Pakistan - Evacuation forcée de 7 000 personnes déplacées dans le Lower Dir

Les autorités locales doivent trouver des ressources adéquates pour prendre en charge cette population en danger.
©Pascale Zintzen / MSF

Les autorités locales doivent trouver des ressources adéquates pour prendre en charge cette population en danger.

Hier, le 25 janvier, les équipes de Médecins Sans Frontières basées à Munda ont appris que le personnel militaire armé avait forcé quelque 7000 personnes à évacuer le camp de réfugiés de Munda (district du Lower Dir, province de la Frontière du nord-ouest, NWFP) et le bâtiment du marché où travaille MSF depuis deux mois.

Depuis le début du mois de novembre 2009, 450 familles vivaient dans ce camp mis en place par MSF. On a par ailleurs demandé à quelque 4 500 autres personnes qui vivaient dans le bâtiment du marché d'évacuer en l'espace de quelques heures.

Jusqu'à hier, MSF cherchait activement des endroits convenables pour accueillir ces familles et avait déjà exprimé son inquiétude quant à leurs très mauvaises conditions de vie.

Cet ordre d'évacuation n'avait absolument pas été annoncé. Vers midi, on a ordonné aux gens de quitter le camp de Munda avant 16 heures le jour même.

« Personne n'était informé d'une évacuation, ni les autres organisations humanitaires présentes dans la région ni les personnes déplacées elles-mêmes», explique Olivier Chenebon, représentant de MSF au Pakistan.


« On leur a donné quatre heures pour emballer leurs affaires et partir, et on nous a empêchés de préparer leur transfert. »

Tous ces hommes, femmes et enfants ont reçu la consigne de se rendre à Walay Kandow, à 40 minutes en voiture de Munda. L'UNHCR (l'agence des Nations Unies pour les déplacés) s'occupe d'un camp pour personnes déplacées à Walay Kandow mais il ne peut accueillir et abriter convenablement ces nouvelles familles.

« Les gens sont arrivés très tard et ont dû s'installer dans l'obscurité », raconte Gaétan Drossart, coordinnateur du projet MSF Lower Dir . « Certains d'entre eux ont dormi dehors la nuit dernière et devront encore dormir dehors ce soir. »

Au matin du mardi 26 janvier, une équipe de MSF est arrivée à Walay Kandow et s'est immédiatement trouvée face à un grand nombre de personnes qui attendaient sur la route.

« Ils ne savent pas quoi faire », explique Drossart, « ils demandent de l'eau et de la nourriture, ils n'ont presque plus rien. La grande majorité de ces personnes ont fui la violence continue du territoire voisin de Bajaur Agency et se retrouvent, une fois de plus, confrontées à une situation dramatique. »

Lire notre dossier: "Inside Pakistan"

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