En bref

MSF a poursuivi en 2010 ses activités de prise en charge des patients atteints par le VIH/sida dans la province du West Nile. Le programme est basé dans l'hôpital d'Arua, qui, bien que récemment agrandi, peine à absorber l'augmentation croissante du nombre de malades. En coordination avec les autorités sanitaires ougandaises, MSF contribue également à renforcer la décentralisation des structures de traitement afin de faciliter l'accès géographique pour les malades et désengorger les centres régionaux.

Dépenses 2010 : 4 069 000 €
Financements : 100 % privés
Équipe : 18 internationaux et 136 nationaux
Autres sections MSF présentes : MSF Suisse à Kampala, MSF Espagne à Kotido et Kaabong, MSF Hollande à Kitgum

Contexte

L'Organisation mondiale de la Santé (OMS) et l'ONUSIDA estiment à plus d'un million le nombre de personnes infectées par le VIH/sida en Ouganda. Le taux de prévalence chez les adultes était estimé en 2009 à 6,3%.

En dépit d'une apparente réduction de la prévalence ces dernières années, environ 70% des Ougandais ne connaissent toujours pas leur statut sérologique VIH. Les nouveaux critères internationaux d'inclusion recommandent que les malades avec un taux de cellules CD4 inférieur à 350 par millilitre de sang doivent recevoir un traitement à base d'antirétroviraux. Cela signifie que, sur environ 500 000 Ougandais théoriquement éligibles pour ce type de prise en charge, moins de la moitié y ont actuellement accès.

Depuis 2005, le gouvernement a développé un réseau de centres de santé pour accroître l'accès aux traitements pour les malades. La couverture géographique demeure cependant imparfaite avec de nombreuses zones peu ou pas couvertes, où les kits de dépistage et les préservatifs restent difficiles à se procurer. Des soins plus spécialisés tels que la prévention de la transmission mère-enfant ou le traitement conjoint de la tuberculose et de la malnutrition sévère ne sont souvent pas disponibles.

L'approvisionnement en médicaments souffre également des incertitudes pesant sur la durabilité des financements, dépendants de l'aide internationale via le Fonds Mondial des Nations Unies ou le programme PEPFAR du gouvernement américain.

Projets

Programme VIH/sida à Arua

La prévalence du VIH dans le district d'Arua a été estimée à 2,3% par le ministère de la Santé en 2009. MSF a ouvert son programme de prise en charge des malades du VIH/sida dans l'hôpital d'Arua en 2001. Les équipes se sont depuis concentrées sur l'amélioration de la qualité des soins, l'augmentation de la capacité de prise en charge, la prévention de la transmission mère-enfant et le traitement conjoint de la tuberculose.

Près de 19 000 patients séropositifs ont été enregistrés dans le programme, dont 2 180 entre janvier 2010 et février 2011. En mars 2011, un total de 8 357 patients était médicalement pris en charge par MSF. Parmi ces patients, 5 648 (68%) reçoivent un traitement antirétroviral de première ligne contre le VIH. Sur la même période, 115 femmes enceintes ont reçu un traitement antirétroviral spécifique afin de prévenir la transmission du virus à leur enfant.

MSF est également impliquée dans le traitement des co-morbidités VIH/tuberculose et VIH/malnutrition. De janvier 2010 à mars 2011, 481 patients co-infectés par la tuberculose ont ainsi été traités ainsi que 604 personnes souffrant de malnutrition sévère.

Décentralisation

Dans cette région du West Nile, 14 centres de traitements VIH fonctionnent aujourd'hui avec de nombreuses difficultés. De 2005 à 2010, MSF s'est directement investie dans le fonctionnement de 4 d'entre eux (Koboko, Adjumani, Yumbe et Nebbi) afin de supporter la politique de décentralisation menée par le gouvernement ougandais. Après une donation en antirétroviraux et en matériel de laboratoire, MSF reste aujourd'hui impliquée dans l'approvisionnement en médicaments et l'évaluation de la qualité.

En 2009, MSF a commencé à soutenir le ministère de la Santé pour l'ouverture d'une clinique ARV dans le centre de santé de Oli, en périphérie d'Arua, d'où provenait plus de la moitié des malades. Plus de 640 patients jusqu'alors suivis à Arua ont ainsi été référés sur Oli, plus proche de leur domicile. Des solutions sont maintenant recherchées pour éviter de saturer les capacités de prise en charge de ce centre de santé qui doit également faire face aux autres pathologies.

Un des objectifs de ce programme est de poursuivre et de renforcer le soutien de MSF à la politique de décentralisation du ministère de la Santé, afin de rapprocher les sites de traitement et les malades.