Opération

France : soutien médical et administratif aux mineurs non-accompagnés à Paris

© Antoine Kremer/MSF

En 2017, Médecins Sans Frontières ouvre à Paris un centre d’accueil et d’orientation médical et administratif pour les mineurs non-accompagnés, en collaboration avec plusieurs associations et réseaux citoyens.

Les équipes de Médecins Sans Frontières, installées à Pantin, offrent des soins somatiques et de santé mentale, ainsi qu’une orientation juridique, administrative et sociale aux mineurs non-accompagnés. L’association travaille en collaboration avec des associations partenaires : Utopia 56, l’ADJIE, le COMEDE, Safe Passage, ainsi que des avocats bénévoles et volontaires des barreaux de Paris et de Seine-Saint-Denis.

5 min pour comprendre… La situation des mineurs isolés

Sur le territoire français, l’aide sociale à l’enfance a l’obligation de protéger les mineurs non-accompagnés au titre de l’enfance en danger. Mais aujourd’hui, les jeunes migrants se déclarant mineurs non-accompagnés ne sont pas pris en charge partout, comme ils devraient l'être, de grosses différences sont constatées selon le département où se trouve le mineur. À Paris, le dispositif est saturé et défaillant, et certains mineurs se retrouvent à la rue.

Pourquoi Médecins Sans Frontières intervient ?

En 2017, l’association décide d’apporter une aide spécifique aux mineurs non-accompagnés, après avoir identifié, au cours de ses activités d’assistance d’urgence aux migrants en transit ou demandant l’asile en France, la vulnérabilité de cette population. Ils devraient normalement bénéficier d’une prise en charge au titre de l’Aide sociale à l’enfance (ASE) et donc d’une mise à l’abri. Dans les faits, de trop nombreux jeunes se retrouvent isolés, désemparés face à un système administratif complexe, qui traitent leur dossier à charge, et dans une situation de grande précarité. 

Les nombreux jeunes dont la demande de reconnaissance de minorité a été refusée ne peuvent bénéficier ni de l’aide sociale à l’enfance, ni des dispositifs prévus pour les adultes. Avec le centre d’accueil et d’orientation médical et administratif de Pantin, Médecins Sans Frontières souhaite offrir un accompagnement spécifique à ces jeunes qui se déclarent mineurs.

Notre intervention

Médecins Sans Frontières ouvre, en novembre 2017, un centre d’accueil et d’orientation médical et administratif pour les mineurs non-accompagnés à Pantin.

Ce centre permet d’accueillir 50 personnes chaque jour, du lundi au vendredi entre 9h et 17h. Le centre est ouvert aux jeunes non-accompagnés qui se déclarent mineurs et déboutés de leur demande de reconnaissance, aux jeunes en transit et aux jeunes primo-arrivants. Ils sont référés au centre par des associations partenaires lors de leurs maraudes. 

La collaboration avec des associations partenaires permet aux équipes de Médecins Sans Frontières d’offrir une orientation médicale et administrative complète aux mineurs non-accompagnés. 

Avec des avocats et des associations d’assistance juridique aux migrants, les mineurs non-accompagnés bénéficient de conseils juridiques sur leur situation et leurs démarches légales. 

Chaque migrant bénéficie d’une consultation médicale et d’un bilan de santé. Dans ce cadre, les équipes de Médecins Sans Frontières ouvrent aux migrants des droits à l’aide médicale d’État (AME), dont peuvent bénéficier tous les ressortissants étrangers en situation précaire. 

Médecins Sans Frontières offre également des soins de santé mentale aux migrants, avec un accueil et des soins adaptés. 

Enfin, en partenariat avec des associations d’assistance aux migrants et encadrés par des éducateurs spécialisés, les mineurs non-accompagnés participent à des activités sociales, entre autres, un cours de français et des activités culturelles.

 

Réseau d’hébergement solidaire pour les mineurs non accompagnés étrangers

En août 2018, Accueillons (Utopia 56) et MSF lancent un réseau d’hébergement solidaire en Occitanie afin que les mineurs non accompagnés étrangers soient mis à l’abri dans des conditions dignes et sécurisantes en attendant la réponse définitive de leur demande de reconnaissance de minorité par l’Etat français.

L’hébergement solidaire permet ainsi de créer des conditions de vie dignes et un entourage rassurant pour ces jeunes dont la plupart ont été victimes de violences dans leur pays d’origine, sur la route, notamment en Libye, et sont marqués par le rejet qu’ils ont pu rencontrer en France.

En plus de la région Occitanie, le programme s'est élargi en janvier 2019 aux Hauts de France, à la Bretagne, à l'Île de France et au Centre-Val de Loire.

 

Hébergement solidaire

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