En bref
Après vingt-deux années de présence en Angola, pendant la guerre, lors de la grave crise nutritionnelle de 2002 ou encore lors de l'épidémie de Marburg au printemps 2005, la section française de Médecins Sans Frontières s'était retirée du pays en septembre 2005.
La situation est encore loin d'être confortable pour les populations angolaises mais, compte tenu de la stabilisation de l'environnement politique et de la situation nutritionnelle, de l'engagement des bailleurs de fonds internationaux dans ce pays et de la présence de nombreux opérateurs de l'aide, notre présence ne nous semblait plus une priorité par rapport à d'autres terrains de crise aiguë.
En revanche, nous restions vigilants et prêts à intervenir en cas de nouvelle urgence dans le pays. De 1987 à 1995, l'Angola a été régulièrement affecté par des épidémies saisonnières de choléra, mais, ces dernières années, le pays avait été épargné par les grandes épidémies.
Le 13 février 2006, une épidémie de choléra fut officiellement déclarée par le ministère angolais de la santé. En quelques semaines, la maladie s'est répandue dans 14 des 18 provinces de l'Angola. A la mi-mai, on comptait environ 35 000 cas déclarés et près de 1200 décès liés à la maladie. Les grandes villes les plus touchées étaient Luanda, Benguela et Malanje.
Projets
Fin avril 2006, les sections espagnole, suisse, belge et hollandaise de MSF travaillaient dans dix centres de traitement du choléra en Angola : un à Luanda, un à Benguela, un à Malanje, un à Ndalatando et un à Caxito. Au total, 11 700 patients y avaient été soignés et 55 expatriés ainsi que 330 employés angolais y étaient mobilisés.
C'est alors que nos collègues ont demandé le renfort de la section française de MSF. En réponse, nous avons envoyé le 26 avril une équipe médicale accompagnée de 36 tonnes de matériel médical, médicaments et équipements techniques.
L'équipe s'est d'abord installée à Huambo puis a mis en place des centres de traitement du choléra (CTC) et des unités de traitements choléra (UTC) dans la province de Benguela (un CTC de 30 lits et une UTC à Balombo) et dans celle du Kwanza Sul (un CTC de 60 lits, quatre UTC ainsi que deux points de distribution de sels de réhydratation orale à Sumbe, en plus du soutien à quatre UTC du ministère angolais de la santé dans cette province).
Au cours de notre intervention, terminée le 5 juillet 2006, un total de 1.484 malades ont été pris en charge dans les structures que nous avons mises en place, avec un taux de guérison de 94% (87 décès).



