Soirée débat : la Centrafrique, une « crise permanente » ?

RCA, William Daniels
RCA ©William Daniels

Dans le cadre de l’exposition « Wilting Point » de William Daniels, qui accorde une grande place à la Centrafrique, MSF organise une soirée de discussions consacrée à ce pays complexe et méconnu du grand public, en présence du photographe et d’autres intervenants.

En botanique, le «Wilting point» (ou «point de flétrissement», en français) est le seuil au-delà duquel une plante, par manque d’eau, ne pourra plus survivre. Dans notre monde instable, certains lieux semblent perpétuellement accrochés à un tel point de rupture. C’est le cas en Centrafrique, où le quart de la population est déplacé par les conflits et où les cycles de violence et de représailles semblent sans fin. Documentés avec pudeur et humanisme par William Daniels, ces instantanés de la Centrafrique résonnent aussi avec l’expérience des équipes MSF, en activité dans le pays depuis 1997.
 

L’histoire de la Centrafrique, indépendante depuis 1960, est ponctuée de périodes de calme relatif, d’instabilité politique et d’épisodes de violence extrême. Le conflit le plus récent date de 2013-2014, lorsque la Séléka, une coalition rebelle venue du nord du pays majoritairement musulman, renverse à Bangui le régime du Président François Bozizé. Aux exactions des membres de la Séléka, répondent ensuite les atrocités des anti-Balaka, des milices dites d'autodéfense majoritairement chrétiennes et animistes. Le bilan fait état de milliers de morts, et de centaines de milliers de déplacés et de réfugiés.

La dissolution de la Séléka et l’intervention de forces internationales précèdent un accord qui met officiellement fin aux hostilités en juillet 2014. Malgré les annonces de désarmement des groupes armés, le déploiement de casques bleus, et l’élection d’un Président,  la situation dégénère pourtant à nouveau.  Villages brûlés, exécutions, pillages : les exactions contre les populations prises au piège des conflits se sont intensifiées en 2017, atteignant des niveaux de violence extrême, comme ont pu le constater les équipes MSF qui travaillent dans une dizaine de projets à travers le pays. En 2018, environ 4 000 blessés et 4 000 victimes de violences sexuelles ont été pris en charge par MSF, et chaque année nos centres médicaux voient affluer des patients qui luttent pour subvenir à leurs besoins les plus basiques.

Le 6 février dernier, le gouvernement de la République Centrafricaine et des représentants de 14 groupes armés ont signé un accord de paix à Bangui, après deux ans de discussions sous les auspices de l’Union Africaine. Cette 8ème tentative, en près de six années, pour forger une paix en Centrafrique, peut-elle ouvrir une période de changement ? Comment les populations vivent-elles dans un pays en ‘crise permanente’ ? En revenant sur l’actualité la plus récente du pays mais également sur des enjeux et dynamiques de plus long terme, les intervenants témoigneront de leurs expériences personnelles, acquises sur place lors d’un travail documentaire, académique ou lors d’une mission humanitaire.

Les intervenants

  • Le photographe William Daniels

  • William Hennequin, responsable des opérations de MSF en Centrafrique

  • Florent Geel, directeur Afrique de la FIDH

  • Mathilde Tarif, doctorante Panthéon-Sorbonne réalisant une thèse en sciences politiques sur la RCA

Cette conférence sera animée par Laurent Correau, rédacteur en chef Afrique de RFI.

La discussion d'une heure environ sera suivie d’échanges avec la salle et d’un apéritif.

Informations pratiques

Jeudi 4 avril 2019 à 18h30

Pavillon Carré de Baudouin
121 rue de Ménilmontant, 75020 Paris
Salle de l’auditorium

Evènement organisé en partenariat avec la Mairie de Paris - XXème arrondissement et le Pavillon Carré de Baudouin

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