Les membres de l'équipe médicale s'habillent avec des vêtements de protection avant d'entrer dans la structure de soins. 1er avril 2014 © Amandine Colin/MSF

Les membres de l'équipe médicale s'habillent avec des vêtements de protection avant d'entrer dans la structure de soins. Avril 2014, Guinée Conakry © Amandine Colin/MSF

Les virus de type Ebola ou Marburg sont à l'origine de maladies foudroyantes, aboutissant le plus souvent au décès.

Les manifestations de la maladie :

  • Ebola
     

Après une incubation de 2 à 21 jours, le virus d'Ebola provoque une fièvre brutale, des maux de tête, des douleurs musculaires, une conjonctivite, une faiblesse générale puis dans un deuxième temps des vomissements, des diarrhées et parfois une éruption cutanée. Souvent fatale, l'issue peut être accompagnée d'hémorragies internes et externes.

  • Marburg
     

La période d'incubation  est estimée entre 3 et 10 jours. La phase aiguë de la maladie intervient au bout de 7 à 15 jours après les premiers symptômes. Lors de la dernière épidémie (en 1999-2000 en République démocratique du Congo), la létalité  avait atteint 70%.


SERIE DOCUMENTAIRE « GRANDES TUEUSES »

La Fondation Mérieux, l’Inserm, l’Institut Pasteur, Réseau CANOPE, MSF, Universcience, le DNDi… Les principaux acteurs français de la lutte contre les maladies infectieuses présentent la série et le webdocumentaire Grandes Tueuses, disponibles en ligne dès maintenant. Conçues comme un outil de sensibilisation pour le grand public et les acteurs de terrain, les 70 vidéos décrivent 14 grandes problématiques de santé publique et sont en open data, en libre accès et libre utilisation.

Découvrez la série sur Ebola :

 

► Allez plus loin avec le webdocumentaire Grandes Tueuses

Construit autour de sept pathologies, ce webdocumentaire propose à l’internaute une découverte interactive et multimédia de l’antibiorésistance, du virus Ebola, de l’hépatite C, du paludisme, de la rougeole, de la tuberculose et du VIH-Sida. Les modules vidéo sont enrichis par une sélection de liens permettant d’en savoir plus.

Causes

Les virus Ebola et Marburg ont été identifiés en 1976 et 1967, respectivement. Depuis, plusieurs épidémies de fièvre d'Ebola ou Marburg ont eu lieu en Afrique sub-saharienne, notamment au Soudan, en République démocratique du Congo, en Angola, au Gabon et en Ouganda, et plus récemment en Afrique de l’Ouest en Guinée, au Liberia et en Sierra Leone.

Les voies de transmission de la maladie

La maladie peut se transmettre par le contact avec certains animaux (chauve-souris, singes, antilopes des forêts, porcs-épics), ainsi qu’entre humains.

Le virus ne se transmet pas par voie aérienne, mais par le contact direct avec le sang, les liquides biologiques, les sécrétions et tissus des personnes ou animaux malades ou des cadavres.

Pendant la période d’incubation de la maladie, les malades ne sont pas contagieux.

En revanche le virus peut rester présent dans le liquide séminal pendant plusieurs mois après l’apparition de la maladie.

Les proches ainsi que le personnel de santé en contact avec les patients infectés risquent fortement d'être contaminés. C'est pour cela que des mesures de protection strictes sont nécessaires lors de la prise en charge des malades : isolement, combinaisons, gants, masques.

Les rites funéraires pendant lesquels les proches s'occupent de la personne défunte (manipulation et lavage des corps) comportent des risques majeurs de transmission de la maladie : au cours des heures qui précédent le décès, la présence de virus dans l’organisme est particulièrement élevée, ce qui augmente le risque de transmission. Il est donc fondamental que les enterrements soient encadrés par du personnel formé et que des précautions soient prises pour éviter la transmission de la maladie aux proches du défunt.

Epidémiologie

  • Ebola
     

Le virus Ebola a été identifié pour la première fois en 1976 après la survenue d'épidémies importantes à Nzara, dans la province ouest-équatoriale du Soudan, ainsi qu'à Yambuku, dans une région voisine du nord du Zaïre (aujourd'hui République démocratique du Congo).

Lors de la dernière épidémie, déclarée au printemps 2014 en Guinée, au Liberia et en Sierra Leone, et déclarée terminée le 14 janvier 2016, 28 636 cas et 11 315 décès ont été recensés (OMS, janvier 2016).
Pour comparaison, entre 1976 et 2013 environ 2 000 cas, dont plus de 1 300 mortels, ont été documentés dans le monde.
 

