Ouganda, août 2007. Formation d'une équipe de personnel national. © MSF

Ouganda, août 2007. Formation d'une équipe de personnel national. © MSF

Pays

Pays concernés :
Le 13 juillet, un homme de 29 ans décède dans un hôpital à Kampala, Ouganda. Les signes cliniques qu'il présentait ont immédiatement alerté l'équipe médicale. A la fin du mois, les résultats positifs des tests de fièvre hémorragique de type Marbourg sont confirmés. MSF met en place une zone d'isolation dans l'hôpital de Mulago à Kampala et une seconde structure de santé près de Kamwenge, où les premiers cas se sont déclarés. Les personnels de santé de ces structures reçoivent une formation pour pouvoir répondre à ce type d'urgence.

Les virus de type Ebola ou Marburg sont à l'origine de maladies foudroyantes, aboutissant le plus souvent au décès.

Les manifestations de la maladie

  • Ebola

Après une incubation de 2 à 21 jours, le virus d'Ebola provoque une fièvre brutale, des maux de tête, des douleurs musculaires, une conjonctivite, une faiblesse générale puis dans un deuxième temps des vomissements, des diarrhées et parfois une éruption cutanée. Souvent fatale, l'issue est accompagnée d'hémorragies internes et externes dans près de la moitié des cas.
 

  • Marburg

La période d'incubation (délai entre le moment où une personne contracte le virus et développe la maladie) est estimée entre 3 et 10 jours. La phase aiguë de la maladie intervient au bout de 7 à 15 jours après les premiers symptômes. Lors de la dernière épidémie (en 1999-2000 en République Démocratique du Congo), la létalité (proportion des malades qui meurent) avait atteint 70%.

Il n'existe ni vaccin ni traitement spécifique pour ces virus. Les soins aux patients se concentrent donc sur la prise en charge des symptômes (réhydratation des patients, administration d'antalgiques et d'anti-vomitifs, etc.).

Causes

Plusieurs épidémies de fièvre d'Ebola ou Marburg ont eu lieu en Afrique sub-saharienne, notamment au Soudan, en République démocratique du Congo, en Angola, au Gabon et en Ouganda.

Les voies de transmission de la maladie
La maladie est transmise par le sang, les liquides biologiques, les sécrétions et tissus des personnes ou animaux malades. Les proches ainsi que le personnel de santé en contact avec les patients infectés risquent fortement d'être contaminés.

C'est pour cela que des mesures de protection strictes sont prises : isolement, combinaisons, gants, masques.

Les rites funéraires pendant lesquels les proches s'occupent de la personne défunte sont également un moyen de transmission important dans les communautés africaines. Le contact avec certains animaux comme des singes ou des antilopes contaminés ou morts peut aussi être une source d'infection.

 

 

Epidémiologie

  • Marburg

Une flambée importante, impliquant deux centres à Marburg (Allemagne) et à Belgrade (ex-Yougoslavie) ont amené la reconnaissance initiale de la maladie. Elle a été associée à des laboratoires travaillant sur des singes verts africains (Cercopithecus aethiops) importés d'Ouganda.

Par la suite, des flambées et des cas sporadiques ont été signalés en Angola, en République démocratique du Congo, au Kenya et en Afrique du Sud (chez une personne ayant voyagé peu avant au Zimbabwe) et en Ouganda.

  • Ebola

Le virus Ebola a été identifié pour la première fois en 1976 après la survenue d'épidémies importantes à Nzara, dans la province ouest-équatoriale du Soudan, ainsi qu'à Yambuku, dans une région voisine du nord du Zaïre (aujourd'hui République démocratique du Congo).

Depuis la découverte du virus Ebola, environ 2 000 cas, dont plus de 1 300 mortels, ont été documentés. La dernière épidémie de ce virus a tué en Ouganda 224 personnes d'octobre 2000 à mars 2001. Fin 2007, plus de 100 personnes ont probablement été infectées par cette nouvelle résurgence d'un virus de type Ebola dans le pays.

Traitement

Diagnostic

L'infection est confirmée par l'analyse de prélèvements de sang, de salive ou d'urine. Les anticorps et le virus lui-même peuvent être mis en évidence par différentes méthodes dans des laboratoires spécialisés.

Il n'existe malheureusement aucun traitement causal et, pour les souches connues à ce jour, la maladie est fatale dans un grand nombre de cas (50 à 90%). Des traitements de soutien (perfusions en cas de déshydratation, traitement empirique d'infections associées) et de confort peuvent cependant être souvent utiles.

Prévention

Il n'existe malheureusement aucun moyen de prévention hors des mesures de protection des personnes risquant d'être contaminées et de circonscription de l'épidémie.

Toute personne qui s'occupe de patients infectés doit porter une combinaison spéciale, des gants, un masque et des lunettes de protection et rester très vigilant dans les actes de soins.

Des sas de décontamination sont en général installés entre les malades isolés et l'environnement extérieur. Il est également importantde remonter la chaîne de contacts des patients susceptibles d'avoir été contaminés pour surveiller et isoler si besoin ces personnes.

Enfin il faut informer les communautés touchées sur la maladie et sur les précautions à prendre pour limiter les risques de contamination.