En bref
Basé dans l’hôpital d’Arua, dans la province du West Nile, MSF assure la prise en charge du VIH/sida depuis 2001 et de la tuberculose, depuis 2005. Tandis que le nombre de patients suivis continue d’augmenter d’année en année, MSF poursuit l’amélioration des protocoles de traitement en coordination avec les autorités sanitaires ougandaises. Arua est aujourd’hui le centre de traitement du VIH le plus important en Ouganda.
MSF répond également de manière ponctuelle aux urgences sanitaires dans le pays, d’origine épidémique ou liées aux déplacements de population.
Dépenses 2011 : 2 952 436 €
Financements : 100 % privés
Équipe : 17 internationaux et 144 nationaux
Autres sections MSF présentes : sections hollandaise et espagnole de MSF, qui quitteront le pays en 2012.
Contexte
L’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) et le programme des Nations Unies contre le VIH/SIDA (Onusida) estiment que plus d’un million de personnes sont infectées par le VIH/sida en Ouganda. Le taux de prévalence chez les adultes a été estimé à 6,3% en 2009.
En dépit d’une apparente réduction de la prévalence ces dernières années, environ 70% des Ougandais ne connaissent toujours pas leur statut sérologique VIH. Les nouveaux critères internationaux d’inclusion recommandent que les malades avec un taux de cellules CD4 inférieur à 350 par millilitre de sang reçoivent un traitement à base d’antirétroviraux. Sur environ 500 000 Ougandais théoriquement éligibles pour ce type de prise en charge, moins de la moitié y ont actuellement accès.
Depuis 2005, le gouvernement a développé un réseau de centres de santé pour accroître l’accès aux traitements pour les malades. La couverture géographique demeure cependant insatisfaisante avec de nombreuses zones peu ou pas couvertes. Des soins spécialisés tels que la prévention de la transmission du virus de la mère à l'enfant ou le traitement conjoint de la tuberculose et de la malnutrition sévère ne sont souvent pas disponibles.
L’approvisionnement en médicaments souffre également des incertitudes pesant sur la durabilité des financements internationaux. Le Fonds Mondial des Nations Unies et le programme PEPFAR (Plan d'urgence présidentiel de lutte contre le sida) du gouvernement américain ont ainsi annoncé des réductions de leur aide financière qui pourraient limiter les ambitions gouvernementales en matière de santé.
La prévalence du VIH dans le district d’Arua a été estimée à 2,3% par le ministère de la Santé en 2009. Selon les estimations, entre 83 et 91% des malades du district d’Arua seraient maintenant suivis par MSF. Environ un quart des patients proviennent de la République démocratique du Congo, où les possibilités d’accès gratuit à ce type de traitement sont aujourd’hui quasi-inexistantes.
Projets
Programme VIH/Sida à Arua
Les activités de MSF dans l’hôpital d’Arua ont débuté en 2001 dans le cadre d’une stratégie internationale visant à démontrer les possibilités d’implantation du traitement des malades du sida dans un contexte précaire.
En plus de dix ans d’existence, plus de 20 000 patients séropositifs ont été enregistrés dans le programme, dont 1 851 au cours de l’année 2011. Fin 2011, un total de 8 905 malades était pris en charge par MSF, parmi lesquels 6 816 (77%) recevaient un traitement à base d’antirétroviraux. Le traitement de première ligne, qui concerne environ trois quarts des patients, repose désormais sur la prise quotidienne d’un seul comprimé combinant trois molécules (TDF/3TC/EFV).
En 2011, 337 femmes enceintes séropositives ont bénéficié de la prévention de la transmission du virus de la mère à l’enfant (PMTCT) desquelles 35% avaient découvert leur statut sérologique lors du test de dépistage proposé par le service de consultation anténatale de l’hôpital d’Arua. L’option B+ du protocole PMTCT, qui préconise une poursuite indéfinie du traitement des mères après l’accouchement, a été validée par le ministère de la Santé et sera mise en place par MSF en 2012.
Depuis 2006, MSF s’est également impliqué dans le traitement de la malnutrition sévère dans l’hôpital d’Arua avec l’objectif de détecter des comorbidités avec le VIH ou la tuberculose. En 2011, sur 491 enfants soignés dans l’unité de renutrition intensive, 38 (8%) étaient séropositifs.
Au cours de l’année 2011, 1 309 patients atteints de tuberculose, dont 190 (15%) enfants de moins de 15 ans, ont été admis dans le programme. Près de 60% d’entre eux étaient également contaminés par le VIH. Le succès du traitement est estimé à 50% pour une mortalité d’environ 16% et un taux d’abandon de 22%. Depuis fin 2011, le protocole a été ramené à une durée de 6 mois. Onze patients ont également été traités contre des souches de tuberculose résistantes aux médicaments classiques.
Réponse aux urgences
A partir de mars 2012, MSF est intervenu pour répondre à une épidémie de choléra dans le district de Nebbi, dans la province du West Nile, proche de la frontière avec la République démocratique du Congo. La maladie, qui a frappé plus de 800 personnes et causé 15 décès, semble s’être propagée via le système hydrographique du lac Albert.
Depuis fin avril 2012, MSF participe à l’approvisionnement en eau potable de réfugiés congolais dans le camp de Rwanmanja, d’une capacité de 5 000 personnes, au sud-ouest de l’Ouganda. L’afflux de population en provenance de la RDC a augmenté depuis le début de l’année en raison de l’instabilité liée au conflit au Nord-Kivu.













