Contexte

A partir de décembre 2013, quelque 128 000 personnes ont cherché refuge en Ouganda, fuyant les combats en cours au Soudan du Sud. Environ 60% d’entre elles, soit plus de 81 000 personnes, ont afflué dans le district d’Adjumani. Malgré une relative stabilisation de la situation au cours de l’année, de nouveaux afflux de réfugiés ont été enregistrés fin 2014.

Malgré une nette amélioration dans la prise en charge du VIH ces dix dernières années, le taux de nouvelles infections dans le pays est à nouveau en augmentation depuis 2010. On estime que 1,4 million d’Ougandais sont séropositifs. En particulier, le système de santé national peine à fournir un accès aux tests de mesure de la charge virale, un suivi et un accompagnement des patients pour l’observance des traitements, ainsi que l’accès aux soins pour certains groupes de population (enfants, adolescents, populations vivant de la pêche).

Par ailleurs, la très controversée loi contre l’homosexualité, approuvée en février 2014 et ayant entraîné le retrait de certains bailleurs de fonds internationaux, a été abrogée par la Cour constitutionnelle à l’automne. La discrimination dont font l’objet les homosexuels dans le pays demeure néanmoins une source d’inquiétude quant à leurs possibilités d’accès aux soins.

Projets

REORIENTATION DES ACTIVITES DE PRISE EN CHARGE DU VIH ET DE LA TUBERCULOSE

En juillet 2014, MSF a finalisé la transmission des activités de prise en charge du VIH et de la tuberculose qu’elle menait depuis 2001 dans le district d’Arua, au ministère de la Santé et à son partenaire SUSTAIN, une ONG américano-ougandaise. A l’hôpital régional de référence d’Arua, MSF était en charge de procurer des soins cliniques et des traitements ARV, gérait le laboratoire de l’hôpital, avait mis en place un service de traitement de la tuberculose multi-résistante et fournissait une offre de soins spécifiques pour le VIH pédiatrique, entre autres.

A l’hôpital d’Arua, MSF va poursuivre le projet « Treatment success », qu’elle mène depuis 2013 grâce à un financement d’UNITAID, et qui vise à améliorer l’accès aux tests de charge virale et de mesure des CD4. En particulier, MSF a introduit l’utilisation d’un dispositif de test de la charge virale point-of-care, c'est-à-dire utilisable au chevet du patient, appelé SAMBA. En 2014, 100 patients ont pu ainsi être orientés vers un traitement de deuxième ligne, après que la mesure de leur charge virale eut montré l’inefficacité du traitement de première ligne qu’ils recevaient. Lors de la prochaine phase de ce projet, MSF va également introduire et évaluer l’utilisation d’un test dédié à la détection précoce du VIH chez les nourrissons (Early Infant Diagnosis ou EID).

Enfin, une évaluation de la situation dans le district de Kasese, dans le sud-ouest du pays, a amené à la décision d’ouvrir un projet de prise en charge du VIH et de la tuberculose à l’été 2015, se focalisant notamment sur les besoins chez les enfants et les adolescents.

REPONSE A L'AFFLUX DE REFUGIES SUD-SOUDANAIS

En février 2014, MSF a démarré des activités dans le centre de transit de Nyumanzi et dans cinq sites d’installation des réfugiés. Ici, les équipes ont fourni un accès aux soins primaires et secondaires, géré des soins maternels, mis en place un centre nutritionnel pour les enfants malnutris, et amélioré l’approvisionnement en eau et l’hygiène. Au total, les équipes ont fourni environ 125 000 consultations de santé et hospitalisé quelque 4 000 personnes. Entre juillet et septembre, MSF a également mené une campagne de vaccination contre le pneumocoque et l’Haemophilus influenzae B, responsables de la plupart des pneumonies. Environ 2 800 enfants de moins de 2 ans ont reçu une immunisation complète. Il s’agit de la première campagne de vaccination de masse utilisant un vaccin conjugué contre le pneumocoque (PCV) en Ouganda, et l’une des premières vaccinations de ce type en situation d’urgence humanitaire. Face à la diminution du nombre de réfugiés arrivant dans le pays et à l’arrivée d’autres acteurs, MSF a progressivement réduit ses activités, et compte mettre fin à cette intervention au cours de l’été 2015.

RENFORCEMENT DES CAPACITES DE PRISE EN CHARGE DES CAS DE FIEVRE DE MARBURG

Au mois d’octobre, un cas de fièvre Marburg a été rapporté à Kampala. MSF est intervenue, en collaboration avec le ministère de la Santé et le Center for Disease Control (CDC) américain, en prédisposant 5 unités de transit et un centre de traitement à Kampala et dans les régions avoisinantes. Le personnel de santé des structures de soins a été formé à la prise en charge d’éventuels nouveaux cas. Heureusement, aucun nouveau cas n’a été déclaré par la suite.