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Haïti après l'ouragan : auprès des populations les plus isolées

Soigner plaies et fractures après l'ouragan Matthew
Soigner plaies et fractures après l'ouragan Matthew ©MSF

Le Dr. Danielle Perriault raconte l’intervention des équipes de Médecins Sans Frontières (MSF) à la suite de l’ouragan Matthew.

Ce matin, nous sommes partis à Lopineau, un village montagneux qui ne peut être rejoint que par hélicoptère. Comme la plupart des villages de Grand Anse, Lopineau a été sévèrement touché par l’ouragan. Les rues sont jonchées d’arbres et de débris, et la vallée est couverte d’arbres déracinés. De l’église, il ne reste que la façade en pierre rouge et blanche. Heureusement, le centre de santé a résisté à l’ouragan et a servi de refuge aux villageois.

Nous emportons notre matériel, surtout le nécessaire pour soigner les plaies souvent infectées, stabiliser des fractures avec des plâtres et administrer des vaccins contre le Tétanos.

Nous avons peu de temps à disposition dans les villages, car les orages fréquents durant la saison de pluie limitent les vols de retour. Même si nous atteignons un village par la route, le trajet sur les routes très abîmées peut durer plus de deux heures à l’aller, réduisant d’autant le temps pour soigner. Aujourd’hui, nous avons soigné cinquante-huit patients, mais il y a des jours où nous avons soigné jusqu’à 90 patients. Notre priorité est de soigner les plaies, les fractures et les urgences pédiatriques.

Cela fait deux semaines que ces personnes ont des plaies douloureuses ou des os cassés sans traitement. Des fractures simples, déplacées ou ouvertes sont parfois stabilisés par les guérisseurs traditionnels. On peut imaginer la souffrance des personnes laissées sans soins depuis deux semaines. Et il reste encore tant de personnes à soigner.

En arrivant dans un village il y a quelques jours, seul le curé nous a accueillis au centre de santé car les infirmiers étaient partis. Il y avait beaucoup de personnes qui attendaient des soins ce jour-là. Chacun de notre équipe était tellement occupé avec des patients que finalement j’ai eu recours au curé pour aider à mettre un plâtre !

Le manque de nourriture ajoute au traumatisme vécu par nos patients. Il y a quelques jours, j’ai soigné une femme âgée avec des brûlures importantes sur la main. Vu qu’elle refusait une injection contre la douleur, je lui parlais de sa famille pour la distraire. Elle avait perdu ses deux enfants, donc elle s’occupe aujourd’hui seule de ses deux petits-enfants. Son angoisse principale, c’était la perspective de rentrer à la maison sans nourriture pour ses petits-enfants.

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