Abu Mustafa, déplacé d'Idlib en Syrie : «je n'ai aucune vision de mon avenir»

De jeunes Syriens déplacés avec leur famille.
De jeunes Syriens déplacés avec leur famille. ©Omar Haj Kadour/MSF

Depuis décembre, le nord de la Syrie est le théâtre de bombardements aériens et de combats encore plus intenses, poussant les populations meurtries par sept années de guerre à se déplacer à nouveau. Abu Mustafa, père de 37 ans originaire du district d'Elhos, dans la campagne au sud d'Alep, raconte dans quelles conditions sa famille vit désormais, démunie.

« J'ai fui mon village avec ma femme, mes six fils et vingt autres familles avec lesquelles nous partageons des liens de parenté. Les bombardements intensifs et les frappes aériennes ont eu un impact énorme. Des centaines de petits villages ont été abandonnés en raison de la fuite de leurs habitants.

Nous sommes arrivés ici à Sarmada, près de la frontière turque, le 10 janvier. Certains installent encore leurs tentes. D'autres n'ont pas d'abri propre, et ils doivent le partager avec d'autres familles.

Nous avons cherché rapidement un endroit où nous loger. On nous a proposé de louer ce lopin de terre pour 450 000 livres syriennes (1000 $ US) par mois. Les vingt familles vivant ici ont rassemblé suffisamment d’argent pour couvrir ce coût, mais ça a été très difficile, car la plupart sont des travailleurs journaliers dans des fermes. Nous n'avions pas d'autre choix. Il nous fallait trouver un endroit où dormir.

Nous avons construit notre tente en utilisant des piliers en fer que nous avons recouverts de couvertures et de sacs en plastique. Les tentes n'ont pas de plancher. Le sol est donc en argile, humide et gelé. Le froid s'infiltre partout. Nous avons besoin d'eau propre et de toilettes pour éviter la propagation des maladies.

Personnellement, je n'ai aucune vision de mon avenir. Je prie juste pour rentrer chez moi. Si nous restons ici, les personnes âgées, les enfants et les malades souffriront. La plupart d'entre nous sommes déjà malades à cause du froid et des difficultés que nous avons rencontrées au cours du voyage. »

Des déplacés se construisant un abri de fortune. © Omar Haj Kadour/MSF

Des déplacés se construisant un abri de fortune. © Omar Haj Kadour/MSF

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