhale, et fournit une aide médicale lors d'urgences dans différentes régions du pays.

EN SAVOIR PLUS

► Consulter notre dossier sur la crise au Yémen.

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