Déplacées et oubliées : les familles du nord-ouest de la Syrie confrontées à des conditions hivernales difficiles

Une équipe de MSF distribue du matériel de chauffage aux personnes déplacées dans les camps du gouvernorat d'Idlib
Une équipe de MSF distribue du matériel de chauffage aux personnes déplacées dans les camps du gouvernorat d'Idlib. Janvier 2026 © Abdulrahman Sadeq/MSF

En Syrie, malgré la fin de la guerre, la population continue de subir les conséquences de quatorze années de conflit. Dans les régions de Homs, Hama, Alep et Idlib, les attaques aériennes et les combats ont détruit des maisons et des infrastructures essentielles, contraignant les familles à fuir. Beaucoup ont cherché refuge dans les montagnes, et les camps d'accueil d'urgence se sont transformés en lieux de vie précaires et durables, dans lesquels des habitants continuent de survivre. 

Si des millions de personnes ont pu rentrer chez elles, des milliers de familles déplacées sont toujours dans les camps, souvent par manque de moyens financiers pour reconstruire leur vie. Um Ayman, 75 ans, explique : « Je suis rentrée chez moi après les bombardements et j'ai trouvé ma maison rasée. Je n'ai pas tant pleuré ma maison que mes oliviers. Je cultivais des olives et des oranges sur mes terres, et tout a disparu. » 

Leurs maisons ont été complètement détruites ; les services de base font défaut et les moyens de subsistance sont rares, ce qui rend les habitants dépendants de l'aide humanitaire, qui n'a cessé de diminuer au cours des deux dernières années.  

En effet, malgré les besoins énormes qui subsistent en Syrie, le pays a connu une diminution des fonds humanitaires. MSF exhorte les organisations humanitaires à intensifier leur réponse, notamment en faveur des personnes qui sont toujours déplacées et font face à des conditions qui mettent leur vie en danger.  
 
Dans la province d'Idlib, Médecins Sans Frontières apporte son soutien aux familles déplacées. Entre décembre et février, les équipes de MSF ont distribué du matériel de chauffage (environ 600 tonnes de charbon) et des bâches en plastique à 2 000 familles dans 21 camps. En outre, 150 familles ont reçu des tentes à Armanaz. Ces distributions visent à aider les familles à supporter les mois d'hiver et à réduire les risques immédiats liés à l'exposition au froid. Pourtant, l'écart entre les besoins et l'aide reste énorme. 

Dans les montagnes de Harim et autour de la ville de Salqin, 1 400 matelas, 4 200 couvertures et des kits d'hygiène et de cuisine ont été distribués à 700 familles. Dans la région, plus de 50 camps de déplacés abritent encore des milliers de familles, dont beaucoup vivent dans des abris précaires, construits à partir de matériaux de récupération ou de briques. Abu Musa, qui réside dans l'un de ces camps, détaille : « Cela fait un an et quelques mois que nous n'avons pas reçu d'aide des organisations humanitaires ; après la libération, personne n'a apporté aucune aide aux personnes vivant dans les camps ici. » 

Les toits sont souvent instables et offrent peu de protection contre la neige, la pluie et le froid glacial, comme l’explique Um Ali, qui vit avec ses trois enfants dans le camp d'Al Fardan : « Lorsque la neige a commencé à tomber, le toit en plastique s'est effondré. Nous n'avons pas pu déblayer la neige car nous vivons dans une région montagneuse. » 
 
Les besoins humanitaires sont immenses et ne cessent de croître. Les familles n'ont pas accès à une alimentation suffisante, aux soins de santé, à des vêtements d'hiver, à des couvertures ou à des médicaments. Pour ce qui est de l’accès aux soins de santé, certains camps disposent de petites cliniques, mais les fournitures sont limitées et les services sont payants, ce qui rend les soins essentiels inaccessibles pour beaucoup.  

Osama Joukhadar, responsable logistique de MSF, explique : « Les gens ici vivent dans des abris extrêmement précaires. Ils sont exposés au froid, au vent et à la neige. Chaque hiver, les familles luttent simplement pour survivre. »  

Notes

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