Côte d'Ivoire : retrait progressif de MSF de la commune d’Abobo à Abidjan

Hôpital d'Abobo sud  Abidjan
Hôpital d'Abobo sud - Abidjan ©Nicola Vigilanti

A partir du 28 février, les équipes de MSF sont intervenues dans les quartiers Nord d'Abidjan pour répondre aux urgences médicales et à l'afflux de blessés survenus au moment des combats. Depuis la fin du mois d'avril, le niveau de violence a toutefois chuté et le personnel de santé a progressivement repris ses activités dans les hôpitaux d'Abidjan. Si des difficultés persistent, le ministère de la Santé dispose aujourd'hui des ressources humaines nécessaires à la poursuite des activités médicales.

Dans ce contexte, MSF envisage une diminution progressive de ses activités à l’hôpital d’Abobo Sud, où nos équipes accueillaient jusqu’à 80 blessés par jour au plus fort des combats. Au cours de ces trois derniers mois, le dispositif de grande ampleur déployé par MSF aura également permis de soutenir des structures de santé affectées par la crise, le temps que le personnel du ministère de la Santé qui avait fui les violences reprenne le travail et que le système d’approvisionnement en médicaments recommence à fonctionner.
« A ce jour, le ministère de la Santé est en mesure d’assurer les activités médicales sans l’appui de MSF et souhaite maintenir la gratuité des soins au moins pour les populations les plus vulnérables, explique le Dr Salha Issoufou, chef de mission MSF à Abidjan. Pour cela, les bailleurs de fonds doivent désormais soutenir plus largement le système de santé ivoirien, en termes financiers et en approvisionnement en médicaments et en matériel médical. »

MSF va tout d’abord cesser ses activités chirurgicales à l’hôpital d’Abobo Sud et à l’hôpital Houphouët-Boigny. L’activité ayant fortement augmenté à l’hôpital d’Abobo Sud pendant et après la crise, MSF avait déployé des équipes dans deux autres hôpitaux dans le Nord d’Abidjan pour faire face à l’affluence de patients et de femmes venant accoucher. MSF avait aussi apporté un soutien à quatre centres de santé du quartier.

Tenant compte de l’évolution de la situation, MSF s’est retiré de l’hôpital d’Anyama à la fin du mois de mai. Dans le courant du mois d’août 2011, les équipes médico-chirurgicales quitteront à leur tour l’hôpital d’Abobo Sud puis d’Houphouët-Boigny. MSF cessera également de travailler dans la maternité de ces hôpitaux.

MSF restera néanmoins attentif à l’accès aux soins des populations les plus vulnérables. Les équipes continueront d’assurer des consultations à travers l’appui aux centres de santé jusqu’à la fin du mois d’août. Ce dispositif permettra de répondre au grand nombre de patients qui viennent consulter un médecin (13 856 consultations ont été effectuées entre avril et juin), et d’informer comme d’orienter correctement les malades avant le départ de MSF. De même, MSF va continuer de soutenir les quatre centres de santé d’Avocatier, PK18, Kennedy et SAGBE jusqu’à la fin du mois d’août, principalement pour la prise en charge du paludisme affectant 50% des patients vus en consultation externe. En préparatif du retrait, MSF mènera des évaluations dans les deux hôpitaux d’Abobo sud et Houphouët-Boigny, afin de leur permettre d’assurer une prise en charge de qualité tant au niveau des soins primaires que secondaires, à travers des donations de consommables et matériel biomédical.

Si la première équipe MSF était arrivée à Abidjan fin février pour renforcer l’hôpital d’Abobo, d’autres équipes travaillaient déjà dans l’ouest du pays, où la situation demeure préoccupante. MSF va donc poursuivre ses activités à Duekoué et à Guiglo, à l’hôpital et dans des camps de déplacés. De même, des équipes mobiles vont continuer à dispenser des soins dans les villages autour de Guiglo et Bloléquin.


Bienvenue à Abobo par msf

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