Opération

France : assistance aux migrants

© Remi Decoster/MSF

Médecins Sans Frontières, active depuis plusieurs années auprès des populations migrantes exclues des soins sur le territoire français, décide en 2015 d’apporter une assistance médicale aux migrants sur le territoire français.

Les équipes de Médecins Sans Frontières offrent des soins médicaux aux migrants avec une clinique mobile et des maraudes à Paris, et mènent des activités de veille pour documenter et dénoncer les violations des droits et  pour pouvoir répondre aux urgences sur le territoire français.

Khaled et Hassan sont deux migrants qui, comme beaucoup, n'ont pas eu de place dans le centre humanitaire ouvert par les autorités françaises à La Chapelle, dans le nord de Paris, et ont dû dormir dehors malgré le froid et les violences policières. En janvier 2017, nos cliniques mobiles ont traité huit cas proches de l'hypothermie liés à l'hiver glacial à Paris. Le 7 janvier 2017, MSF a dénoncé les pratiques brutales de la police qui rendent les conditions des migrants et des réfugiés endormis dans le froid encore plus misérables.

Pourquoi Médecins Sans Frontières intervient ?

Face aux politiques de plus en plus brutales de répression des migrations sur le territoire français, notamment dans le Nord de la France, Médecins Sans Frontières décide en 2015 d’ouvrir une opération d’assistance médicale d’urgence. Après avoir vécu un parcours migratoires exténuant, pour demander l’asile en France ou pour gagner un autre pays de l’Union européenne, les migrants sont confrontés aux labyrinthes administratifs français et à la systématisation des violences policières : harcèlement, dispersion forcée, emploi de gaz lacrymogène… Ils vivent dans des conditions indignes, sans accès aux soins de santé, sans que l’Etat français ne réponde à ses obligations légales de prise en charge et de mise à l’abri. 

Notre intervention

L’association ouvre un premier projet en septembre 2015, dans les Hauts-de-France, pour offrir des soins médicaux et de santé mentale aux personnes migrantes.

Cette intervention permet également de soutenir les centres d’accueil pour mineurs non-accompagnés, de construire une clinique à Calais et de soutenir l’établissement du camp de Grande-Synthe, en partenariat avec la municipalité. Médecins Sans Frontières se retire du camp et effectue une passation d’activité à la permanence d’accès aux soins de santé (PASS) en septembre 2016. 

Après l’évacuation du camp de migrants, appelé la « jungle », de Calais à la fin du mois d’octobre de 2016, Médecins Sans Frontières a assuré un suivi en santé mentale des migrants les plus vulnérables, tout en continuant d’apporter son soutien à certaines municipalités et associations de la région. Le projet d’assistance d’urgence aux migrants dans les Hauts-de-France a fermé en décembre 2016.

Après l’évacuation de Calais, Médecins Sans Frontières porte son attention sur Paris, où jusqu’à une centaine de migrants arrivent quotidiennement dans les premiers mois de 2017. Malgré l’ouverture, au nord de Paris, à Porte de la Chapelle, du centre de premier accueil des personnes migrantes, à l’initiative de la Mairie de Paris, les dispositifs d’accueil sont débordés. Le sous-dimensionnement de ces dispositifs et le système administratif complexe favorisent alors la multiplication de campements sauvages dans la capitale, régulièrement démantelés par les forces de l’ordre. L’association assure des maraudes et des cliniques mobiles pour améliorer l’accès aux soins des personnes dans les principaux campements à Paris et en Ile-de-France, et a procédé à des mises à l’abri en hébergement d’urgence.

Dans les régions frontalières, MSF est aux côtés de Amnesty International, la Cimade, le Secours Catholique et Médecins du Monde pour mener un travail d’observation visant à documenter les violations des droits des personnes migrantes qui s’y déroulent et à mener des actions de plaidoyer, de communication et des recours légaux pour y mettre un terme. Un appui ponctuel, à travers des donations de couvertures et de matériel est régulièrement apporté aux associations et acteurs locaux intervenant auprès des populations migrantes.