Bande de Gaza : activités ponctuelles de chirurgie spécialisée

En cinq jours l’équipe a opéré 24 patients dont Mohamed qui souffrait d'importantes contractures de la peau.
En cinq jours, l’équipe a opéré 24 patients dont Mohamed qui souffrait d'importantes contractures de la peau. ©MSF

Le nombre de personnes souffrant de séquelles de blessures graves a augmenté dans la bande de Gaza ces dernières années. Or, dans ce Territoire sous embargo, il est très difficile d’avoir accès aux soins spécialisés et adaptés. En juillet 2010, MSF a signé un accord avec les autorités sanitaires de Gaza et a ouvert un projet de chirurgie réparatrice. En septembre 2011, une mission ponctuelle « chirurgie de la main » a permis d’opérer 24 patients.

Suite à l’Offensive militaire israélienne « Plomb durci » de décembre 2008 et à l’accroissement du nombre d’accidents domestiques, de nombreux habitants de la bande de Gaza souffrent de blessures très invalidantes nécessitant une opération de chirurgie réparatrice, dite de reprise, ou « froide », consécutive au premier traitement médico-chirurgical reçu. Pour les cas particulièrement compliqués, une chirurgie hautement spécialisée est requise.

Or il est difficile d’avoir accès à ce type de soins spécialisés dans la bande de Gaza. Les patients doivent attendre de longs mois avant d’obtenir une autorisation de sortie et de pouvoir être opérés dans un pays tiers (Jordanie, Israël, Egypte…) Du fait de l’embargo israélien et des restrictions de mouvements et de sortie qui en découlent, les médecins et chirurgiens gazaouïs ne peuvent pas non plus quitter le Territoire pour bénéficier de formations et/ou de remises à niveau à l’étranger.

En juillet 2010, MSF a signé un accord avec les autorités sanitaires de Gaza et a ouvert un programme de chirurgie réparatrice. Plusieurs fois par an, des équipes MSF - composées de chirurgiens, d’infirmiers de bloc et de médecins anesthésistes - mènent des missions ponctuelles à l’occasion desquelles elles travaillent en étroite collaboration avec les chirurgiens et les équipes hospitalières de l’hôpital Nasser de Khan Younis, au Sud de Gaza.

Nos patients souffrent de blessures compliquées ou de brûlures sévères entraînant une altération du bon fonctionnement de leurs membres. Après leur opération, ils bénéficient de soins de réhabilitation (pansements et kinésithérapie) dans l’un des deux dispensaires MSF de Gaza. L’objectif est de soulager leur douleur, de les aider à retrouver une mobilité satisfaisante et d’amoindrir, tant que faire se peut, les conséquences sociales et psychologiques de leurs blessures.

En septembre 2011, un spécialiste français de la chirurgie de la main – a rejoint le programme MSF. En cinq jours, l’équipe mixte a opéré 24 patients : séquelles de brûlures, blessures à la main, contractures de la peau (axillaires, coudes, mains), amputations digitales, cas de syndactylie (malformation congénitale caractérisée par l'accolement et une fusion plus ou moins complète de deux ou plusieurs doigts ou orteils entre eux).

Ce type de programme conjoint est aussi l’occasion, pour les personnels MSF et les médecins de Gaza, d’échanger et de partager des techniques médicales, chirurgicales et anesthésiques, notamment en ce qui concerne la prise en charge des jeunes enfants.

* L’approvisionnement en fuel de la bande de Gaza étant restreint, l’unique centrale électrique de Gaza tourne au ralenti. Les coupures de courant sont quotidiennes. En conséquence, la population s’équipe avec les moyens du bord : groupes électrogènes, bouteilles de gaz de contrebande, bougies, lampes à pétrole…  Autant de sources d’accidents domestiques graves.

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