Opération

Mozambique : prise en charge des personnes affectées par le VIH/Sida et la tuberculose

© Aurelie Baumel/MSF

Médecins Sans Frontières soutient le ministère de la Santé du Mozambique pour la prise charge des personnes affectées par le VIH/Sida et la tuberculose.

Les équipes de Médecins Sans Frontières travaillent notamment à Maputo, la capitale du Mozambique et dans les districts de Changara et Marara dans le nord-ouest du pays.

5 minutes pour comprendre : pourquoi meurt-on encore du VIH en 2017 ?

Avec la généralisation des traitements antirétroviraux, le VIH est devenu une infection chronique avec laquelle on peut vivre longtemps et en relative bonne santé. La situation n’a donc plus rien à voir avec les cris d’alarme qu’on poussait il y a 15 ans. On a donc tendance à croire qu’aujourd’hui tout va bien, or ce n’est pas ce que nos équipes constatent sur nos terrains d’intervention. Si d’énormes progrès ont été réalisés dans la prise en charge du VIH, de nombreux patients séropositifs meurent encore, en Afrique notamment, comme avant l’introduction des antirétroviraux. 

En mars 2019, le cyclone Idai frappe durement le Mozambique, et tue plus de 600 personnes. Les équipes de Médecins Sans Frontières ont mené des interventions d’urgence dans des zones urbaines comme à Beira, mais aussi dans les zones rurales, pour assurer à la population un accès aux structures de santé, mais aussi pour traiter l’épidémie de choléra qui a suivi le passage du cyclone.

Pourquoi Médecins Sans Frontières intervient ?

Malgré les efforts pour endiguer l’épidémie de VIH/Sida, près de 1,8 millions de personnes et 12,3 % des adultes de 15 à 49 ans sont séropositives au Mozambique (Onusida, 2016). Dans ce pays d’environ 28 millions d’habitants, le taux d’infection est l’un des plus élevés au monde. La tuberculose est la première cause de mortalité des patients atteints de VIH/Sida.

Notre intervention

Médecins Sans Frontières offre une prise charge aux personnes affectées par le VIH/Sida et la tuberculose au Mozambique, à Maputo, la capitale du Mozambique et dans les districts de Changara et Marara dans le nord-ouest du pays.

Dans la capitale du Mozambique, Maputo, les équipes de Médecins Sans Frontières prennent en charge les patients séropositifs qui nécessitent un traitement antirétroviral de deuxième ou troisième ligne, et qui présentent des comorbidités spécifiques, comme le sarcome de Kaposi ou les hépatites virales. Elles fournissent également des traitements aux patients atteints de tuberculose multirésistante et ultrarésistante. 

Dans les districts de Changara et Marara dans le nord-ouest du pays, l’association soutient le ministère de la Santé pour améliorer l’accès aux traitements antirétroviraux grâce à des modèles communautaires qui permettent de rapprocher les soins des patients. 

Médecins Sans Frontières travaille également à développer des modèles de soins pour des groupes à risques, comme les travailleurs du sexe ou les homosexuels, tout au long de l’axe commercial qui relie le port de Beira, dans l’est du pays, à la province de Tete. 

Cyclone Idai

Dans les jours suivant le cyclone, Médecins Sans Frontières a envoyé sur le terrain de nombreuses équipes et cent tonnes de médicaments et de matériel, pour assurer le suivi des activités médicales, soigner les populations touchées, parfois très reculées et difficiles d’accès en raison des intempéries, et permettre aux patients présentant des signes du choléra d’être pris en charge le plus rapidement possible.

L’installation d’unités de traitement de l’eau a permis d’approvisionner en eau potable plusieurs zones durement touchées : des villes comme Beira ont été en majeure partie détruites par le cyclone, qui a affecté en tout 600 000 personnes. 

La destruction des centres de santé a amené le personnel MSF à transformer les camions de consultations pour le VIH en unités mobiles de soins de santé primaire. Les personnes atteintes du VIH étaient d’ailleurs particulièrement vulnérables face à l’épidémie de choléra qui a touché le pays dans les jours suivant le passage du cyclone Idai, ce qui a amené Médecins Sans Frontières à apporter un soutien logistique au ministère de la Santé pour la vaccination de plus de 750 000 personnes contre cette maladie. Ces mêmes équipes ont pris en charge plus de 3 500 personnes atteintes de choléra dans des centres de traitements à Beira, Tica, Dondo et Buzi.