République centrafricaine : des milliers de personnes à nouveau déplacées par les dernières violences à Bangui

Femmes déplacées par les dernières violences Bangui fin septembre 2015 William Daniels/Panos Picture
Femmes déplacées par les dernières violences, Bangui, fin septembre 2015 © William Daniels/Panos Picture ©William Daniels/Panos Picture

Suite à la dernière éruption de violence, le 26 septembre, à Bangui, capitale de la République centrafricaine (RCA), des milliers de personnes ont - à nouveau - dû fuir les violences, en quête de sécurité. Dans un contexte qui reste instable et imprévisible, les équipes de Médecins Sans Frontières (MSF) poursuivent leurs activités auprès de la population de Bangui et - notamment - des nouveaux déplacés.

A la suite des dernières violences, plus de 40 000 personnes* ont fui leurs quartiers de résidence pour rejoindre différents sites de regroupement et notamment celui de Mpoko, situé à côté de l’aéroport de Bangui. « Ces personnes sont parties sans rien emporter et vivent dans des conditions déplorables. La majorité n’ont pas d’abris, pas de nourriture et très peu accès aux soins médicaux », décrit Jean-Guy Vataux, chef de mission MSF à Bangui.

Dès le 2 octobre et le début d’accalmie, les équipes MSF ont procédé à des évaluations des besoins ; le 4 octobre nous avons initié les premières interventions d’urgence pour des personnes nouvellement déplacées. Des dispensaires mobiles se sont ainsi rendus sur des sites de regroupement et notamment celui de la Faculté de Théologie (FATEB) et celui de BenzVi, mais aussi à St Jean XXIII et au Complexe Adventiste. Un soutien a également été initié à l’hôpital pédiatrique de Bangui. Au total du 4 au 9 octobre, 1 063 consultations ont été dispensées à FATEB et BenzVi (17% concernaient des enfants âgés de moins de 5 ans), essentiellement pour des cas de paludisme, d’infections respiratoires, de maladies dermatologiques et de diarrhée. Avec le bouche à oreille, le nombre de consultations augmente quotidiennement et les équipes MSF évaluent la possibilité de développer de nouvelles activités pour pallier les nombreux besoins de cette population.

Au plus fort du pic de violence, les habitants de Bangui ont été directement victimes de l’insécurité (déplacements forcés, blessures liées à la violence etc.) La présence et l’assistance des acteurs humanitaires – à Bangui et plus généralement en RCA - est capitale, notamment pour pouvoir garantir un accès aux soins médicaux, primaires et secondaires. « Malgré l’insécurité et l’instabilité, une grande partie de nos équipes nationales ainsi que plusieurs expatriés sont restés sur Bangui afin de répondre à l’urgence. D’autres expatriés les ont rejoints depuis la République démocratique du Congo », explique Jean Guy Vataux.

Entre le 26 septembre et le 2 octobre, Les équipes MSF ont pris en charge des victimes de violence dans trois structures gérées par l’organisation : 183 blessés ont été reçus à l’hôpital général et près de 200 blessés ont été pris en charge à l’hôpital/maternité Castor et au centre de santé du camp de Mpoko.

MSF travaille en RCA depuis 1996. En 2014, nos équipes ont dispensé plus de 1.3 million de consultations médicales et hospitalisé 59 059 patients.

*Source : OCHA, Bureau de la Coordination des Affaires Humanitaires.

EN SAVOIR PLUS

Retrouvez notre dossier consacré à la crise frappant la République centrafricaine.

À lire aussi