  • Marburg
     

La maladie a été identifié en 1967, lors d'une flambée des cas dans deux centres de recherche à Marburg (Allemagne) et à Belgrade (ex-Yougoslavie). Ces laboratoires travaillaient sur des singes verts africains (Cercopithecus aethiops) importés d'Ouganda.

Par la suite, des flambées et des cas sporadiques ont été signalés en Angola, en République démocratique du Congo, au Kenya, en Afrique du Sud (chez une personne ayant voyagé peu avant au Zimbabwe) et en Ouganda.

Traitement

  • Diagnostic
     

L'infection est confirmée par l'analyse de prélèvements de sang, de salive ou d'urine. Les anticorps et le virus lui-même peuvent être mis en évidence par différentes méthodes dans des laboratoires spécialisés.
Bien que des recherches soit en cours sur des test diagnostics rapides et adaptés à des pays à faibles revenus, elles n'ont encore abouti à la mise au point d'un test suffisamment précis et fiable.

  • Traitement
     

Au début de l'épidémie d'Ebola en Afrique de l'Ouest en 2014, il n’y avait pas de traitement ou vaccin spécifique ayant montré une efficacité chez l’humain et ayant reçu une approbation pour utilisation sur les malades contre Ebola. Le traitement utilisé, uniquement symptomatique, a consisté en la réhydratation du patient, la stabilisation de la tension artérielle et le contrôle de la fièvre et de la douleur. Les patients guéris deviennent ensuite immuns à la souche virale par laquelle ils ont été infectés. Les sequelles les plus fréquentes sont des infections oculaires, des douleurs articulaires et des troubles psychologiques.

Cependant, certains médicaments et vaccins contre Ebola sont actuellement en cours d’évaluation ou au stade des essais. Le 12 août 2014, un comité d’experts nommé par l’Organisation Mondiale de la Santé a jugé éthique leur utilisation exceptionnelle dans le contexte de l’épidémie d'Ebola en Afrique de l’Ouest.

MSF a annoncé le 13 novembre 2014 que trois de ses centres de traitement Ebola en Afrique de l’Ouest allaient accueillir des essais cliniques. Ces études distinctes menées par trois différents partenaires de recherche visent à identifier rapidement un traitement efficace contre ce virus qui a d’ores et déjà causé la mort de milliers de personnes depuis le début de l’épidémie dans la région.

En février 2015, les résultats préliminaires de l'essai clinique du favipiravir, réalisé en Guinée par un consortium incluant MSF, ont montré une certaine efficacité de ce médicament sur certains patients atteints de la maladie.

► En savoir plus sur les étapes des essais cliniques des traitements contre Ebola

Un article publié le 31 juillet 2015 dans le journal médical “The Lancet” a révélé des résultats très prometteurs pour l’un des possibles vaccins contre le virus. Les données disponibles indiquent que l’efficacité de ce vaccin est de 100%.
Les premiers essais de ce vaccin appellé « rVSV-EBOV », menés conjointement par l’OMS, MSF, l’Institut norvégien de la santé publique et les autorités guinéennes ont débuté en mars 2015. Ils ont été effectués d’une part suivant une stratégie “en anneaux”, c’est-à-dire en vaccinant les personnes ayant été à proximité de patients infectés et d’autre part en ciblant les travailleurs de première ligne les plus exposés à la maladie.
MSF a administré le vaccin à plus de 1200 travailleurs de première ligne travaillant en Guinée, dont des médecins, des infirmiers, des paramédicaux, des laborantins, du personnel s’occupant du nettoyage et des équipes responsables des enterrements.
Plus d'infos sur ce vaccin
 

  • Prévention
     

La principale mesure de prévention consiste à éviter de rentrer en contact avec les fluides corporels des patients atteints du virus.

En plus des mesures à destination du personnel médical et des proches, il est important de remonter la chaîne de contacts des patients susceptibles d’avoir été contaminés, afin de surveiller et isoler si besoin ces personnes.

L’information et la sensibilisation auprès des communautés touchées par la maladie sont également fondamentales, afin d’encourager le recours aux soins dès l’apparition des premiers symptômes, d’informer sur les précautions à prendre pour limiter les risques de contamination, et d’assurer une bonne compréhension des mesures mises en place pour endiguer l’épidémie (gestion des enterrements, isolement des patients).